La Formule 1 n’a jamais été aussi populaire. Résultat : tout le monde veut sa place au calendrier. Villes, États, pays entiers frappent à la porte. Mais la réponse de la F1 est claire, nette… et frustrante pour beaucoup. Le PDG du groupe Formula One, Stefano Domenicali, a déjà tranché : pas question de dépasser 24 Grands Prix par saison. La limite est atteinte. Rideau. Enfin… pas tout à fait.
Si la F1 refuse d’allonger le calendrier, elle cherche néanmoins à augmenter le spectacle. Comment ? En sacrifiant progressivement les séances d’essais au profit de davantage de courses sprint. Moins de roulage “inutile”, plus d’action, plus de tension, plus de contenu télévisuel. Le message est limpide : chaque minute de piste doit compter.
Le calendrier F1 est actuellement en pleine mutation, et certaines décisions ont déjà fait grincer des dents. Imola disparaîtra en 2026, Zandvoort devrait suivre dès l’année suivante.
Un symbole fort : l’Europe historique recule, pendant que la F1 regarde ailleurs.
À la surprise générale, le retour du Grand Prix du Portugal en 2027 a été confirmé, sous la forme d’un système de rotation, rappelant l’ancien Grand Prix d’Europe. Une solution hybride, permettant de satisfaire plusieurs destinations… sans augmenter le nombre total de courses.

Le calendrier se transforme… et l’Europe recule tandis que l’Asie revient au centre du jeu
Mais c’est surtout l’Asie qui attise l’enthousiasme des dirigeants. Un continent clé pour la croissance future de la F1.
Dans le podcast James Allen on F1, Louise Young, directrice de la promotion des courses, a été très claire : « Oui, nous pensons qu’il existe une opportunité de croissance en Asie. »
Elle précise : « Ainsi, outre le Japon, la Chine, l’Australie et Singapour, nous espérons ajouter peut-être une autre destination en Asie. »
Et sans détour : « La Thaïlande s’est, oui, impliquée haut et fort dans ces discussions. D’autres pays de la région agissent plus discrètement, mais oui, nous pensons qu’il existe encore une opportunité. »
Et puis il y a la Corée du Sud. Un retour qui obsède Domenicali. James Allen le confirme lui-même : « Oui, je sais que Stefano est également très intéressé par la Corée, ce qui est tout à fait logique. »
La ville d’Incheon serait particulièrement motivée pour accueillir une course. Jusqu’ici, les quatre Grands Prix coréens (2010–2013) s’étaient tous tenus sur le Korea International Circuit, à Yeongam.
Un détail qui n’en est pas un : un seul pilote est monté sur la plus haute marche du podium en Corée du Sud. Son nom ? Sebastian Vettel.
Et son équipe de l’époque ? Red Bull Racing, qui a remporté les quatre courses coréennes. Autant dire qu’un retour à Séoul ou Incheon ferait saliver plus d’un paddock.
Autre marché clé, autre limite stricte : les États-Unis. Malgré une croissance fulgurante sur la dernière décennie, la F1 ne veut pas dépasser trois Grands Prix américains.
Un choix presque ironique quand on se souvient du fiasco du Grand Prix des États-Unis 2005, où seules six voitures avaient pris le départ à Indianapolis. À l’époque, beaucoup pensaient la F1 définitivement grillée outre-Atlantique.
Aujourd’hui, elle triomphe à Miami Grand Prix, United States Grand Prix à Austin, Las Vegas Grand Prix, vitrine spectaculaire gérée directement par la F1.
Interrogée sur une éventuelle quatrième course américaine, Louise Young a calmé le jeu : « Nous évoquons aussi le fait que nous en avons six en Amérique du Nord et du Sud si l’on prend en compte Montréal, São Paulo et le Mexique. »
Elle poursuit : « Pour le moment, nous venons de renouveler le contrat d’Austin jusqu’en 2034. Vegas est notre propre pari, et Miami a un contrat à long terme. »
Conclusion sans appel : « Il y a probablement d’autres destinations aux États-Unis qui seraient intéressées, mais la question est alors de savoir à quel prix, et quel autre événement devrait céder la place. »
Chicago a manifesté son intérêt. New York City a même déjà évoqué un projet auprès de Liberty Media, selon Autosport. Mais avec Miami et Austin verrouillés par des contrats longue durée et Las Vegas sous contrôle direct de la F1, l’équation semble insoluble.
La Formule 1 ne s’étendra pas. Mais elle se réinvente. Moins d’Europe traditionnelle, plus d’Asie stratégique. Pas plus de courses, mais plus de spectacle. Un calendrier figé sur le papier… et en perpétuel mouvement en réalité.
Le message est clair : entrer en F1 n’a jamais été aussi difficile. En sortir, en revanche, n’a jamais été aussi rapide.
































