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Ce jeudi 27 janvier 2022 a eu lieu la présentation officielle des équipes MotoGP Red Bull KTM Factory Racing et Tech3 KTM Factory Racing qui alignent respectivement Brad Binder, Miguel Oliveira, Raúl Fernández et Remy Gardner sur des KTM RC16.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos de Miguel Oliveira, jeune papa, quelques jours avant son départ pour le test de Sepang qui débutera le 5 février.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Miguel Oliveira sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais.


 

Miguel, comment s’est déroulée cette trêve hivernale ? Vous sentez-vous prêt pour cette nouvelle saison qui s’annonce ?

« Les vacances étaient bien. Bien sûr, c’était particulier avec un nouveau membre dans la famille. C’était à la fois différent et exigeant, mais excitant. C’était bien ! Une dynamique différente pour s’entraîner, en particulier avec des horaires différents pour s’entraîner et se reposer, mais j’ai réussi à bien gérer ça et j’ai pu passer beaucoup de temps avec mes deux femmes, ce qui était l’objectif premier puisque la saison va être très longue et très chargée. Et l’entraînement était bien et jusqu’à présent j’ai pu faire ce que je voulais faire, avec un bon équilibre entre du temps passé en piste et à la maison, ce qui était bien : maintenant je me sens prêt ! La semaine prochaine, on va commencer à voyager et nous espérons avant tout pouvoir arriver en Malaisie, puis y faire un bon test. »

Quels sont les objectifs pour cette année ?

« Je dirais la régularité. Il est vrai qu’à certains moments clés du championnat je n’ai pas pu finir les courses, et deux grands exemples en sont la seconde course en Autriche et à Misano-2 alors que les résultats auraient pu être plutôt bons. L’autre chose est la régularité pure des résultats : finir les courses rapporte beaucoup à la fin du championnat, et c’est bien sûr la raison principale pour laquelle la régularité doit être améliorée. »

« Comme je l’ai dit à la présentation, il n’est jamais facile d’aller à la limite sans chuter, mais j’ai trouvé que ma saison était trop en dents de scie : soit mes résultats étaient très bons, soit ils étaient très mauvais ! Il n’y avait jamais de juste milieu. C’est ça que je recherche, cet équilibre que je dois davantage trouver avec la moto. Quand j’étais bien sur la moto, j’étais très rapide et je pouvais obtenir un très bon résultat, mais quand je ne me sentais pas très bien avec la moto, je ne pouvais même pas être moyen, et c’est la vraie lacune de ma saison. Donc sur le papier et en théorie, c’est facile à dire, mais je dois me sentir à l’aise et comme chez moi sur la moto, et nous devons déjà commencer à travailler dès le test pour profiter de ces courts cinq jours que nous avons pour régler la moto mais pour commencer en douceur le championnat et trouver la vitesse et le rythme. »

« Ma saison a été trop en dents de scie »

Où se situe votre niveau de confiance pour cette saison, et que pensez-vous de la moto d’un point de vue technique ?

« Je suis confiant pour de nombreuses raisons. Je pense que l’année difficile que nous avons connue signifie que nous pourrons seulement avoir une meilleure saison, donc c’est quelque chose qui me rend optimiste et impatient quant à l’avenir. Techniquement, la moto connaît bien sûr quelques petits changements, quelques évolutions, en termes de matériel de la moto, et bien sûr la principale chose que nous voulons améliorer se situe dans les réglages. Il y a encore beaucoup de marge pour trouver de la vitesse, pour trouver davantage de régularité en course avec l’ensemble correct. Nous savons que cinq jours, dont trois sur un nouveau circuit, ne sont peut-être pas suffisants pour trouver cela, et je pense que nous devrons utiliser les premières courses pour fournir notre meilleure performance, que ce soit moi ou mon équipe technique. »

Les petits changements dont vous parlez peuvent-ils faire une grosse différence ?

« D’après ce que nous avons vu, et en particulier durant la seconde partie de saison, nos adversaires ont élevé le niveau, en particulier Ducati. Cela a donc rendu les choses encore plus difficiles à suivre. Je pense qu’il y a quelques petits changements qui peuvent se traduire en de bien meilleurs résultats. Je pense que l’année dernière cela a été l’une des saisons dans laquelle les progrès ne se sont pas traduits dans les résultats. Il y a eu des progrès mais nous n’avons pas vraiment pu les voir dans les résultats. Il y a eu des manques pour finaliser les courses et obtenir les résultats finaux. Vu de l’extérieur, c’est un peu ma perspective mais bien sûr une moto qui n’est jamais parfaite et nous voudrons toujours travailler sur les défauts, mais je suis confiant de pouvoir faire du bon travail avec ce package. »

« L’année dernière, nos progrès ne se sont pas traduits en résultats »

Cela fait maintenant une année que vous êtes avec le team d’usine KTM. Cela a-t-il aidé pour la préparation hivernale ?

