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Alpine

Sur RMC, la voix était posée… mais chargée d’histoire. Après 50 ans d’épopée vécue avec Renault, Jean-Luc Roy a livré une analyse à la fois technique et viscérale de l’équipe Alpine autrefois liée à Renault — aujourd’hui structure britannique motorisée par Mercedes-Benz. Et le constat est sans détour. « Il n’y a plus de cœur qui bat, il n’y a plus de moteur Renault pour moi. » Et il n’y pas plus d’âme tricolore dedans …

Jean Luc Roy ne prend pas de gants : « appelé Alpine ou Machepro ou ce qu’on veut ou Schmoldu, pour moi c’est pareil, c’est un nom de baptême. Il n’y a plus de cœur qui bat, il n’y a plus de moteur Renault pour moi, je suis désolé. Là aussi chacun juge avec ce qu’il a vécu. Moi j’ai vécu toute l’épopée de Renault pendant 50 ans, je veux dire c’était quelque chose. Là c’est une écurie britannique avec un moteur allemand, enfin britannico-allemand, donc c’est une écurie différente. Alors effectivement il y a encore heureusement un pilote français, c’est à peu près tout ce qui reste de français dans l’écurie ».

Le nom d’Alpine, pourtant chargé d’émotion et de récit français dans le sport-automobile, est ici qualifié de simple “nom de baptême”, et ne suffit pas à recréer une identité. Pour Roy, l’ADN d’une écurie ne repose pas sur une appellation marketing mais sur une continuité technique, humaine et symbolique.

Aujourd’hui, l’équipe est britannique dans sa structure, motorisée par un moteur allemand et déconnectée de son héritage Renault. Seul vestige français ? La présence d’un pilote tricolore : Pierre Gasly.

« Là aussi chacun juge avec ce qu’il a vécu. » C’est une phrase clé. L’analyse est nourrie par un demi-siècle de mémoire.

Sur le plan strictement technique, Roy reconnaît l’évidence : un moteur Mercedes est, en théorie, une arme redoutable.

Mais il tempère immédiatement : « le moteur ne suffit pas : il faut que tout le reste fonctionne. » En Formule 1, la performance est systémique. Châssis. Aérodynamique. Intégration. Stratégie. Management. Un moteur performant mal intégré ne crée pas une voiture gagnante. L’histoire récente l’a déjà démontré.

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« Alpine ? Tout ça était une préparation pour la vente de l’équipe »

Au-delà de la mécanique, Roy insiste sur la cohérence organisationnelle. Sans direction claire, sans stabilité structurelle, même le meilleur moteur ne compense pas un projet mal aligné. Il ne parle pas seulement de performance. Il parle de vision.

C’est là que l’intervention prend une dimension stratégique. « Je crains, et je le crains depuis l’an dernier, que tout ça était une préparation pour la vente de l’équipe. »

Restructuration. Changement d’identité. Motorisation externe. Pour Roy, ces éléments pourraient être les signes d’une mise en valeur préalable à une cession. Aucune preuve formelle. Mais un sentiment persistant.

Il ne s’agit pas d’un rejet total. Roy souhaite des succès à l’équipe. Mais son regard est celui d’un témoin de l’ère Renault turbo, des titres, de l’innovation française. Pour lui, l’identité d’une écurie ne se résume pas à un badge.

Elle vit à travers une continuité technique, une culture, une ambition incarnée. Aujourd’hui, l’équipe est performante sur le papier grâce au moteur Mercedes. Mais son âme, selon Roy, reste à redéfinir.

Et tant que le projet global ne sera pas clarifié, la question persistera : cette transformation prépare-t-elle un renouveau… ou une sortie discrète du jeu F1 ?

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