« Je n’ai jamais piloté meilleure MotoGP ». Ces quelques mots, prononcés par Aleix Espargaro à l’occasion des tests de Sepang 2026, ont suffi à me faire croire au projet Honda pour la toute dernière année d’exploitation des RC213V 1000cc. Et, entre nous, ça fait pschitt, cette histoire. D’accord, les résultats ne sont pas mauvais, mais il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Aujourd’hui, je vous donne donc mon analyse de ce constructeur toujours très important dans l’écosystème motocycliste.
Pour faire simple, je vais dédier un paragraphe à chaque pilote, avant de tirer une petite conclusion.
Diogo Moreira, la star montante (et le futur du constructeur ?)
Commençons joyeusement, par l’une des bonnes surprises de cet exercice : Diogo Moreira. Le pilote brésilien, champion du monde Moto2 2025, était attendu au tournant, et il ne déçoit pas. À Motegi, il est même parvenu terminer deuxième en Sprint – bien aidé, tout de même, par un règlement inflexible –, avant de tomber le dimanche.

Globalement, je le trouve bon, et il progresse lentement mais sûrement. Certes, il tombe un peu plus ces derniers temps, mais aussi parce qu’il s’approche des limites de sa machine. Je l’avais nommé comme l’un des pilotes à surveiller sur la fin d’année, qui pouvait, sur un coup du sort, se retrouver en tête d’un Grand Prix et pourquoi pas sur le podium. On n’y est pas encore, mais on s’en rapproche.
Maintenant, pour pondérer cette critique positive, il faut rappeler qu’il n’est « que » 14e du championnat du monde, ce qui est, pour un rookie, moyen, voire bas. Il semble avoir un peu plus de vitesse que Marini à l’instant T, mais, comme l’Italien, peine à se démarquer une fois les feux éteints. Espérons que cette prestation en Sprint au Japon soit le tremplin qui le fasse décoller sur les dernières courses.
Luca Marini, décevant ?
J’ai très souvent défendu Luca Marini dans cette rubrique, simplement, car j’estime, contrairement à bon nombre d’entre-vous, qu’il ne fait pas partie des pires pilotes sur la grille de départ. Les avis divergent, c’est sûr, mais j’ai les mathématiques de mon côté. Cependant, je dois reconnaître que je suis déçu par sa trajectoire en 2026.
Fin 2025, sur la tournée outre-mer, il était devenu un candidat régulier au top 5. J’espérais voir un cap franchi en 2026, et force est de constater que ça n’est pas le cas. Marini est toujours très régulier, d’accord, mais beaucoup moins fort sur un tour que l’an passé. En plus, il dégringole sur ces dernières manches. Peut-être est-ce l’effet de sa signature chez Tech3 ? Alors qu’il était encore 10e du championnat il y a quelques semaines, le voilà 12e, avec une seule entrée dans le top 10 d’un GP sur les quatre dernières manches. Ce n’est pas cataclysmique, mais ce n’est clairement pas assez. Je le pensais capable de mieux.
Johann Zarco, un retour mitigé
Comme c’est souvent le cas après une grosse blessure, Zarco est revenu très rapide d’entrée. Par contre, sur les Grands Prix suivants, c’est plus difficile. S’il n’a toujours pas retrouvé sa vitesse de 2025, il se débrouille plutôt bien, mais tombe encore pas mal, ce qui me fait un peu peur au vu de son âge et de sa condition physique. J’espère sincèrement que le meilleur pilote Honda – incontestablement – retrouvera sa superbe, et ne laissera pas cette horrible blessure entacher la fin de son aventure en Grands Prix.
Joan Mir, le cas le plus inquiétant pour le constructeur
Jamais je n’ai été aussi inquiet pour un pilote que pour Joan Mir actuellement. Comme je l’ai déjà dit dans un autre article, le champion du monde MotoGP 2020 est indisponible, car touché par un mal mystérieux depuis plus d’un mois. On sait juste que ça se caractérise par une grande fatigue. Avant cela, il faisait, pour la quatrième année consécutive, une saison absolument indigne pour un officiel Honda, avec un ratio de chutes ahurissant et un top 5 pour sauver la mise.

Conclusion
Honda n’est pas épargné par les problèmes cette année. Entre l’absence terrifiante de Joan Mir, la blessure d’Aleix Espargaro en essais à Sepang, celle de Nakagami au Japon et celle de Zarco en Catalogne, la firme à l’aile dorée souffre. Bon, et pour ceux qui restent, c’est bien, mais rien de transcendant.
Je comprends, bien sûr, que les efforts sont entièrement dirigés vers le projet 850cc et l’arrivée du tandem Quartararo/Alonso. Mais honnêtement, je m’attendais à mieux, tant en termes d’impression que de bilan comptable, car celui-ci est assez catastrophique au regard du prestige incarné par cette entreprise. Les pilotes sont classés 12e, 14e, 17e et 18e, la marque est avant-dernière aux constructeurs, décrochée par KTM, et les équipes sont respectivement septièmes et neuvièmes du classement dédié, avantage à la formation d’usine portée à bout de bras par Marini ; ne se dirigerait-on pas vers la pire campagne de l’histoire de Honda ?
Attendiez-vous Honda plus haut ou à cette place, au vu des promesses de cet hiver ? Dites-le-moi en commentaires !

Photo de couverture : LCR








