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La Formule 1 n’a pas encore entamé sa révolution technique que la tempête gronde déjà. Malgré une nouvelle réunion entre la FIA, la F1 et les motoristes, les doutes entourant le moteur Mercedes persistent. Pire : le flou réglementaire fait désormais planer la menace d’un conflit juridique et d’un début de saison sous haute tension.

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Une faille réglementaire qui refuse de se refermer pour la FIA

Depuis la fin de la saison 2025 et le sacre de Lando Norris à Abu Dhabi, le paddock bruisse d’une même rumeur : Mercedes aurait découvert une astuce permettant d’optimiser le taux de compression de son V6 hybride en conditions de fonctionnement, là où la réglementation ne prévoit qu’un contrôle à froid.

Dans un moteur classique, la montée en température entraîne une baisse naturelle du taux de compression. Les ingénieurs de Brixworth seraient parvenus à contourner cet effet, maintenant un ratio proche de 18:1 à chaud, alors que la limite réglementaire actuelle est fixée à 16,7:1 à froid pour garantir 16,1:1 en course.

Un gain potentiel estimé à 15 chevaux, soit près de 0,3 seconde au tour. Suffisant pour déséquilibrer une grille entière.

Jeudi 22 janvier 2026, une réunion réunissant motoristes, FIA et FOM devait clarifier la situation. Elle n’a fait que l’envenimer. Selon plusieurs sources, la FIA envisage désormais un nouveau système de mesure à chaud, reconnaissant implicitement que les contrôles actuels sont insuffisants.

Mais aucun calendrier n’a été communiqué. Une incertitude lourde de conséquences, alors que les moteurs sont déjà figés et que modifier une architecture aussi complexe en quelques semaines est irréaliste, comme l’ont reconnu plusieurs constructeurs, Audi en tête.

Consciente du danger, la FIA a tenté d’éteindre l’incendie par la voix de Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces.

« Quand les gens sont extrêmement compétitifs, cela crée parfois un aveuglement. Certains présentent leur point de vue comme la seule vérité », a-t-il confié à Reuters.

Mais derrière le ton apaisant, l’inquiétude est réelle :

« Notre priorité absolue est d’éviter toute polémique. Nous voulons nous concentrer sur la course, pas nous retrouver devant les tribunaux après la première manche. »

Un aveu rare, qui souligne la gravité de la situation.

Le problème dépasse Mercedes seule. Le motoriste allemand équipera McLaren, Williams et Alpine en 2026, amplifiant l’impact potentiel de cette interprétation technique.

Chez Audi, Mattia Binotto n’a pas caché sa frustration, reconnaissant à Berlin qu’il est impossible de s’aligner rapidement sur une solution déjà intégrée. Aston Martin, désormais motorisée par Honda et guidée par Adrian Newey, serait également très remontée.

À six semaines du Grand Prix d’Australie (8 mars), le scénario redouté par la FIA se précise : réclamations dès la manche inaugurale, débats juridiques, et lancement de la nouvelle ère sous un nuage politique.

La Formule 1 espérait une transition spectaculaire et pédagogique vers 2026. Elle pourrait finalement débuter dans la confusion, la contestation… et les avocats.

Une chose est sûre : le feuilleton du moteur Mercedes est devenu le premier grand scandale potentiel de l’ère 2026. Et il est loin d’être clos.