Moto GP
Publié le 13 octobre 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Voici ce que vous n’avez pas lu sur la nouvelle séance de qualifications

Le nouveau format de qualifications à venir en MotoGP fait beaucoup parler. Voici ce que vous n’avez encore pas lu à ce sujet.

qualifications MotoGP

Ce qui devait arriver arriva. Après le Grand Prix d’Autriche, j’ai publié un article assez salé, je l’avoue, qui concernait l’autrefois possible réforme des qualifications MotoGP en vue de 2027. Eh bien, désormais, c’est acté : il y aura bien deux séances de qualifs’ par week-end l’an prochain. Si vous voulez comprendre le fonctionnement de ce nouveau système (et c’est assez compliqué), je vous invite d’abord à lire CET ARTICLE, avant de revenir sur celui-ci, qui en fait l’analyse. C’est parti !

Comme c’est souvent le cas, tout n’est pas négatif ou positif dans cette réforme, et c’est pourquoi je vais m’exprimer en plusieurs points, en alternant les plus et les moins.

 

Une usine à gaz

 

Commençons d’abord avec, ce qui est pour moi, le plus gros défaut de cette refonte. Comme je l’exprimais dans l’article précédent sur le sujet, ce que j’aime en MotoGP, c’est la simplicité. Vous pouvez mettre un enfant, une mère, un père devant une course, et il appréciera. Notre discipline est de loin la plus limpide du monde des sports mécaniques, c’est ce qui fait sa force.

 

qualifications MotoGP
Petit problème, les qualifications Sprints le vendredi soir. Beaucoup travaillent à ces heures-là ! Photo : Michelin Motorsport

 

Je ne voulais pas d’une complexification, et là, on est pile dedans. D’ailleurs, le MotoGP l’a bien compris, car ils sont en train de dérouler un véritable plan de communication juste pour expliquer le nouveau format. Sans parler de pertinence sportive ou de sécurité – ça viendra –, je déplore qu’on transforme un sport éminemment simple en usine à gaz.

 

Plus juste

 

Passons maintenant à un point positif, à savoir, l’équité sportive. Effectivement, ce sera désormais plus juste : il est vrai que la Q1/Q2, qui détermine actuellement la grille des deux courses, avait beaucoup d’importance, peut-être trop. Un drapeau jaune au mauvais moment peut réellement tuer un week-end en l’état, même si c’est rare. Là, les pilotes auront deux chances, et c’est d’ailleurs ce que certains réclamaient depuis l’introduction des courses Sprint en 2023. Sur ce point, ils ont donc été écoutés, et c’est assurément positif.

 

Le warm-up supprimé

 

Passons à un point de discorde majeur, à savoir, la suppression du warm-up. C’est ce qui dérange le plus les acteurs du paddock. Pour réduire le temps de course « inutile », le warm-up a tout bonnement été supprimé au profit d’une ouverture de la pit lane pendant dix minutes, garantissant plusieurs tours de mise en grille. Je suis assez partagé sur la question. Loris Capirossi, de la sécurité en MotoGP, reprenait l’exemple des petites catégories, où le warm-up n’existe plus depuis quelques années, en disant que ça n’avait pas d’impact majeur. Et il a en partie raison. Il disait aussi que les instances seraient capables de s’adapter si besoin, comme à Motegi, par exemple. D’accord, ça se tient.

Le problème, c’est qu’en MotoGP, il y a une course Sprint à disputer le samedi. Et l’idée de tomber en Sprint, peut-être sans savoir pourquoi, puis de repartir le dimanche sans pouvoir essayer un nouveau réglage, est injuste, en quelque sorte. On a bien compris que le warm-up était destiné à disparaître, et ce, dans tous les sports mécaniques. Mais bon, il a sauvé des courses, et permet à des pilotes en manque de confiance de trouver une solution de dernière minute assez régulièrement ; je déplore donc sa suppression.

