Moto GP
Publié le 22 octobre 2026 • 11:00 par Marc Seriau

MotoGP Australie J0, Débriefing Jack Miller (Yamaha/19) : « ça, je ne vais pas m’en plaindre » , etc. (Intégralité)

Le local Jack Miller mise sur une météo très perturbée à Phillip Island pour ce Grand Prix MotoGP d'Australie...

La conférence de presse en prélude au Grand Prix MotoGP d’Australie a accueilli sur le circuit de Phillip Island le troisième du championnat, Marco Bezzecchi (Aprilia Racing), le vainqueur de l’an passé, Raul Fernandez (SuperFile Trackhouse MotoGP Team), et le local de l’étape, Jack Miller (Pramac Racing).

Pour la dernière fois, puisque le célèbre tracé australien ne figurera plus au calendrier à partir de 2027, remplacé par celui mis en place à Adélaïde.

Mais une dernière édition passionnante, puisque, comme vous le savez, seulement deux point séparent Jorge Martin de Marc Marquez en tête du championnat !

Pour Jack Miller, pas question de championnat mais une course à domicile que le spécialiste du mouillé pourrait bien mettre à profit, avant de revenir sur l’île l’année prochaine en Superbike…

Comme à notre habitude, nous reportons ici en intégralité ses paroles sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais.


🎤 Bon après-midi à toutes et à tous, et bienvenue à cette conférence de presse d’avant-événement, à l’approche de ce qui sera, j’en suis sûr, un week-end très chargé en émotions. C’est la fin d’une époque, puisque le spectaculaire circuit de Phillip Island accueille le Grand Prix d’Australie pour la toute dernière fois. Un lieu emblématique qui a offert certains des moments les plus marquants de l’histoire du MotoGP depuis la toute première course organisée ici, en 1989.
Avec nous pour cette conférence de presse, et prêts à vivre le dernier rugissement de Phillip Island, nous accueillons Marco Bezzecchi, pilote Aprilia Racing, vainqueur du Sprint ici en 2025 et vainqueur de notre dernier Grand Prix en Indonésie. Marco arrive à cette 18e manche en troisième position du Championnat du Monde.
Nous accueillons également Raul Fernandez, pilote SuperFile Trackhouse Aprilia. Raul est devenu l’un des 15 pilotes seulement à avoir remporté une course MotoGP à Phillip Island, lorsqu’il s’est imposé ici l’an dernier pour décrocher sa première victoire en catégorie reine. Il reste également sur une deuxième place à Mandalika, obtenue après avoir signé sa première pole position en MotoGP.
Et pour compléter notre plateau du jour, un pilote qui restera lié à Phillip Island pendant encore de nombreuses années, puisque le virage 4 porte son nom depuis 2022. C’est toujours un plaisir d’accueillir le héros du public local, Jack Miller, pilote Prima Pramac Yamaha. Jack a terminé troisième en MotoGP ici en 2019 et s’était imposé en Moto3 devant son public il y a 12 ans.
Messieurs, bon après-midi et bienvenue à vous trois sous ce magnifique soleil de Phillip Island ! Je ne suis malheureusement pas certain qu’il va durer très longtemps ce week-end…

Passons maintenant au pilote Prima Pramac, Jack Miller. Jack, bien sûr, pour la plupart d’entre nous, ce week-end va marquer les adieux à Phillip Island. Vous reviendrez évidemment ici dans seulement quelques mois pour faire vos débuts en World Superbike en février, mais il s’agit de votre dernière course MotoGP ici. J’imagine que vous avez grandi en regardant tant de batailles célèbres au fil des années. Alors, que ressentez-vous, Jack, en sachant qu’en MotoGP au moins, c’est ici la dernière danse ? Quelles sont vos émotions à l’approche du week-end ?
Jack Miller : 
« Oh, évidemment, elles sont assez fortes. Comme vous le dites, quand on regarde toutes ces années en arrière, c’est probablement l’un des circuits les plus emblématiques du calendrier. Il a sans doute offert certaines des meilleures courses que l’on ait jamais vues en MotoGP.
Et oui, c’est la dernière ici. Alors forcément, on repense à tout ça et, en même temps, j’ai hâte d’être à ce week-end.
Je me disais même que, par une ironie totale, nous allions peut-être avoir un temps fantastique pendant tout le week-end, après ces dernières années où nous avons eu des conditions parfois assez changeantes.
Mais visiblement, ce ne sera pas le cas. Phillip Island semble vouloir s’offrir une vraie sortie, avec des conditions qui vont encore changer en permanence.
Et ça, je ne vais pas m’en plaindre. Un peu de pluie, pour nous en ce moment, ce serait plutôt bien. »

Ce ne serait pas vraiment une conférence de presse de Phillip Island un jeudi, Jack, s’il n’y avait pas de questions sur la météo. Ici, dans cette partie du monde, samedi et dimanche pourraient être assez humides et agités. Est-ce que ce sera le grand “Hail Mary” de Miller sous la pluie pour essayer de remporter ce dernier Grand Prix d’Australie à Phillip Island ?
« Est-ce que ça pourrait être autre chose ? Non, c’est vrai, je vieillis, mais je ne deviens clairement pas plus sage !
Non, bien sûr, on va tenter notre chance et voir ce qu’on peut faire. Comme je l’ai dit, la pluie pourrait être notre meilleure amie ce week-end.
Phillip Island est un circuit où, même si la moto ne fonctionne pas à merveille, vous pouvez encore compenser un peu une fois que vous réussissez à bien la mettre en rythme.
Notre moto tourne plutôt bien, donc tant qu’on arrive à la faire fonctionner correctement et à la faire tourner comme il faut, on devrait pouvoir jouer quelque chose.
Mais oui, nos points les plus faibles, disons, ce sont les quatrième, cinquième et sixième rapports, et ici on utilise beaucoup la quatrième, la cinquième et la sixième.
C’est pour ça qu’à ce stade, je compte un peu sur Mère Nature. »

