Jack Miller n’a décidément rien perdu de son humour. Contraint de quitter le MotoGP à la fin de la saison 2026, l’Australien poursuivra sa carrière au sein de l’équipe officielle Yamaha en WorldSBK. Et il a trouvé une explication savoureuse à ce changement de championnat : rester fidèle à Michelin, qui débarquera en Superbike précisément lorsque Pirelli prendra sa place en MotoGP ! Mais derrière la plaisanterie, le quadruple vainqueur en catégorie reine prépare un nouveau défi et n’exclut pas quelques retrouvailles avec la M1 V4.
Jack Miller aurait pu vivre son départ du MotoGP comme une rétrogradation. Après près de douze saisons dans la catégorie reine, quatre victoires et des expériences chez Honda, Ducati, KTM puis Yamaha, l’Australien s’apprête à découvrir un autre championnat.
Mais fidèle à son tempérament, il préfère en rire. « J’aime tellement les pneus Michelin que j’ai décidé de rester fidèle à cette marque », lance-t-il avec amusement sur motorsport-total. Une plaisanterie particulièrement bien trouvée.
Michelin et Pirelli échangent leurs championnats, Miller choisit son camp !
En 2027, les deux grands manufacturiers vont échanger leurs rôles. Pirelli deviendra le fournisseur exclusif du MotoGP, dans le cadre de la révolution technique des 850 cc. Michelin, de son côté, remplacera Pirelli en Championnat du monde Superbike.
En rejoignant le WorldSBK, Miller continuera donc à rouler avec les pneumatiques français qu’il connaît depuis ses débuts en MotoGP. Une coïncidence dont l’Australien ne pouvait évidemment pas se priver.
Mais cette continuité pourrait aussi présenter un intérêt technique. La Yamaha R1 devra être adaptée aux caractéristiques des nouveaux Michelin, et Miller dispose d’une longue expérience de leur comportement en compétition. Reste que les pneumatiques Superbike seront développés pour des machines très différentes des prototypes MotoGP.
Yamaha conserve Miller, mais change de terrain
Le contrat pluriannuel signé avec Yamaha permettra à Miller de rejoindre Andrea Locatelli dans l’équipe officielle WorldSBK. Il remplacera Xavi Vierge, attendu chez Barni Ducati.
« Je suis très heureux que mon avenir soit assuré et que je sache où je roulerai ces prochaines années », explique l’Australien. « Je reste donc au sein de la famille. » Une continuité importante après deux saisons difficiles chez Pramac Yamaha.
En 2025, Miller avait obtenu son meilleur résultat avec une cinquième place à Austin, au guidon de la M1 à moteur quatre cylindres en ligne. En 2026, malgré l’arrivée du V4, il n’a pas fait mieux qu’une huitième position au Balaton Park. « Je m’attendais évidemment à mieux que ce que j’ai obtenu ces dernières années », reconnaît-il.
Mais il insiste sur l’ampleur du travail accompli pour faire progresser le projet. « Avec la M1, nous avons fait de notre mieux. À l’avenir, nous essaierons d’en faire autant avec la R1. »

Un nouveau défi face à Ducati
Le championnat Superbike ne constituera pas une promenade de santé. Ducati sort d’une saison 2026 dominée par Nicolò Bulega, appelé à rejoindre VR46 en MotoGP en 2027.
Yamaha, de son côté, n’a plus décroché de titre mondial pilotes depuis celui de Toprak Razgatlioglu en 2021. Sa dernière victoire remonte à Assen 2025, grâce à Andrea Locatelli, futur coéquipier de Miller.
L’Australien espère que le changement de pneumatiques permettra à la R1 de progresser. « Peut-être pourrons-nous encore améliorer le déjà excellent modèle de base de la R1 en changeant de fournisseur de pneumatiques, afin de pouvoir vraiment attaquer. »
Il devra cependant composer avec une préparation hivernale écourtée. La saison MotoGP se terminant tardivement à Valence, Miller manquera une partie des premiers essais Superbike. « C’est vraiment nul », reconnaît-il sans détour.
Et si Miller revenait malgré tout sur la M1 V4 ?
Son départ de la grille MotoGP ne signifie pas nécessairement une rupture complète avec le développement de Yamaha. Interrogé sur la possibilité de reprendre ponctuellement le guidon de la M1 V4, Miller ne ferme aucune porte. « Augusto Fernandez est sous contrat comme pilote d’essai. Mais s’ils me le proposaient, je ne dirais certainement pas non. »
Il ne s’agit donc pas d’un programme confirmé, mais d’une disponibilité clairement exprimée. Yamaha pourrait théoriquement profiter de son expérience, sous réserve des contraintes contractuelles et du calendrier.
Miller quitte ainsi le MotoGP sans vraiment quitter Yamaha, change de machine sans abandonner Michelin et laisse ouverte la possibilité de retrouver un prototype. À défaut d’avoir gagné son pari avec la M1, l’Australien espère désormais faire rugir la R1. Et pour une fois, son avenir semble lui donner davantage de raisons de sourire que son classement.




