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Avant la course des MotoGP à Assen, nous avons pu de nouveau converser avec Nicolas Goubert, Directeur Adjoint et Directeur technique de la compétition chez Michelin.

Nous sommes revenus sur la dernière course, à Barcelone, en constatant le positif mais également en s’interrogeant sur les phénomènes apparus, que ce soit le graining évoqué par Jorge Lorenzo, que nous avons traité dans une première partie, ou les plaintes de Dovizioso quant à son pneu arrière….

2016 course

Barcelone a été le lieu d’un rythme un peu lent en fin de course, mais pas de chute lors de celle-ci, contre sept l’année dernière; en tirez-vous un bilan positif?

Nicolas Goubert: « Barcelone a été une course disputée, pratiquement jusqu’au denier tour. Cela a donc été un beau spectacle et, au niveau des pneus avant, une satisfaction puisque, comme vous le dîtes, nous n’avons déploré aucune chute en course. »

Est-ce le fruit du hasard, que l’on ait une piste à faible adhérence, mais que les pilotes arrivent à suffisamment contrôler pour que personne ne tombe?

« Fruit du hasard, non. Si vous voulez, ce qui se passe depuis le début de la saison, c’est qu’il y a l’effet d’habitude qu’ont maintenant les pilotes à piloter sur nos produits. Il y a aussi l’effet de l’adaptation des réglages des motos à ces pneus. Et puis, il y a également l’effet que nous arrivons de mieux en mieux à cerner les besoins des pilotes, et donc qu’on continue à faire évoluer nos produits. Ces trois facteurs réunis font qu’ils y a de moins en moins de chutes. Alors parfois ça fluctue bien sûr un petit peu en fonction des circuits, mais globalement, on peut dire que depuis Jerez, il y a eu peu de chutes. Même si au Mans, c’était équivalent, à Jerez, au Mugello et à Barcelone, on a eu moins de chutes que l’année dernière sur le week-end.
les trois actions dont nous venons de parler se passent en même temps et donc la situation s’améliore de façon très positive. »

On a vu des images extraordinaires de Marc Marquez rattraper une très grosse perte de l’avant…

« Oui, effectivement; il fait une erreur sur sa trajectoire, ou il freine trop fort, ou trop tard, peu importe, et malgré cela, il arrive à rattraper sans se mettre par terre, et ça c’est effectivement très positif. »

Un peu moins positif, on a eu quelques récriminations de certains pilotes Ducati concernant l’arrière…

« Oui… Alors effectivement, sur l’arrière on avait fait un choix un peu Soft et il  y a eu une usure assez rapide des pneus arrière, sans trop de conséquence sur pas mal de pilotes. Ceux qui ont souffert sont ceux qui glissent plus, et ont peut-être des motos moins évoluées. En clair, le constat est que ce sont surtout les privés en Ducati qui ont souffert. »

Certes, mais même Dovizioso a déclaré qu’il avait été handicapé par son pneu arrière…

« Oui. mais je le mets entre parenthèses, parce que…. (silence) on va dire que son moral influence beaucoup ses résultats et ses commentaires. Et son coéquipier n’avait pas l’air d’être gêné puisqu’il roulait vite et qu’il est remonté… Enfin bref, on va mettre un petit peu Dovizioso entre parenthèses. Mais il reste vrai que les Ducati non-officielles ont souffert alors que d’autres ont pu bien mieux ménager leurs pneus. On peut citer Aprilia, et ça m’a fait plaisir de les voir là, en 8e position. Quelque part, ils sont moins exigeant sur les pneus que les Ducati non-officielles et ils ont fait une belle course. »

Est-ce lié à la puissance du moteur, puisqu’on connaît le déficit d’Aprilia en la matière?

« Pas forcément la puissance, puisque vous avez vu que Rossi et Marquez, même si on n’était pas irréprochable en constance, sont restés performants en fin de course. Pedrosa également, même s’il suivait un peu à distance; il est resté performant.
Non, je pense que c’est plus sur le pilotage et puis peut-être les réglages électroniques. Et forcément, il n’y a pas les mêmes moyens en la matière dans les teams privés. Mais le pilotage joue beaucoup également. »

Le test du lundi s’est révélé positif…

« Oui, il y a eu pas mal de travail, surtout sur les pneus arrière. On avait pas mal de pneus arrière dans le but d’améliorer la traction et de diminuer le patinage. Puisque, c’est normal, les pilotes veulent toujours plus de traction (rires). On avait donc trois variantes qui ont été jugées toutes les trois supérieures à la référence. Il faut encore que l’on fasse des tests complémentaires en interne pour savoir si on peut les introduire sur la distance de course, sur des circuits plus sollicitants, etc.
Donc on n’a pas encore pris de décision pour savoir quand on les mettrait à disposition en course. »

Donc pas forcément à Assen?

« Non, pas à Assen; ça c’est sûr. »

Mais ils sont quand même très alléchants, ces pneus, puisqu’ils ont permis à Cal Crutchlow de faire un excellent temps avec un moteur usé et, de plus, sans s’en apercevoir…

« (Rires) Oui, il a effectivement fait un très bon temps, mais il faut que l’on prenne toutes les précautions nécessaires avant de les mettre en course. »

Ils sont basés sur une nouvelle structure, n’est-ce pas?

« Oui… »