Et enfin Jack, je sais qu’il y aura comme toujours une véritable Miller Army rassemblée au virage 4, qui porte bien sûr votre nom ici depuis quatre ans. On dirait que vous avez également un casque spécial. Pouvez-vous nous expliquer ce qui est prévu pour ce week-end ?
« Oui, j’ai un casque, une combinaison et tout ce qui va avec. C’est un petit clin d’œil à ce qu’on avait fait auparavant.
La dernière fois, j’avais demandé à Paolo si je pouvais décorer un peu la moto. Ils avaient parlé de Ned Kelly et, au final, je m’étais retrouvé habillé comme un chevalier en armure brillante !
Cette année, on a donc choisi quelque chose de plus simple, avec un peu de vert et d’or, en référence à l’Australie.
Voilà, rien de plus, mais je trouve que le résultat est vraiment, vraiment cool. C’est génial de voir la moto et tout le reste comme ça. »

Et enfin, messieurs, nous ne pouvons pas vous laisser quitter Phillip Island sans vous poser cette question. Puisqu’il s’agit du dernier rugissement sur ce circuit mythique, que tous les pilotes adorent pour les sensations qu’il procure, quel est pour chacun de vous votre meilleur souvenir personnel ici ? Et plus généralement, quel est le souvenir qui vous marque le plus de vos courses sur ce fantastique circuit ?
Jack, j’imagine que vous avez des tonnes de souvenirs liés à Phillip Island…
« Oui, absolument ! Cet endroit compte énormément pour moi, pour beaucoup de raisons différentes.
Je repense notamment à la toute première fois où j’ai roulé ici, en 2009. J’arrivais, disons, de circuits australiens plus petits, et c’était la première fois que je mettais les roues sur une piste de cette largeur, un vrai circuit de Grand Prix, au guidon d’une 125cc.
Et vous vous dites : “Mais qu’est-ce que je vais faire de tout cet espace ?”  Vous ne savez même pas quoi en faire !
Donc oui, cet endroit est phénoménal.
Et comme les garçons l’ont dit, avec une MotoGP, rouler ici, c’est quelque chose de vraiment particulier : vous avez un peu l’impression de danser avec la moto tout au long du tour, en essayant de gérer les mouvements, les wheelings, la façon dont la moto réagit au vent.
Vous ne pouvez jamais vraiment attaquer à 100 %. Vous êtes plutôt constamment en train de jouer avec la moto.
Et c’est justement ce qui rend ce circuit encore plus amusant à piloter. »

Au-delà du fait que le circuit soit si spécial, je vais poser la question à chacun d’entre vous, Raul, Marco et Jack. Phillip Island est un endroit unique : quels autres souvenirs particuliers allez-vous garder de ce lieu, quelque chose qu’on ne peut retrouver nulle part ailleurs ? Pas seulement le circuit, mais l’île elle-même.
« Oui, je pense que, comme les autres l’ont dit, c’est vraiment différent, presque à part du reste.
C’est assez étrange, parce qu’on dispute des Grands Prix partout dans le monde, mais la plupart du temps on est soit à l’hôtel, soit dans un motorhome, donc on finit par prendre ses habitudes.
Ici, c’est l’exception : on vit dans une maison.
Même pour des choses toutes simples, comme le savon par exemple, il peut ne pas y en avoir dans la maison, donc il faut penser à tout préparer soi-même.
C’est un peu particulier, mais en même temps c’est agréable parce que, comme ils l’ont dit, on va chez les autres, on se retrouve directement dans les maisons. On n’a pas besoin de se donner rendez-vous en bas, dans le hall d’un hôtel, ou ce genre de choses.
Je pense qu’ici, cela crée simplement une relation plus proche entre tout le monde.
Même par le passé, lorsqu’on venait ici pour des essais et ce genre de choses, il y a quelque chose de particulier au moment où l’on arrive sur l’île.
On a vraiment l’impression qu’elle se coupe du reste du monde autour d’elle… météo comprise ! »

Alors, votre traditionnel rassemblement va être encore plus énorme que d’habitude cette fois-ci, Jack ?
« Je ne sais pas si ça peut vraiment devenir encore plus gros ! À ce rythme-là, ils vont bientôt devoir faire intervenir la police ! »

Jack, qui pourrait être le prochain Jack Miller en MotoGP en termes de personnalité, puisque vous êtes le plus drôle ?
(rires) « Je ne sais pas si quelqu’un a vraiment envie de prendre ce rôle-là. C’est un peu comme être le clown de la classe : au fond, c’est surtout une longue liste de choses à ne pas faire, j’imagine !
Mais je ne sais pas, quelqu’un finira bien par arriver et prendre le relais, vous voyez ce que je veux dire. Il y a toujours quelqu’un, dans chaque génération, qui montre aussi un peu ce qu’il ne faut pas faire.
Ça a été une sacrée aventure. Comment j’ai réussi à rester ici pendant 12 ans, ça me dépasse encore, mais j’y suis arrivé.
Donc oui, j’ai eu de la chance. »

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