Moto GP
Publié le 15 octobre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP : Ducati dominée par Aprilia, mais Dall’Igna jubile presque… « Le pire circuit est derrière nous ! »

Malgré la domination d'Aprilia à Mandalika, Dall'Igna se félicite du bilan de Ducati. Marquez reste à deux points de Martin au championnat.

Dall'Igna

Classé seulement sixième au Grand Prix d’Indonésie le dimanche à Mandalika, Marc Marquez a pourtant donné à Ducati de sérieuses raisons de se réjouir. Sur un tracé que Gigi Dall’Igna considérait comme l’un des plus défavorables à la Desmosedici, l’Espagnol a remporté le Sprint et limité les dégâts au championnat. À cinq Grands Prix de la fin, deux points seulement le séparent de Jorge Martin. Pour le patron technique de Borgo Panigale, l’essentiel est ailleurs : Aprilia n’a pas pleinement exploité son avantage.

Il y a des week-ends où une sixième place vaut presque une victoire. À Mandalika, Ducati n’avait ni la vitesse ni la maîtrise technique d’Aprilia. Les quatre RS-GP ont d’ailleurs monopolisé les premières places dimanche.

Mais Marc Marquez est reparti d’Indonésie avec une victoire au Sprint, une sixième place au Grand Prix et seulement deux points de retard sur Jorge Martin. Pour Gigi Dall’Igna, ce bilan relève davantage du succès stratégique que de la défaite sportive.

Dall’Igna : « Peut-être même le pire circuit pour nous »

Le directeur général de Ducati Corse ne cherche pas à masquer les difficultés rencontrées. « Ce week-end n’a clairement pas été facile pour nous, mais à mon avis, il a été positif. » Dall’Igna explique que Ducati savait Mandalika particulièrement défavorable à sa machine. « Nous avons limité les dégâts grâce à notre talent et notre expérience sur un circuit que nous savions difficile, peut-être même le pire pour nous. »

La domination des Aprilia dimanche lui donne raison. Mais le constructeur de Noale n’a pas transformé cette supériorité en avantage décisif au championnat. L’accrochage entre Raul Fernandez et Marco Bezzecchi au Sprint, puis les difficultés de pression du pneu avant de Martin, ont ouvert une fenêtre que Marquez s’est empressé d’exploiter.

Marquez, l’art de gagner quand il ne peut pas dominer

Dall’Igna insiste particulièrement sur l’intelligence de course de son pilote. « Marc a vraiment fait preuve de beaucoup de génie ce week-end. » L’Italien salue sa capacité à saisir une victoire inattendue samedi, puis à gérer les limites de sa Ducati dimanche.

Un détail rend cette sixième place encore plus significative : Marquez n’avait jamais terminé un Grand Prix dominical à Mandalika. Cette fois, il a franchi la ligne d’arrivée. Et dans une lutte mondiale aussi serrée, terminer une course difficile peut peser davantage qu’une tentative désespérée de podium. Le raisonnement de Ducati est simple : lorsque la victoire est inaccessible, il faut empêcher l’adversaire de prendre le large.

Dall'Igna Márquez

Une faiblesse technique Ducati que Dall’Igna ne nie pas

Cette satisfaction ne doit toutefois pas masquer le problème de fond. « Notre rythme n’était pas à la hauteur de celui des meilleurs », reconnaît Dall’Igna. Les résultats des autres pilotes Ducati confirment que Marquez ne rencontrait pas une difficulté isolée.

La Desmosedici manquait globalement de compétitivité face aux RS-GP. Le patron technique souligne donc la nécessité de conserver « concentration, lucidité » et « une bonne dose d’humilité ».

Une déclaration révélatrice : Ducati ne prétend pas avoir trouvé la solution à Mandalika. Elle estime simplement avoir traversé l’épreuve sans conséquence majeure pour ses ambitions.

Le piège serait de croire le plus dur terminé

« Un obstacle majeur est désormais derrière nous, sans aucun dégât. En fait, nous nous sentons même plus forts et mieux préparés », affirme Dall’Igna.L’optimisme est compréhensible.

Mais considérer Mandalika comme le pire circuit ne garantit pas que Ducati dominera les cinq rendez-vous restants. Aprilia vient de démontrer une supériorité collective impressionnante, tandis que Martin conserve la tête du championnat. Bezzecchi, à 46 points, demeure également mathématiquement concerné.

Dall’Igna préfère donc conclure sur la compétition elle-même : « Que le meilleur gagne, avec le fair-play et l’équité que mérite notre beau sport. » À Mandalika, Aprilia a remporté la bataille de la vitesse. Ducati, elle, a empêché que cette victoire se transforme en avantage décisif pour le titre.

Et pour Dall’Igna, sortir presque indemne d’un circuit redouté constitue peut-être le meilleur résultat possible avant le sprint final du championnat MotoGP.

Dall'Igna

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