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Publié le 11 octobre 2026 • 12:45 par Paddock GP

Moto3, Máximo Quiles sur les traces de son mentor après son titre : « Je m’inspire toujours de Marc Márquez »

Vainqueur en solitaire à Mandalika, le protégé des frères Márquez, Máximo Quiles, a décroché le titre mondial Moto3 à cinq manches du terme de la saison.

Máximo Quiles
© Aspar Team

Máximo Quiles est le nouveau champion du monde de Moto3. Avec une victoire autoritaire lors du Grand Prix d’Indonésie, l’Espagnol de 18 ans succède à José Antonio Rueda. Comptabilisant 351 points et 132 longueurs d’avance sur son dauphin David Almansa après la 17e manche de la saison, le protégé de Marc et Álex Márquez, via la société de management dont ils sont actionnaires, devient le champion le plus précoce de l’histoire de la catégorie, décrochant sa couronne avec encore cinq Grands Prix à disputer. 

« C’est forcément spécial, mais tout dépend des années et du niveau de la concurrence, relativise-t-il auprès de la presse présente en Indonésie. J’avais de très gros rivaux en face de moi cette saison. J’ai réussi à faire la différence au début, mais la compétition est vite devenue très relevée et le rythme aussi. C’est fort, oui, mais ce n’est pas quelque chose sur lequel je m’attarde. »

La construction d’un champion 

L’histoire du nouveau champion remonte à ses six ans. Le jeune prodige montre rapidement son potentiel dans les séries nationales avant de se révéler en 2020 avec un titre de vice-champion de Moto4, décroché à seulement 12 ans. Son premier véritable sacre intervient un an plus tard, dès sa première saison en European Talent Cup (3 victoires, 5 podiums), une couronne qu’il coiffera une seconde fois deux saisons plus tard.

En parallèle, l’Espagnol fait ses armes en Red Bull MotoGP Rookies Cup (3e en 2022 et 2023). Sa campagne 2024, marquée par un épisode controversé au Mugello qui lui vaut une suspension alors qu’il mène le championnat, le voit finalement terminer 5e avant de rejoindre le Moto3 en 2025. Il connaît toutefois plus de succès la même année du côté du JuniorGP, où il décroche la 3e place du classement général grâce à une victoire et quatre podiums pour sa première et unique saison dans la discipline.

Les débuts de Máximo Quiles en Moto3

Malgré un début de saison 2025 retardé en Moto3 en raison de la réglementation sur l’âge pour le top 3 du JuniorGP, Quiles signe une première course remarquée sur le circuit des Amériques, marquée par une 2e place en Qualifications et un top 5 en course. 

Ensuite freiné par une blessure au pouce qui lui fait manquer les manches du Qatar et d’Espagne, il frappe fort dès son retour au GP de France avec la pole position, avant de s’imposer trois manches plus tard au Mugello. Troisième du championnat et sacré meilleur rookie en 2025, il posait déjà les jalons de son hégémonie pour 2026.

« Dès les premiers essais en Moto3, quand j’ai découvert les sensations au guidon de la machine, j’ai tout de suite su que je pouvais faire de grandes choses, explique le pilote. J’ai tout donné. Ça aurait pu être mieux, ça aurait pu être pire, mais le travail est fait. On doit continuer en Moto3 jusqu’à Valence, puis on fera le bilan de la saison avant d’effectuer le grand saut vers le Moto2. L’esprit est déjà un peu tourné vers le Moto2, mais la priorité reste le Moto3 jusqu’au bout. »

Máximo Quiles, champion du monde de Moto3 2026 en Indonésie © Aspar Team

Máximo Quiles égale le record de son idole Marc Márquez 

Máximo Quiles s’est en effet imposé à dix reprises lors de cette campagne 2026, égalant les dix succès de Joan Mir (2017) et Marc Márquez (2010). Il reste néanmoins à distance de la marque référence de David Alonso et ses 14 victoires en 2024. Les rares fois où il n’a pas franchi la ligne en vainqueur cette année, le pilote Aspar est monté sur la boîte, à l’exception de deux manches en Italie et en Angleterre. Victime d’une fracture de la clavicule en Essais, le n°28 avait été privé du départ à Silverstone. Un épisode qui est pourtant devenu le déclic de son année.

