pub

Newey

Première monoplace conçue intégralement par Adrian Newey hors Red Bull depuis près de vingt ans, l’Aston Martin F1 Team AMR26 intrigue autant qu’elle inquiète. Radical dans ses choix, le projet 2026 relance le débat éternel autour du génie… et des risques assumés par Newey.

Aston Martin

Un retour aux sources pour Adrian Newey

Pour la première fois depuis son retrait partiel de la F1 en 2018, Newey signe une voiture de bout en bout. Après des années consacrées en partie au projet Valkyrie, l’ingénieur britannique retrouve une liberté totale. Résultat : une AMR26 immédiatement qualifiée d’« extrême », rappelant la Mercedes à cockpit zéro de 2022.

La livrée noire intégrale vue à Barcelone n’était pas qu’un choix esthétique : elle visait aussi à masquer des solutions aérodynamiques et mécaniques audacieuses, notamment au niveau des suspensions.

Les triangles de suspension, très hauts à l’avant comme à l’arrière, trahissent une obsession : réduire la traînée aérodynamique, facteur clé du règlement 2026. Newey avait déjà fait la différence en 2022 chez Red Bull en anticipant le marsouinage.
Mais en 2026, l’équation change : l’aérodynamique pure et l’efficacité globale primeront davantage que la suspension seule.

Si l’ AMR26 évoque le concept de cabine « zéro », elle n’en adopte pas totalement les codes. L’entrée d’air reste classique en largeur, mais extrêmement fine verticalement. Le capot moteur, très resserré, soulève cependant une inquiétude majeure : le flux d’air issu des pontons atteindra-t-il correctement le diffuseur arrière ?

L’histoire rappelle que des choix similaires ont déjà coûté cher à Newey, notamment avec les McLaren MP4-18 et MP4-19A, victimes de surchauffe chronique.

Autre inconnue de taille : le moteur. Honda Racing Corporation a reconnu être en difficulté sur la partie thermique de son groupe propulseur 2026. Un aveu préoccupant pour Fernando Alonso, dont la dernière collaboration avec Honda reste un souvenir amer.

À Barcelone, l’Espagnol a signé un meilleur temps très éloigné de celui de Charles Leclerc, révélant l’ampleur du retard potentiel.

Enfin, Aston Martin doit composer avec un problème structurel : la corrélation. Newey lui-même a admis que la soufflerie et le simulateur de Silverstone ne livraient pas encore des données fiables. Un chantier estimé à… deux ans.

Sans figures d’autorité pour imposer des délais stricts, Newey pourrait se retrouver exposé comme jamais, prisonnier de sa propre quête de perfection

L’AMR26 incarne tout ce qui fait Adrian Newey : une vision hors normes, une prise de risque maximale et la promesse d’un coup de génie… ou d’un échec spectaculaire. Pour Aston Martin et Alonso, le pari est immense. Reste à savoir si, en 2026, l’audace primera enfin sur la malédiction.

Newey

Tous les articles sur les Pilotes : Fernando Alonso

Tous les articles sur les Teams : Aston Martin