À l’aube de la révolution réglementaire de la Formule 1 en 2026, une question obsède le paddock : où se jouera réellement la hiérarchie des performances ? Si la FIA estime que le moteur à combustion interne (MCI) sera l’élément clé, Red Bull adopte une lecture plus nuancée et potentiellement plus inquiétante.

Red Bull nuance l’analyse de la FIA
Ben Hodgkinson, directeur de Red Bull Ford Powertrains, partage en partie l’analyse de l’instance dirigeante. Malgré l’augmentation significative de la part électrique dans les nouveaux groupes motopropulseurs, il estime que le MCI restera le principal facteur de différenciation côté motorisation. Les systèmes électriques, eux, devraient rapidement converger vers une efficacité quasi parfaite.
« Du côté de l’électronique de puissance et des moteurs électriques, tout le monde atteindra environ 99 % de rendement », explique Hodgkinson. Les écarts se joueront donc ailleurs, notamment dans la combustion, fortement dépendante du carburant durable un domaine dans lequel Red Bull s’appuie sur l’expertise d’ExxonMobil.
Pour autant, Hodgkinson se veut rassurant sur un point majeur : 2026 ne devrait pas reproduire le choc technologique de 2014. À l’époque, Mercedes avait pris une avance écrasante grâce à son unité de puissance hybride, condamnant ses rivaux à plusieurs saisons de domination sans partage. Cette fois, la FIA a conçu les règles pour éviter un tel déséquilibre structurel : disparition du MGU-H, plafonnement du taux de compression, limitations de suralimentation et architecture moteur inchangée.
Mais c’est précisément ici que Red Bull nuance l’optimisme ambiant.
Selon Hodgkinson, le vrai risque d’un « effet 2014 » pourrait ne pas venir du moteur, mais de l’aérodynamique. La refonte complète des monoplaces, bien plus radicale que celle de 2022, ouvre la porte à des interprétations divergentes et à des écarts de performance significatifs dès le début du cycle réglementaire.
« Ce n’est pas seulement un nouveau groupe motopropulseur, c’est une voiture entièrement nouvelle », rappelle-t-il. Contrairement aux moteurs, aujourd’hui très encadrés, l’aérodynamique laisse davantage de liberté et donc davantage de marge pour creuser un avantage décisif.
La FIA s’attend à une convergence progressive au fil de la saison, comme en 2022. Mais Red Bull reste prudente. Si une équipe lit mieux et plus vite les nouvelles règles aérodynamiques, le risque d’une domination précoce existe bel et bien.
En 2026, la F1 pourrait ne pas revivre 2014… sauf si l’aérodynamique en décide autrement.
