« Le tournant était peut-être Silverstone, confie-t-il. C’était un coup dur sur le moment parce que je me suis blessé, mais cette épreuve en Angleterre a été un déclic. Ça a complètement changé mon état d’esprit. La chute de Dani au même moment a aussi fait basculer les choses. Cet épisode en Angleterre a tout chamboulé, et j’en suis ressorti bien plus fort. »

Après avoir manqué une première balle de match à Motegi, Quiles a fait coup double à Mandalika. S’installant rapidement seul en tête de la course depuis la 6e place sur la grille, il a déroulé jusqu’au drapeau à damier devant David Almansa et Brian Uriarte.

« C’était dur de rester concentré pendant autant de tours tout seul. J’ai commis une erreur, je suis parti large au virage 16 et ça m’a un peu tendu. C’était difficile de garder le rythme, ils revenaient très fort derrière. C’était vraiment exigeant, mais on a réussi. Je suis tellement heureux de cette victoire, elle fait partie des plus spéciales. »

Même s’il pouvait mathématiquement sceller le titre sans nécessairement monter sur la plus haute marche du podium, l’Espagnol a refusé d’assurer : « C’était différent cette fois, il y avait beaucoup plus de pression que d’habitude. Mais j’ai abordé l’épreuve comme une course normale, une de plus que je voulais aller chercher. C’était ça, l’état d’esprit. Ça a fonctionné. J’étais nerveux, c’est vrai, mais c’est toujours un bon stress à vivre. »

Il insiste : « Je vise toujours la victoire. C’est toujours particulier d’être sur la plus haute marche. Si Brian Uriarte avait été dans ma roue à pousser, j’aurais dû prendre d’immenses risques et j’aurais peut-être fini deuxième, je ne sais pas. À tête reposée, je me dis que sur le sec, ça se serait peut-être passé autrement. »

Le soutien des frères Márquez

À son retour au stand, le nouveau champion a été accueilli par Marc et Álex Márquez, actionnaires de Vertical, l’agence qui gère ses intérêts : « Marc et Álex Márquez étaient tellement heureux de me voir décrocher le titre avec la victoire au bout. Ils étaient vraiment ravis. C’est aussi grâce à eux : ils m’ont énormément aidé sur le plan mental. »

Les deux hommes n’ont effectivement pas manqué de féliciter leur protégé, qu’ils soutiennent sur la piste comme en dehors : « Leur soutien a été capital. Ils m’ont épaulé sur tous les plans. Mais tout a commencé avec le Gas 74 Racing, avec Juan et Junior, qui m’accompagnent depuis mes 11 ans, rappelle-t-il. Ils m’ont aidé à grandir et à toujours avoir le meilleur matériel. Parfois, ils ne me donnaient pas la meilleure moto exprès, pour que j’apprenne à souffrir en piste ! Tout ça m’a forgé. Puis quand Marc est arrivé, il m’a apporté un soutien précieux, aussi bien sur le plan financier que mental. Ils font tout ça du fond du cœur, de manière très sincère, et c’est ce que j’apprécie tant chez eux. Réaliser nos rêves ensemble, c’est unique. »

Quiles ajoute : « Je n’ai pas eu besoin de les convaincre, c’était une évidence pour eux. Il faudrait leur demander ce qu’ils ont vu en moi ! J’ai toujours essayé de m’inspirer de Marc, tout en traçant ma propre voie pour éviter de reproduire certaines erreurs du passé. Il m’explique d’ailleurs souvent comment les éviter. C’est une chance incroyable d’avoir Marc et Álex à mes côtés. »

Enfin, avant de rejoindre le Moto2 toujours sous les couleurs Aspar, le nouveau roi du Moto3 entend garder le cap jusqu’à la fermeture du rideau à Valence : « Il faut maintenant garder les pieds sur terre, tempère Máximo Quiles. J’ai l’impression d’être dans un rêve, il va falloir redescendre ! Restons concentrés sur la saison, il reste encore pas mal de courses. Il faut garder cette même mentalité et continuer d’attaquer. L’année prochaine sera aussi un grand moment, et je me donnerai à 100 %. »

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