Faire rouler des prototypes de près de 300 chevaux à 340 km/h entre des trottoirs, des parcs et des murs urbains ? À première vue, l’annonce d’un Grand Prix MotoGP dans les rues d’Adélaïde ressemble à une provocation. Une hérésie pour les puristes. Une prise de risque insensée pour les sceptiques. Mais Aleix Espargaró a décidé de prendre le contrepied total de la polémique. Et son discours va faire grincer des dents.
Pour beaucoup, Phillip Island est sacré. Rapide, spectaculaire, mythique. Mais Espargaró ne veut plus se laisser guider par la nostalgie.
Sur son compte X, il a été direct : « c’est circuit super amusant, mais en même temps, pour de nombreuses raisons, c’est l’un des plus dangereux du calendrier ; chaque année, la situation empire… »
Une phrase lourde de sens. Les pilotes évoquent régulièrement les problèmes de sécurité en Commission, mais rarement aussi frontalement en public. Selon Aleix, le plaisir pur de rouler là-bas ne compense plus le niveau de risque croissant.
La réaction d’Espargaró répondait à un commentaire de l’ancien pilote Alex Hofmann, qui voyait en Adélaïde une opportunité logique : grande ville, espaces verts vastes, potentiel d’investissement.
Aleix a applaudi : « enfin quelqu’un de sensé et ouvert d’esprit, qui analyse réellement les choses au lieu de critiquer le fait de quitter l’un des circuits les plus dangereux du calendrier » Le ton est clair : il faut arrêter de diaboliser le changement par principe.

Un circuit urbain… mais pas Monaco rappelle Aleix Espargaró
Les images des V8 Supercars rebondissant contre les murs en béton ont alimenté la peur. Moto + mur = catastrophe. Mais Aleix Espargaró appelle au calme : « ce n’est pas un circuit urbain comme on l’imagine tous, comme Monaco en F1… »
Selon lui, le projet MotoGP ne consistera pas à adapter un tracé existant tel quel. Il sera repensé avec des zones de dégagement comparables – voire supérieures – à celles de certains circuits permanents. Et il cite explicitement le dernier virage de Phillip Island comme point de comparaison.
Aleix rappelle un principe fondamental : « le MotoGP sait que nous, les pilotes, ne prendrons pas la piste s’il n’y a pas de zones de dégagement adéquates, comme sur un circuit normal. »
C’est l’argument massue. Aucune course ne se tiendra sans validation totale des pilotes. Et avec un concept aussi inédit – premier circuit urbain MotoGP moderne – chaque détail sera disséqué.
Il insiste : « qui a dit qu’ils allaient courir sur ce circuit exactement tel quel ? Je suis sûr qu’il y aura des zones de dégagement aussi grandes, voire plus grandes, que sur n’importe quel circuit actuel ! » Le message est simple : ce que l’on voit aujourd’hui ne sera pas la version 2027.
La polémique dépasse le simple tracé. Elle pose une question plus profonde : Le MotoGP doit-il rester ancré dans ses temples historiques ou évoluer vers des formats urbains plus spectaculaires et attractifs ?
Phillip Island représente l’ADN classique. Adélaïde incarne la nouvelle ère. Aleix, lui, a choisi son camp : l’innovation, à condition que la sécurité soit irréprochable.
Sur le papier, un circuit urbain semble plus dangereux. Dans les faits, tout dépendra du design, des zones de dégagement, des vitesses maximales autorisées et des investissements réalisés.
Le MotoGP ne peut pas se permettre une erreur.
Et les pilotes, comme l’a rappelé Espargaró, ne prendront pas le départ si les garanties ne sont pas absolues.
Alors : peut-on concevoir un circuit urbain plus sûr qu’un tracé permanent vieillissant ? En 2027, la réponse sera donnée sur l’asphalte d’Adélaïde. Et le débat, lui, ne fait que commencer.

