« Connaître l’équipe technique, bien sûr, cela aide quand vous préparez la saison car vous pouvez travailler de façon plus proche et plus ouverte avec toutes les personnes. Mais je dirais que cette dynamique est davantage liée à un circuit, car hors des circuits durant l’intersaison bien sûr nous parlons et nous restons en contact, mais ce n’est pas le travail profitable à l’intérieur du box. La dynamique se perd quand vous êtes éloignés les uns des autres, et c’est normal. Donc je dirais qu’en se rendant aux tests les choses seront bien sûr différentes, et je pense que cela va beaucoup s’accélérer en travaillant dans le box. »

 

Miguel, la vidéo de lancement diffusée par KTM hier matin mentionnait à sa toute fin quatre qualificatifs : « avide, fort, fier et prêt » pour expliciter l’état d’esprit de l’équipe à l’orée de la saison 2022. Partagez-vous ces notions ?

« Je pense que tous les pilotes peuvent s’identifier à ces quatre qualificatifs. La notion de fierté en particulier est probablement celle à laquelle nous sommes tous le plus liés, car typiquement dans mon cas le fait d’être le seul Portugais sur la grille me procure une sensation très spéciale. »

Vous venez de déclarer que la saison 2021 avait été en dents de scie pour vous, ce qui tranche avec vos parcours passés en Moto3 et Moto2 où vous étiez très régulier. Ce manque de constance dont vous parlez, pensez-vous qu’il soit le résultat d’un manque de confiance ou de tout autre chose ?

« Tout d’abord je dirais que ce qui ne m’a pas aidé c’est ma blessure au poignet survenue après la trêve estivale. Je n’ai pas tout de suite ressenti les difficultés qu’allait me poser cette blessure en Autriche, car le Red Bull Ring est un circuit atypique, en format « stop-and-go ». Mais là où j’ai commencé à souffrir, c’est à Silverstone : c’est là que j’ai compris à quel point cette blessure allait me limiter. »

« Quand j’ai fini hors des points à Silverstone, alors que ma blessure remontait déjà à trois semaines, j’ai pris conscience que j’allais avoir beaucoup de chemin à parcourir. C’était très difficile psychologiquement, car j’avais une réelle envie d’aller de l’avant, mais dans les faits je ne pouvais pas. Sans compter qu’avec le niveau de compétition en MotoGP, le moindre déficit de performance et vous voilà 16, 17 ou 18e. Je ne pouvais alors qu’espérer qu’il y ait des accidents et abandons devant moi pour finir dans les points, et je peux vous dire que c’est très difficile de prendre part à une course dans ce contexte. »

« Quand vous débutez une course MotoGP en fond de grille, c’est difficile de parvenir à un résultat, car vous êtes plus sujet à faire des erreurs, à entrer en contact avec d’autres gars, vous perdez pas mal de temps. Je pense que cela a beaucoup joué dans ma régularité lors de la seconde partie de saison. »

Votre blessure est-elle au moins complétement guérie désormais ?

« Oui, tout à fait. »

 

2021 a vu l’arrivée chez KTM de l’ingénieur Fabiano Sterlacchini, en provenance de Ducati. Vous avez travaillé avec lui lors des essais de Misano et de Jerez, et bien entendu sur toute la seconde partie de saison. Est-ce qu’il a d’ores et déjà pu vous aider à améliorer votre pilotage, notamment en virage ?

« Fabiano a été un excellent recrutement pour notre équipe technique. Il a été d’une grande aide pour nous jusqu’ici, mais nous avons encore besoin d’un peu de temps pour percevoir les résultats concrets de sa collaboration. Il faut qu’il soit encore davantage impliqué dans le projet pour bien comprendre ce dont la moto a besoin et ce que les pilotes demandent, cela afin de déterminer quelles solutions apporter. Si je devais résumer, je dirais que nous avons beaucoup discuté mais qu’il nous faut encore du temps pour voir le résultat de ce travail, mais je ne doute pas qu’il va constituer un atout indéniable pour nous. »

Si vous parvenez à renouer avec votre régularité d’antan, pensez-vous pouvoir vous battre pour le titre dès cette saison ?

