Moto GP
Publié le 23 octobre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP : KTM a gagné en qualification ce qu’elle a perdu au départ… et Aki Ajo reconnaît un problème

KTM progresse en qualification mais perd son avantage au départ depuis l'interdiction du holeshot avant. Une faiblesse à corriger avant 2027.

Commission Red Bull

La KTM RC16 était autrefois une véritable catapulte au départ. Mais depuis l’interdiction du dispositif d’abaissement avant à Assen, cet avantage semble s’être érodé. Paradoxalement, la marque autrichienne progresse dans un domaine où elle souffrait : l’exploitation du pneu arrière tendre en qualification. Pour Aki Ajo, le problème est désormais de retrouver des départs efficaces sans sacrifier les progrès accomplis. Et avec la révolution technique de 2027, KTM ferait bien de trouver rapidement la solution.

Chez KTM, les progrès ne se traduisent pas toujours par un gain global. La RC16 a longtemps possédé une qualité particulièrement appréciée de ses pilotes : sa capacité à bondir de la grille. Même lorsque les qualifications se déroulaient difficilement, un excellent départ permettait souvent de récupérer plusieurs positions avant le premier virage.

Un avantage précieux pour une machine dont le potentiel sur un tour lancé ne reflétait pas toujours le rythme de course. Mais cette arme semble aujourd’hui moins efficace. Et le changement de réglementation intervenu à Assen n’y serait pas étranger.

Le holeshot avant disparaît, l’avantage KTM avec lui ?

L’interdiction du dispositif de départ avant a modifié les conditions dans lesquelles les pilotes peuvent exploiter leurs machines au moment de l’extinction des feux. Pour KTM, dont la RC16 figurait parmi les références dans cet exercice, la conséquence est sensible.

Interrogé par Jack Appleyard à Mandalika, Aki Ajo ne cherche pas à éluder la question. « Il est certain que le changement de règle a aussi un impact, et bien sûr, tout le monde s’améliore constamment dans cette catégorie. »

Le directeur de Red Bull KTM refuse toutefois de réduire les difficultés de son équipe à cette seule modification technique. Les concurrents progressent, les procédures évoluent et les différences se jouent parfois sur des détails.

« Il est vraiment difficile de donner une seule raison, mais il est certain que les départs constituent le domaine sur lequel nous devons vraiment nous concentrer et travailler pour essayer de retrouver notre point fort. » Le diagnostic est posé. KTM ne peut plus compter sur son ancien avantage.

Acosta progresse sur un tour, mais doit désormais conserver sa position

La situation est d’autant plus frustrante que les qualifications constituent justement l’un des domaines dans lesquels KTM a progressé. La RC16 exploite désormais plus efficacement le pneu arrière tendre Michelin, longtemps difficile à mettre dans sa fenêtre optimale de fonctionnement sur un tour rapide.

Pedro Acosta en a notamment apporté la démonstration avec sa pole position en Catalogne. Une performance qui contraste avec ses qualifications plus compliquées au Mugello et au Sachsenring, où il n’avait obtenu que la dixième place.

Mais une meilleure position sur la grille ne représente qu’une partie de l’équation. Si la KTM perd désormais des places au départ, une partie du travail accompli le samedi se trouve immédiatement compromise.

Et en MotoGP, les conséquences dépassent la simple perte de quelques positions. Se retrouver derrière des adversaires plus lents peut perturber la gestion des pneus, augmenter leur température et rendre les dépassements plus difficiles.

Autant de facteurs qui peuvent transformer un potentiel podium en course de récupération.

KTM

Une faiblesse KTM particulièrement coûteuse dans le peloton actuel

Acosta connaît pourtant la valeur de sa RC16 lorsqu’il parvient à exploiter son potentiel. Sa victoire au Red Bull Ring a confirmé que KTM reste capable de se battre au plus haut niveau.

Mais avant le Grand Prix d’Australie, l’Espagnol occupe la cinquième place du championnat, à seulement un point d’Ai Ogura. Dans une lutte aussi serrée, chaque position abandonnée dans les premiers mètres peut peser lourd.

Le problème n’est donc pas simplement technique. Il devient directement sportif. Et il impose à KTM de retrouver une procédure de départ efficace avec les moyens encore autorisés.

2027 : la fin annoncée de tous les dispositifs d’abaissement

Le constructeur autrichien doit également regarder au-delà de cette saison. Avec l’arrivée des moteurs de 850 cc et des pneumatiques Pirelli en 2027, les dispositifs d’abaissement arrière et de réglage dynamique de hauteur disparaîtront eux aussi.

Les constructeurs devront donc repenser leurs départs autour de la motricité mécanique, de la gestion électronique et de l’équilibre des nouvelles motos. Autrement dit, retrouver les performances d’hier ne suffira pas. Il faudra préparer celles de demain.

KTM a réussi à rendre sa RC16 plus redoutable en qualification. Reste maintenant à éviter que les bénéfices de ce progrès ne disparaissent dans les cinquante premiers mètres. Car en MotoGP, gagner une place sur la grille ne sert pas à grand-chose si l’on en perd deux lorsque les feux s’éteignent.

KTM

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