 

Des qualifications MotoGP acceptées

 

Dans les points positifs, notons tout de même la réception des pilotes, les principaux concernés. Même si certains ont montré leur mécontentement (sans pour autant participer aux réunions de la commission de sécurité, mais nous en reparlerons la semaine prochaine), la majorité de nos héros ont plutôt bien accueilli le nouveau format, à l’exception, comme je l’ai dit, de la suppression du warm-up. Écoutez : on peut commenter tout ce qu’on veut, leur avis reste le plus légitime. S’ils trouvent ça plus juste, alors, pourquoi ne pas donner une chance à cette refonte ?

 

Plus de temps sous tension ?

 

qualifications MotoGP
Le warm-up sera supprimé l’année où tout changera : motos, pneus, aéro… ça sera encore plus difficile. Bagnaia n’était pas pour. Photo : Michelin Motorsport

 

C’est l’un de mes grands combats. J’ai déjà dit, à de maintes reprises, que l’augmentation du « temps sous tension » était la cause du déclin de notre sport depuis quelques années. Pour vous résumer ma théorie, plus il y a de Grands Prix et de séances tendues, plus les pilotes se blessent, et donc plus ils font attention, et donc plus ils sont fatigués, et moins le spectacle est bon. Je suis persuadé que le produit MotoGP serait bien meilleur s’il n’y avait pas de Sprints et 18 courses dans l’année. Bref.

L’une des principales interrogations concernant cette refonte était, bien sûr, l’augmentation du temps sous tension. Maintenant, nous avons la Practice, les qualifications, le Sprint, et la course principale. En gros, une heure de Practice (car il faut se préparer à faire le meilleur tour à la fin), 30 minutes en qualifs’ pour un pilote de Q1 qui passerait en Q2, 25 minutes pour le Sprint, et 45 minutes pour un GP. Ça nous fait donc un peu plus de deux heures et demie de temps sous tension, en comptant large, notamment pour la Practice, qui n’est pas à fond tout le temps. C’est à mettre en comparaison avec les 1 heure et 20 minutes d’essais libres sans enjeu pour mettre au point.

Quid du format 2027 ? Cette fois, on se débarrasse de la très longue Practice, et on remplace par une séance de qualifications unique de 15 minutes pour le Sprint le vendredi. Je pense que la fin de la FP2, le vendredi, sera utilisée pour tester la vitesse en prévision des qualifs’ Sprint, donc on peut rajouter 10 à 15 minutes dans celle-ci. Puis, on rajoute 30 minutes le samedi pour les qualifications normales, puis le Sprint, et le GP. Ça fait donc un peu plus de deux heures de temps sous tension, pour, à côté de ça, 1 heure et 35 minutes d’essais libres sans enjeu.

Verdict : c’est sensiblement la même chose au niveau de l’engagement, à une modification majeure près. Désormais, c’est tous les pilotes qui participeront à la Q1 samedi matin, longue de 15 minutes seulement. Ça risque d’être le boxon, mais l’un dans l’autre, je crois qu’il n’y a pas de scandale à faire de ce côté-là, ça ne change pas du tout au tout.

 

Conclusion – Les nouvelles qualifications MotoGP, une amélioration ?

 

Je suis personnellement mitigé concernant cette petite révolution. D’un côté, je trouve que le format actuel n’est pas forcément mauvais, et que le système de qualifications est le meilleur tous sports mécaniques confondus. Donc, ça, on va le perdre. Mais, de l’autre, il y aura un peu moins de temps sous tension en 2027, ce qui peut réduire le risque de blessure, et un système globalement plus juste. Cependant, je ne peux m’empêcher de déplorer la complexité apparente de ce système – qui sera une galère à expliquer si vous voulez présenter le MotoGP à quelqu’un –, ainsi que la suppression du warm-up.

Pour conclure, je dirais que ce n’est pas idéal, mais ça aurait pu être (bien) pire. Rappelons qu’à la base, on nous avait vendu un système similaire à celui de la Formule 1 avec Q1/Q2/Q3, plus qualifications Sprints !

Mais alors, qu’en pensez-vous ? Êtes-vous d’accord avec mon analyse sur le sujet ? Ai-je oublié des éléments ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

En fait, c’est comme si la fin de la Practice était une séance à part. Et je crois que c’est une bonne idée. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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