« Je pense que nous devons y aller étape par étape, pour le moment je souhaite exclusivement me concentrer sur ma régularité. Ensuite, nous verrons comment tout cela se présente à la mi-saison et nous ajusterons éventuellement nos objectifs. »

« Pour le moment, je souhaite exclusivement me concentrer sur ma régularité »

Vous avez beaucoup parlé de vos axes de progression en tant que pilote, mais qu’en est-il au niveau de la moto ? Il ne devrait en effet pas y avoir beaucoup d’améliorations majeures sur la RC16 cette année, les progrès devront donc essentiellement être liés aux réglages…

« Ce qui a vraiment compromis nos résultats lors de la seconde partie de saison 2021, c’est notre manque de rythme sur un tour, qui nous a empêché de faire de bonnes qualifications et par voie de conséquence de bonnes courses. Bien sûr, l’apport de nouvelles pièces devraient nous permettre de trouver plus de vitesse avec la moto mais nous avons l’intime conviction qu’il nous reste encore des choses à exploiter dans nos réglages. »

« Il ne faut pas perdre non plus de vue qu’en 2021 nous avons piloté certes sur plus de pistes qu’en 2020, mais toujours pas sur l’intégralité des circuits du championnat. Nous ne sommes pas allés en effet en Malaisie, à Motegi ou bien encore en Australie. Cela fait beaucoup d’endroits où la piste est complétement différente. Je pense que c’est quelque chose qu’il faut prendre en compte, notamment quand on parle de la direction technique à donner à la moto. »

Votre famille s’est agrandie cet hiver. Comment allez-vous parvenir à concilier cela avec l’extension du calendrier à 21 courses ? Ce programme à rallonge a déjà amené des commentateurs TV, tels que Steve Day (commentateur pour le site MotoGP.com) et David Dumain (Canal +) à raccrocher avant cette saison…

« Cela fait partie du métier… regardez les chauffeurs routiers… ils partent sur les routes pendant deux semaines, puis ils reviennent chez eux avant de repartir encore pour deux semaines. Je pense que dans notre cas nous sommes privilégiés car nous avons tout de même suffisamment de temps à disposition pour profiter de nos familles. Et puis l’important n’est pas vraiment la durée passée avec nos proches, mais la qualité du temps que nous pouvons leur consacrer. Quand je suis avec ma famille, je suis totalement disponible, et c’est le principal. Vous savez, beaucoup de parents passent pas mal de temps avec leurs enfants mais ils ne savent même pas ce qu’ils font en dehors de la maison, donc bon… Après, peut-être que je vais changer d’opinion après cette saison mais pour le moment depuis 2011 où je passe mon temps à parcourir le monde cela ne m’a pas posé de problème insurmontable. »

 

Pensez-vous que ce qui vous a handicapé l’an dernier fut peut-être le pneu avant, pour lequel vous n’avez jamais vraiment été en mesure de chausser le mélange le plus tendre comme la plupart des autres pilotes ?

« Je ne dirais pas que ce fut mon problème principal, mais c’est vrai que j’ai été assez sensible aux problèmes de pression sur le pneu avant. Tout cela était lié au conditionnement du pneu avant qu’il soit monté, ainsi qu’aux réglages de la moto. Ce sont donc les deux points sur lesquels nous devons travailler afin que je puisse mieux stopper la moto et la forcer à prendre mieux les virages, sans être autant sensible aux effets de la pression et de la température. »

Pour revenir à votre blessure au poignet l’an dernier : celle-ci a-t-elle été guérie avant la fin de la saison ?

« Je me souviens que la première fois où je n’ai plus eu de douleurs, ce fut à Austin, donc à partir de cette manche je dirais que je n’avais effectivement plus de problème avec mon poignet. »

Comment s’est déroulé votre premier contact avec Francesco Guidotti ? Pensez-vous qu’il s’agisse de la bonne personne pour votre équipe ?

« Je ne pourrai donner une réponse valable à cette question qu’après avoir travaillé avec lui ! Je l’ai bien sûr déjà rencontré en Autriche, aux mois de juin et d’août de l’an dernier, et nous avons alors discuté de la moto. Il m’a l’air d’être une personne très impliquée, très ouverte auprès des pilotes, ce qui est une chose vraiment positive. Je suis sûr que cela va payer à l’avenir. »

L’équipe Tech3 affiche un tout nouveau duo de pilotes pour 2022, à savoir le Champion du monde Moto2 2021 Remy Gardner et son dauphin Raúl Fernández. Pensez-vous qu’ils vont pouvoir vous aider à développer la moto, quand bien même il s’agit de deux rookies ?

« Je pense que c’est juste une question de temps, ils parviendront bien à nous rejoindre en termes de performance et c’est quelque chose de normal. Ce sont deux pilotes très forts, et nous avons pu constater que Raúl par exemple parvient à trouver la limite plus rapidement, ce qui laisse sous-entendre qu’il pourrait être dans le coup dès le début de la saison. Je pense que c’est une bonne chose que d’avoir ces deux pilotes rapides dans nos rangs, car on va tous pouvoir apprendre les uns des autres. Ils vont nous mettre la pression, et nous forcer à être encore plus rapides, donc c’est forcément positif. »

« Gardner et Fernández vont nous mettre la pression, et nous forcer à être encore plus rapides »

 

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