Moto GP
Publié le 11 octobre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP 2027, Ezpeleta lâche une phrase qui en dit long : « Nous avons des contrats avec les équipes, pas avec les pilotes »

Ezpeleta reconnaît des lacunes dans la consultation des pilotes sur le format 2027 et rappelle que le MotoGP contractualise avec les équipes.

Ezpeleta

La polémique autour du nouveau format MotoGP 2027 prend une dimension politique. À Mandalika, Carlos Ezpeleta a reconnu que certains pilotes n’avaient pas pleinement compris les restrictions prévues sur les pneumatiques, tout en rappelant que les équipes étaient à l’origine de la réforme. Mais sa déclaration la plus révélatrice concerne la gouvernance du championnat : « Nous avons des contrats avec les équipes, pas avec les pilotes. » Une phrase qui pose la question du véritable poids des pilotes dans les décisions qui concernent leur sécurité.

Depuis l’annonce du nouveau format, les critiques se multiplient. Deux qualifications distinctes, une grille spécifique pour le Sprint dès le vendredi, 22 pilotes engagés dans les séances chronométrées et la disparition du Warm Up dominical : le programme 2027 modifie profondément les habitudes.

Carlos Ezpeleta rappelle pourtant que cette transformation ne vient pas initialement du promoteur. « La proposition est venue des équipes elles-mêmes. » Les constructeurs souhaitaient notamment réduire le kilométrage des nouvelles MotoGP 850 cc et préserver leurs composants. Le nouveau programme doit ainsi diminuer le temps total passé en piste de 35 minutes.

Mais cette économie technique a ouvert un débat beaucoup plus sensible sur les conditions de travail des pilotes.

La surprise d’Ezpeleta : des pneus limités pour réduire les risques ?

Face aux critiques de Marc Marquez et Pedro Acosta, Ezpeleta avance un argument inédit. Le nombre de pneumatiques disponibles pour les qualifications sera davantage limité en 2027.

Selon lui, cette contrainte empêchera les pilotes de multiplier les attaques chronométrées. « Lorsque vous êtes limité en pneus, vous poussez moins parce qu’une erreur signifie partir de l’arrière. »

Le dirigeant affirme également que 80 % des pilotes effectuent déjà deux attaques chronométrées le vendredi après-midi, selon les données communiquées par Michelin. La réforme ne devrait donc pas nécessairement augmenter leur nombre.

Mais cette justification repose sur un raisonnement qui reste à éprouver : moins de pneus ne signifie pas automatiquement moins de risques, particulièrement lorsque 22 motos se retrouvent simultanément en qualification.

Ezpeleta : « Certains pilotes n’ont probablement pas bien compris »

Ezpeleta reconnaît également un problème de communication. « Certains pilotes hier n’ont probablement pas bien compris les limitations concernant les pneus et le plafond sur les attaques chronométrées. » Avant d’ajouter : « Nous devons améliorer la communication et aligner tout le monde. »

Cette admission intervient alors que plusieurs pilotes dénoncent déjà un manque de consultation. Andrea Dovizioso estime que la recherche du spectacle réduit les possibilités de préparation sportive. Nicolò Bulega redoute les difficultés supplémentaires imposées aux débutants. Et Francesco Bagnaia s’interroge sur la disparition du Warm Up, remplacé par une ouverture prolongée de la voie des stands permettant plusieurs tours de reconnaissance. Autant de préoccupations qui ne se résument pas au nombre de pneus disponibles.

Quatre pilotes à la Commission de sécurité

La question de leur représentation devient alors centrale. Selon les informations rapportées, seulement quatre pilotes auraient participé à la réunion de la Commission de sécurité organisée à Motegi pour discuter de ces changements.

Ezpeleta explique sur crash.net que les équipes devaient consulter leurs pilotes, mais reconnaît que les pratiques ont été différentes selon les structures. Puis il prononce cette phrase : « Nous avons des contrats avec les équipes, pas avec les pilotes. »

Le dirigeant rappelle que la Commission de sécurité reste ouverte à leurs interventions. Mais cette déclaration révèle surtout le fonctionnement du système : les équipes constituent les interlocuteurs institutionnels du promoteur, tandis que la consultation des pilotes dépend largement de leur engagement et de celui de leurs employeurs.

Une organisation qui ne garantit pas nécessairement une expression collective cohérente.

Le vrai problème du MotoGP 2027 n’est peut-être pas son format

Ezpeleta souligne que certains pilotes lui auraient personnellement demandé de supprimer le Warm Up, sans défendre publiquement cette position. Les avis sont donc loin d’être unanimes. Et le dirigeant assure rester ouvert à d’éventuels ajustements.

Mais le débat dépasse désormais les quinze minutes d’une qualification ou les dix minutes d’un échauffement. Il concerne la manière dont le MotoGP prend ses décisions. Les constructeurs négocient pour préserver leurs machines. Les équipes défendent leurs intérêts sportifs et économiques. Le promoteur recherche un spectacle plus attractif. Les pilotes, eux, doivent composer avec les conséquences de ces arbitrages.

Carlos Ezpeleta affirme que leur porte reste ouverte. Reste à savoir si, pour ceux qui prennent les risques sur la piste, être écoutés lorsqu’ils se manifestent suffit réellement à peser sur les décisions.

Les pilotes quittent la voie des stands, MotoGP brésilien.

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