Moto GP
Publié le 22 octobre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP : Marc Marquez avait envisagé de créer un syndicat des pilotes… Oscar Haro révèle pourquoi le projet a échoué !

Marc Marquez avait envisagé de créer un syndicat des pilotes… Oscar Haro révèle pourquoi le projet a échoué !

Syndicat

Le nouveau format des Grands Prix 2027 continue de faire débat. Qualifications séparées pour le Sprint et le dimanche, réduction du roulage et suppression du warm-up : les pilotes devront modifier leurs habitudes en même temps qu’ils découvriront les nouvelles motos de 850 cc. Pour Oscar Haro, cette accumulation de changements révèle un problème plus profond : les pilotes ne disposent pas  de syndicat, d’une représentation collective suffisamment forte pour peser sur les décisions. Et Marc Marquez aurait déjà tenté de faire évoluer la situation.

Le MotoGP prépare sa plus importante transformation technique depuis des années. Mais derrière les moteurs de 850 cc et les pneumatiques Pirelli, une autre révolution se dessine : celle du déroulement des week-ends.

Deux séances qualificatives distinctes, moins de temps de roulage et disparition de l’échauffement du dimanche. Des changements qui concernent directement les pilotes. Pourtant, selon Oscar Haro, leur capacité à défendre une position commune reste insuffisante.

« Il nous faut une sorte de syndicat de pilotes »

Invité de l’émission de Nico Abad, l’ancien responsable du paddock a repris une idée qu’il défend depuis longtemps. « J’ai toujours dit qu’il nous fallait créer une sorte de syndicat de pilotes où ils auraient un pouvoir collectif. »

Le constat ne vise pas uniquement le règlement 2027. Il concerne la manière dont les décisions sont élaborées et discutées dans le championnat. Les pilotes peuvent exprimer leurs réserves individuellement, mais leurs intérêts divergent selon les équipes, les constructeurs et leur situation sportive. Sans position commune, leur influence demeure limitée.

Haro estime qu’une organisation représentative permettrait de mieux défendre les questions de sécurité, de calendrier et de conditions de travail.

Marquez aurait déjà envisagé de s’engager

Selon Haro, Marc Marquez avait lui-même manifesté son intérêt pour une telle initiative. « Marc s’était porté volontaire il y a quelques années, mais ils n’ont pas réussi à trouver un accord. » L’ancien responsable explique que les discussions n’avaient pas débouché sur une structure commune.

Un précédent révélateur des difficultés rencontrées lorsqu’il s’agit de rassembler des pilotes aux priorités différentes. Le sujet revient aujourd’hui avec une acuité particulière. Car le règlement 2027 ne modifie pas seulement les performances des motos. Il transforme également la préparation des courses.

Márquez

Moins de roulage et davantage d’enjeux en qualification

Le nouveau format prévoit des qualifications distinctes pour le Sprint et le Grand Prix. En parallèle, le temps total d’essais et de qualifications diminuerait de 35 minutes par week-end. La suppression du warm-up dominical constitue un autre changement sensible.

Francesco Bagnaia a déjà exprimé ses inquiétudes concernant les conséquences possibles sur la préparation et la sécurité. Pour les débutants, le problème pourrait être encore plus important. Ils devront découvrir simultanément les pneus Pirelli, les nouveaux prototypes et des procédures différentes, avec moins de temps disponible pour accumuler de l’expérience.

La réduction du roulage répondrait notamment à des considérations économiques, mais ses conséquences sportives ne seront pas identiques pour tous.

Être consulté individuellement ne signifie pas être entendu au travers d’un syndicat

Haro ne prétend pas que les pilotes n’ont jamais été interrogés. Il souligne plutôt leur difficulté à parler d’une seule voix. « Je pense que c’est stressant pour les pilotes, mais le fait est que même après les avoir consultés, ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord. »

C’est précisément le problème qu’une représentation collective pourrait tenter de résoudre. Une organisation structurée ne supprimerait pas les désaccords. Elle permettrait toutefois de définir des positions communes sur les sujets qui dépassent les intérêts d’une équipe particulière.

La sécurité des départs, les conditions de qualification ou la charge de travail pourraient ainsi être discutées avec davantage de cohérence.

Une révolution qui pose aussi la question du pouvoir

Les constructeurs cherchent à maîtriser leurs dépenses. Les organisateurs souhaitent préserver le spectacle. Les pilotes veulent disposer des conditions nécessaires pour courir efficacement et en sécurité.

Ces objectifs ne sont pas forcément incompatibles, mais ils peuvent entrer en concurrence. Et lorsque les décisions deviennent plus complexes, la question de la représentation prend une importance nouvelle.

Pour Oscar Haro, le MotoGP ne manque pas seulement d’un règlement capable d’organiser la compétition. Il manque d’une voix collective capable de défendre ceux qui prennent les risques.

En 2027, les pilotes changeront de moteurs, de pneus et de programme. Reste à savoir s’ils trouveront enfin le moyen de peser ensemble sur les décisions qui les concernent.

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