Romano Albesiano, directeur technique de la marque à l’aile dorée, continue de poser ses marques chez Honda en MotoGP. Alors que le paddock était réuni pour l’épreuve nippone, le technicien italien s’est confié sur les grandes étapes du développement du futur moteur et sur la philosophie des nouvelles machines. C’est dans ce cadre que Romano Albesiano a partagé sa vision du travail accompli et des défis à venir au guidon de ces prototypes.
Le projet MotoGP 850cc de Honda franchit une étape clé
Les grandes lignes de la future monture japonaise commencent à se dessiner plus nettement dans les ateliers de développement. L’ancien ingénieur d’Aprilia confirme que les étapes administratives et industrielles majeures ont été franchies pour concrétiser cette nouvelle ère technique. Même si le chemin reste encore long avant de voir ces prototypes en piste, les premiers roulages ont apporté des données précieuses aux ingénieurs pour la suite du programme. Le responsable italien fait le point sur l’état d’avancement de cette aventure : « Nous sommes en octobre, les commandes pour les composants aux délais de livraison les plus longs ont donc déjà été passées. De nombreuses décisions importantes ont été prises et nous avançons. Nous ne sommes qu’au début de cette aventure. Le premier essai a été encourageant et nous a appris beaucoup de choses, pas seulement sur le plan technique. » confiait-il aux micros de GPOne.
Too many incredible moments from the #JapaneseGP to share. Off-track, it was the best one yet 🫶
Thank you so much to everyone who helped make it so memorable. We're already planning for next year 🥰 pic.twitter.com/FC2UOGPgKd
— Honda HRC Castrol – MotoGP (@HRC_MotoGP) October 5, 2026
La nostalgie des monstres de puissance face au règlement 850cc
Si les futures machines s’annoncent plus exploitables par les pilotes, le passage à cette cylindrée réduite suscite un sentiment mitigé chez les passionnés de technologie pure. La baisse attendue de la vitesse de pointe redistribuera les cartes pour offrir un spectacle renouvelé en piste. Toutefois, l’ingénieur ne cache pas un léger regret face à la perte du caractère brutal des prototypes actuels. L’Italien livre une analyse très lucide sur ce changement d’époque : « Oui, elles sont un peu plus humaines. J’entends les pilotes discuter entre eux et, à mon avis, ils prennent aussi beaucoup plus de plaisir. De mon point de vue, cependant, j’ai toujours dit la même chose et je veux rester cohérent : une MotoGP qui atteint 350 km/h au Mugello, peut-être même plus, et qui développe 300 chevaux a un charme particulier. Avec les 850cc, il y aura de superbes courses, tout va changer. Il faut parfois rebattre les cartes et ce sera certainement une réussite. Cependant, pour moi, le milieu extrême exerce une fascination que nous allons en partie perdre. »
L’ingénierie et l’aérodynamique au cœur du MotoGP moderne
La métamorphose du championnat au cours de la dernière décennie a profondément modifié le travail des départements de recherche et développement. Le cadre réglementaire s’est nettement durci pour encadrer les dérives financières et techniques, fermant certaines portes aux innovations les plus folles tout en poussant les ingénieurs à une précision chirurgicale. Romano Albesiano résume cette mutation : « Un travail considérable a été accompli sur le règlement technique. Ces dernières années, l’ingénierie a pris une place prépondérante en MotoGP et la créativité a explosé. Le règlement d’il y a dix ans était, à bien des égards, un peu naïf. Il est désormais très strict, notamment en aérodynamique. C’est pourquoi, à mon avis, il est plus difficile de faire émerger des solutions véritablement novatrices. Il est clair, toutefois, que chacun continuera à les rechercher. »
Regrettez-vous également la perte de la puissance extrême des 1000cc actuelles, et qu’imaginez-vous pour Honda en MotoGP l’année prochaine ? Dites-le-nous en commentaires !









