Douze points séparaient encore Jorge Martin de Marc Marquez avant Motegi. Il n’en reste que deux. Du 9 au 11 octobre, Mandalika accueillera donc un Grand Prix d’Indonésie qui ressemble presque au véritable départ de la course au titre 2026 : Martin arrive avec 333 points, Marquez avec 331 et Marco Bezzecchi reste en embuscade à 284. Mais le circuit indonésien pourrait rebattre les cartes : Aprilia y attend beaucoup de sa RS-GP tandis que Marquez n’y a encore jamais terminé un Grand Prix MotoGP.
Marc Marquez ne pouvait pas faire davantage au Japon. Victoire dans le Sprint, victoire dimanche : 37 points sur 37. Jorge Martin a limité les dégâts avec sa deuxième place en Grand Prix, mais l’avance construite auparavant a presque entièrement disparu. Le résultat est spectaculaire : 333 points contre 331.
À six Grands Prix de la fin, un dépassement, une place perdue ou une erreur peuvent désormais suffire à changer le leader du championnat. Et pour la première fois depuis sa remontée, Marquez n’a pratiquement plus rien à rattraper.
Mandalika pourrait pourtant favoriser Aprilia
Sur le papier, le timing semble plutôt bon pour Martin. Massimo Rivola vient lui-même de reconnaître que le prochain circuit devrait davantage convenir à Aprilia qu’à Ducati, tout en refusant d’en faire une certitude. Dani Pedrosa partage en partie cette analyse. Il estime notamment que les deux premiers secteurs de Mandalika pourraient particulièrement convenir à la RS-GP.
Aprilia arrive surtout avec une force collective impressionnante. Martin vient de terminer deuxième à Motegi, Bezzecchi troisième, et la moto de Noale a démontré qu’elle n’avait désormais plus besoin d’attendre ses circuits historiquement favorables pour jouer devant.
C’est justement ce qui rend Mandalika intéressant : Aprilia arrive sur un terrain supposé lui convenir au moment précis où elle a besoin d’arrêter la remontée de Marquez.
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Marquez arrive sur son étrange trou noir
Car s’il existe un circuit qui résiste encore au numéro 93, c’est bien celui-ci. Marc Marquez n’a jamais terminé un Grand Prix MotoGP à Mandalika. Sa spectaculaire chute de 2022 avait entraîné une récidive de sa diplopie. Et son passage en Indonésie en 2025 s’était encore terminé prématurément après un accrochage avec Bezzecchi et une nouvelle blessure à l’épaule et au bras droits.
Cela ne condamne évidemment en rien ses chances en 2026. Mais Pedrosa vient d’ajouter une donnée plus actuelle : les changements de direction rapides de Mandalika solliciteraient précisément davantage le corps de Marquez que les gros freinages plus rectilignes rencontrés à Motegi. Voilà donc un leader virtuel du championnat dans une forme sportive exceptionnelle arrivant sur l’un des circuits qui lui pose le plus de questions.
Et le pneu renforcé revient dans l’équation à Mandalika
Il existe un autre souvenir indonésien intéressant. La saison dernière, Ducati avait connu des difficultés à Mandalika avec le pneu arrière utilisant une construction renforcée destinée à mieux résister aux fortes contraintes thermiques.
Or Motegi vient justement de replacer cette technologie au centre du débat. Après les dégradations constatées pendant le Sprint japonais, Michelin avait finalement imposé le dur renforcé pour le Grand Prix. Marquez avait pourtant gagné.
Impossible, par conséquent, d’en déduire qu’une construction plus rigide condamnerait automatiquement Ducati en Indonésie. Mais Mandalika permettra de vérifier si les difficultés rencontrées auparavant relevaient du pneu lui-même, de son interaction avec certaines configurations de la Desmosedici ou simplement des circonstances particulières de chaque week-end.
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Bezzecchi n’a pas encore renoncé
Derrière les deux hommes, Marco Bezzecchi possède 284 points. Quarante-neuf de moins que Martin et 47 de moins que Marquez. L’écart commence à devenir important, mais six Grands Prix restent à disputer et Rivola refuse toujours de sortir son pilote de la course.
Mandalika peut justement lui offrir l’occasion dont il a besoin. Bezzecchi y avait montré une vitesse remarquable en 2025 avant que son week-end ne bascule, et Pedrosa cite précisément l’Italien lorsqu’il évoque le potentiel de l’Aprilia sur ce tracé.
Pour rester réellement dans le championnat, il ne lui suffit cependant plus de terminer juste derrière Martin et Marquez. Il doit commencer à leur reprendre des points.
Le premier vrai face-à-face
C’est finalement ce qui distingue Mandalika des manches précédentes. Jusqu’à Motegi, Marquez était le poursuivant. Il devait gagner pour effacer progressivement son retard. À deux points, cette phase est terminée.
Martin n’a pratiquement plus de marge à défendre et Marquez n’a pratiquement plus de terrain à récupérer. L’Indonésie devient ainsi le premier rendez-vous où les deux hommes peuvent presque oublier ce qui s’est passé auparavant et se regarder directement.
L’un possède encore la plaque virtuelle de leader. L’autre possède la dynamique. Et entre eux se dresse un circuit qui semble avoir choisi son camp sur le papier : Aprilia y arrive avec des raisons d’espérer, tandis que Marc Marquez arrive avec une statistique à effacer. 333 contre 331. Après seize Grands Prix, le championnat 2026 pourrait presque commencer vendredi matin à Mandalika. Voici les horaires du Grand Prix d‘Indonésie.









