Moto GP
Publié le 21 octobre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP : « Avant 2020, je me sentais comme un super-héros »… Marc Marquez parle de sa retraite et révèle ce qui le retient encore

Marc Marquez se confie sur sa carrière et évoque désormais la retraite et une nouvelle façon d'évaluer les risques.

Marc Marquez

Sept titres en catégorie reine, des blessures à répétition et une carrière qu’il a bien failli interrompre : à 33 ans, Marc Marquez ne regarde plus le MotoGP avec les mêmes yeux. Dans l’émission Helmets Off, le pilote Ducati reconnaît ne pas comprendre lui-même comment il a conservé sa motivation après tant d’épreuves. Mais surtout, il révèle que sa perception du danger a profondément changé. La retraite se rapproche, et cette fois, ce n’est plus seulement une question de résultats.

Marc Marquez a longtemps donné l’impression que rien ne pouvait l’arrêter. Entre 2013 et 2019, l’Espagnol a remporté six titres mondiaux MotoGP avec Honda, imposant une domination qui semblait pouvoir durer indéfiniment.

Puis est arrivé Jerez 2020. Une chute, une fracture de l’humérus droit et le début d’un interminable parcours médical. Opérations, rééducation, nouvelles blessures : celui qui paraissait invincible a découvert brutalement ses limites.

Six ans plus tard, redevenu champion du monde en 2025 avec Ducati, Marquez porte toujours les traces de cette période. Et ses dernières confidences donnent une dimension particulière à la question de sa retraite.

Marc Marquez : « Je ne sais pas comment j’ai fait »

Invité de Helmets Off, le numéro 93 a livré une réflexion inattendue sur sa longévité. « Pour moi, le plus difficile, c’est de continuer. » Il explique que remporter une course ne constitue pas, à ses yeux, le véritable défi.

« Gagner une fois, les 22 pilotes MotoGP ont le talent pour le faire. Mais faire ça pendant plusieurs années d’affilée, persévérer et garder la même motivation, c’est quelque chose que je ne sais pas comment j’ai fait. »

Une confession surprenante venant d’un pilote dont la détermination a longtemps semblé inépuisable. « Je n’ai pas d’explication. Peut-être parce que j’avais 20 ou 21 ans, et que l’énergie était différente. » Aujourd’hui, l’expérience a remplacé une partie de cette insouciance.

« Avant 2020, je me sentais comme un super-héros »

Il précise : « avant 2020, je me sentais comme un super-héros. Puis 2020 m’a montré, et j’en ai tiré une leçon, que nous sommes humains. » Marquez n’évoque pas seulement les conséquences physiques de ses accidents. Il parle d’une transformation profonde de son rapport au risque. « Un jour, nous sommes là, et le lendemain, nous pouvons être une personne différente. »

L’Espagnol rappelle avoir subi sept interventions chirurgicales touchant son épaule et son bras droits. Un lourd passé médical auquel s’ajoutent les séquelles de son accrochage avec Marco Bezzecchi en Indonésie en 2025. Malgré son retour au sommet, son corps ne lui permet plus d’aborder chaque chute avec l’insouciance de ses premières années.

Marc Marquez

Marc Marquez : « C’est le pilote qui décide où se situe la limite »

Pour Marquez, la question de la retraite est désormais indissociable de celle du danger. « Maintenant, je commence à mieux évaluer les risques, et ces risques sont les blessures et les accidents. »

Il insiste sur une particularité fondamentale du MotoGP. Contrairement à d’autres disciplines, une erreur peut entraîner des conséquences physiques durables. « Nous ne sommes pas dans un sport comme le football ou le tennis. Eux, ils donnent tout, mais le risque est bien moindre. »

Cette réalité impose une réflexion permanente. « Après tout, c’est le pilote qui décide où se situe la limite. » Une limite que personne, pas même son entourage ou son constructeur, ne pourra fixer à sa place.

La motivation demeure, mais pour combien de temps ?

Marquez assure néanmoins que son envie de courir reste intacte. « Je suis là et je participe à la compétition parce que, pour le moment, je n’ai pas baissé les bras sur le plan mental. »

Il sait qu’il possède encore la vitesse nécessaire pour gagner. Et son titre mondial de 2025 a démontré qu’il pouvait retrouver le sommet après ses années de souffrance. Mais il refuse de promettre une carrière interminable.

« Il te faut donc évaluer beaucoup de choses en MotoGP avant de prendre ta retraite. C’est plus proche qu’hier, oui, mais quand, je ne sais pas. »

Une déclaration qui alimente forcément les interrogations autour de son avenir chez Ducati. Andrea Dovizioso a notamment avancé l’hypothèse d’une retraite dès 2027 si Márquez remportait de nouveau le championnat en 2026. Cela reste une opinion, pas une décision annoncée par l’Espagnol.

Le champion a changé, pas son ambition

Marc Marquez a traversé des épreuves qui auraient pu mettre définitivement fin à sa carrière. Il est pourtant revenu jusqu’au titre mondial. Mais ce retour ne signifie pas qu’il soit prêt à tout recommencer indéfiniment.

Le Marc Marquez de 2019 cherchait à repousser toutes les limites. Celui de 2026 sait désormais qu’il en existe une qu’aucun trophée ne mérite de franchir. Il n’a pas encore choisi le moment de partir. Mais lorsqu’il le fera, ce ne sera probablement pas parce qu’il aura oublié comment gagner. Ce sera parce qu’il aura décidé que le risque ne vaut plus la victoire.

Marc Marquez

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