Moto GP
Publié le 5 octobre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP – Les mots choisis de Dani Pedrosa sur ses rivaux du temps des « Cinq Fantastiques »

Dani Pedrosa, l'un des « Cinq Fantastiques » du MotoGP, a résumé ses plus grands rivaux en un seul mot lors d'un entretien.

Dani Pedrosa

Dani Pedrosa a passé l’essentiel de sa carrière à combattre quelques-uns des plus grands pilotes de l’histoire du MotoGP. Invité à résumer Jorge Lorenzo, Valentino Rossi, Casey Stoner et Marc Marquez en un seul mot, l’ancien pilote Honda a livré quatre réponses étonnamment révélatrices : détermination, art, magie et bestialité. Quatre adversaires, mais surtout quatre manières radicalement différentes d’être exceptionnel sur une MotoGP.

Dani Pedrosa faisait partie des « Cinq Fantastiques » du MotoGP. Ce quintette a dominé les deux premières décennies de la catégorie reine. Entre le début de l’ère MotoGP en 2002 et la fin des années 2010, Pedrosa, Valentino Rossi, Jorge Lorenzo, Casey Stoner et Marc Marquez ont remporté tous les titres… sauf un, celui de Nicky Hayden en 2006.

À eux cinq, ils ont gagné 248 des 315 courses de cette période, soit près de 80 %. Lors du Grand Prix d’Autriche, DAZN a demandé à Pedrosa de résumer chacun de ces géants en un seul mot. L’Espagnol a été coéquipier de Stoner et de Marquez chez Honda.

Lorenzo ? « Déterminé »

Cette réponse possède une saveur particulière tant leur relation fut longtemps électrique. « Lorenzo ? Je dirais que c’est un pilote très déterminé. » Pedrosa et Lorenzo ont grandi ensemble jusqu’au sommet du motocyclisme espagnol, mais leur rivalité dépassa largement la piste. Leur hostilité était telle qu’en 2008, après le Grand Prix d’Espagne, le roi Juan Carlos avait dû contribuer à une spectaculaire poignée de main entre les deux hommes.

Avec le recul, Pedrosa a pourtant expliqué que l’arrivée d’un autre adversaire avait paradoxalement participé à leur rapprochement : Casey Stoner leur avait donné un rival commun.

La détermination choisie aujourd’hui pour définir Lorenzo correspond parfaitement à son pilotage : répétitif, méthodique et capable, lorsqu’il trouvait les réglages nécessaires, d’imposer son rythme tour après tour.

Rossi ? « Un artiste »

Pour Valentino Rossi, Pedrosa change complètement de registre : « Valentino Rossi est un artiste. » Un mot qui dépasse le pilotage. Rossi ne s’est jamais limité à être rapide. Il a transformé les courses, les dépassements, les célébrations et même ses rivalités en spectacle.

Pedrosa a passé une grande partie de sa carrière à affronter cet adversaire capable d’utiliser autant la piste que tout ce qui l’entourait. L’« artiste » n’est donc pas nécessairement celui qui possédait la technique la plus académique. C’est celui qui savait fabriquer quelque chose avec une course.

Pedrosa

Stoner ? « Un magicien »

Puis vient probablement le qualificatif le plus fascinant : « Casey Stoner est un magicien. » Pedrosa est particulièrement bien placé pour le dire. En 2011, les deux hommes partageaient le garage officiel Honda. Stoner débarquait de Ducati et remportait immédiatement le championnat avec dix victoires.

Le terme de magie correspond aussi à ce qui a longtemps caractérisé l’Australien : sa faculté à produire des performances que la moto semblait parfois incapable d’offrir à d’autres. Pedrosa n’avait alors pas affaire à un rival observé depuis un autre garage. Il pouvait regarder ses données.

Et le « magicien » devint champion du monde dès leur première saison commune.

Marquez ? « Une bête » pour Pedrosa

Pour Marc Marquez, plus besoin de subtilité : « Marquez est une bête. » Là encore, Pedrosa parle d’expérience. Lorsque Marquez rejoint Repsol Honda en 2013, Pedrosa sort de sa meilleure saison en MotoGP et demeure l’un des principaux prétendants au championnat. Le rookie arrive pourtant dans son garage et devient champion du monde dès sa première tentative.

La saison 2013 reste d’ailleurs l’un des grands « et si ? » de la carrière de Pedrosa. Il était encore pleinement engagé dans la bataille avant que sa chute du Sachsenring puis surtout l’accrochage d’Aragon avec Marquez ne pèsent lourdement sur ses espoirs.

Lorenzo sera finalement le dernier adversaire de Marquez pour le titre à Valence. Pedrosa restera ensuite le coéquipier de Marquez jusqu’à sa retraite fin 2018. Six années pour observer quotidiennement cette « bête ».

Pedrosa les a tous affrontés mais n’a jamais été champion

Pedrosa ne parle pas de champions qu’il aurait observés de loin. Il a combattu Rossi et Lorenzo, partagé le garage avec Stoner puis Marquez et remporté 31 Grands Prix en catégorie reine au milieu de cette génération exceptionnelle.

Il lui manque pourtant ce que possèdent les quatre hommes qu’il vient de décrire : le titre MotoGP.

Marc Marquez a lui-même souvent défendu son ancien équipier en rappelant combien son gabarit constituait parfois une limite physique et combien son talent dépassait largement ce que son absence de couronne pourrait laisser penser.

Pedrosa n’a besoin ni d’un classement ni d’un long discours pour distinguer ceux qu’il a affrontés pendant toute sa carrière. Lorenzo était la détermination. Rossi, l’artiste. Stoner, le magicien. Marquez, la bête. Et celui qui les décrit reste probablement l’un des très rares pilotes capables de savoir exactement ce que chacun de ces mots signifie sur une MotoGP.

Pedrosa