Ducati a ouvert les portes de son garage à Motegi et les images racontent deux histoires radicalement différentes. Marc Marquez analyse ses trajectoires avec Gigi Dall’Igna avant de réaliser le week-end parfait et de revenir à deux points de Jorge Martin. Pecco Bagnaia, dominateur sur ce même circuit un an auparavant, abandonne le Sprint puis termine huitième à plus de vingt secondes. Pourtant, Dall’Igna refuse de l’accabler : derrière ce résultat « modeste », il dit avoir retrouvé « la ténacité et le courage exceptionnels du champion qu’il est ».
Tout commence pourtant dans la bonne humeur chez Ducati. Avant que les chronos ne viennent bouleverser l’ambiance, Ducati montre deux équipiers détendus. Marc Marquez et Pecco Bagnaia discutent notamment des scénarios permettant à Maximo Quiles de devenir champion Moto3. Calculs, hypothèses et plaisanteries : la complicité entre les deux hommes apparaît clairement.
Puis la piste reprend ses droits. Et leurs week-ends prennent immédiatement des directions opposées. Marquez se qualifie deuxième. Bagnaia reste bloqué en Q1 et doit partir treizième, sa cinquième élimination à ce stade des qualifications cette saison.
Marquez montre son erreur à Dall’Igna
Une séquence résume parfaitement la précision avec laquelle Marc prépare la suite. Devant une représentation du circuit, il montre à Dall’Igna l’endroit exact où il estime s’être trompé. « J’ai fait une erreur… ici. » Puis il explique : « Je me suis basé sur le bitume d’avant, et à chaque fois je suis sorti large. Il faut être très, très précis là-dessus. »
Le lendemain, la précision paie. Marquez remporte le Sprint et confirme simplement à son retour : « J’avais un bon rythme. » Bagnaia vit exactement l’inverse. Son pneu arrière se détériore spectaculairement et il doit abandonner.
Un an après sa domination sur la Ducati, Bagnaia prend 20 secondes
Le contraste avec 2025 devient alors saisissant. Un an auparavant à Motegi, Bagnaia avait décroché la pole, remporté le Grand Prix et signé le meilleur tour. Cette fois, il réussit à remonter jusqu’à la huitième place dimanche mais franchit la ligne 20,333 secondes après Marquez.
Alex Marquez a chuté après avoir été handicapé par une double pénalité de long lap. Diogo Moreira a abandonné et Johann Zarco a lui aussi dû effectuer une double pénalité. Devant Bagnaia, Pedro Acosta et les deux TrackHouse Aprilia de Ai Ogura et Raul Fernandez lui prennent encore plusieurs secondes.
Pecco reconnaîtra d’ailleurs que les données Ducati lui indiquaient qu’Alex Marquez possédait lui aussi davantage de vitesse.
Dall’Igna : « Le courage exceptionnel du champion qu’il est »
Dall’Igna ne nie donc absolument pas la contre-performance. « Un résultat modeste comparé à sa domination ici même l’an dernier », écrit-il. Mais le patron de Ducati ajoute immédiatement quelque chose de beaucoup plus révélateur : « Encourageant si l’on reconnaît la ténacité et le courage exceptionnels du champion qu’il est. »
Dall’Igna retient donc moins la huitième place que la manière dont Bagnaia a refusé de sombrer après son samedi catastrophique. « Pour une raison ou une autre, Marquez était pratiquement le seul pilote Ducati à franchir la ligne d’arrivée en tête. Notre deuxième moto sous le drapeau à damier était celle de Pecco. »
Une approche qui relativise légèrement le désastre sans masquer les vingt secondes séparant les deux machines officielles.
Pendant ce temps, Marquez prend tout
À l’avant, Marc Marquez réalise exactement le week-end MotoGP dont Bagnaia aurait eu besoin.
Victoire Sprint. Victoire dimanche. 37 points sur 37. Ducati offre en même temps à Dall’Igna sa 100e victoire en Grand Prix depuis son arrivée à la tête du projet. Marquez révèle ensuite, en riant : « J’ai pris les plus gros risques quand j’étais en queue de peloton. »
Puis vient cette petite scène avec Jorge Martin au parc fermé. « Quel rythme ! », lance Marc. « On était plutôt bons, non ? », lui répond Martin. Surtout, ils ne sont désormais plus séparés que par deux points au championnat.

Deux champions, mais deux réalités dans le même garage Ducati
C’est finalement ce que le film Ducati montre mieux que n’importe quel classement. À Motegi, Marquez corrige quelques centimètres de trajectoire avec Dall’Igna et transforme son week-end en démonstration.
Bagnaia, lui, cherche encore pourquoi une piste qu’il dominait douze mois auparavant lui impose désormais vingt secondes de retard. Mais Ducati ne l’abandonne pas publiquement à cette comparaison. Dall’Igna aurait pu retenir le chronomètre. Il préfère souligner le caractère. À Motegi, Marquez a montré pourquoi il peut devenir champion en 2026. Et selon son patron, Bagnaia a rappelé pourquoi il l’a déjà été.








