F1
Publié le 13 octobre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Brundle charge Norris, recadre Hamilton : Verstappen rafle tout à Singapour

Martin Brundle critique l’attaque de Norris et le pari stratégique d’Hamilton, pendant que Verstappen signe un week-end parfait à Singapour.

Martin Brundle n’a pas distribué les bons points à tout le monde après Singapour. Dans sa chronique pour Sky Sports, l’ancien pilote a salué la maîtrise de Max Verstappen, mais n’a pas épargné Lando Norris pour son accrochage avec Oscar Piastri au sprint. Lewis Hamilton, lui, a reçu un rappel plus inconfortable : en Formule 1 moderne, choisir seul une stratégie depuis le cockpit peut coûter bien plus qu’une poignée de secondes. Et Brundle a refusé de les ménager.

Brundle distribue les tacles après Singapour

Verstappen, lui, n’a pas eu besoin de leçon. Il a remporté le sprint, décroché la pole puis gagné le Grand Prix, enchaînant trois victoires après Sepang. Brundle résume un week-end où Red Bull avait « toutes les bases couvertes » : même quand les Ferrari ont pu menacer, le Néerlandais a contrôlé le rythme et gardé assez de marge pour répondre aux stratégies adverses, sans trembler.

La scène la plus embarrassante de McLaren s’est jouée au sprint. Norris et Piastri se disputaient la quatrième place lorsque le Britannique a plongé à l’intérieur au virage 5, dans le dernier tour. Contact, tête-à-queue, Piastri contre le mur : l’un abandonne, l’autre repart pour finir huitième et sauver un point. Au lieu de sécuriser les quatrième et cinquième places, McLaren a perdu huit points potentiels.

La FIA a estimé que les deux pilotes avaient contribué à l’incident et n’a infligé aucune sanction. Brundle, lui, a surtout pointé la décision de Norris, qu’il juge « pas très malin ».

L’argument de Norris — il pensait être suffisamment à hauteur — n’efface pas la question du risque. Brundle estime que l’attaque ne valait pas le danger : McLaren n’avait pas besoin que Norris gagne cette bataille interne, elle avait besoin que ses deux voitures franchissent la ligne. Andrea Stella a parlé d’un contact « pas acceptable » et rappelé que l’intérêt de l’équipe devait passer avant les ambitions individuelles

Le contexte rend le coup encore plus coûteux. McLaren lutte désormais avec Red Bull pour la troisième place des constructeurs. Norris a présenté ses excuses et reconnu avoir laissé tomber l’équipe. Les commissaires n’ont pas désigné de coupable unique ; Brundle, en revanche, ne dilue pas son avis dans la diplomatie. Son reproche vise la manœuvre, pas le droit de Norris à se battre : pousser, oui, mais sans transformer un duel pour quatrième place en carambolage maison.

Chez Ferrari, l’erreur n’a pas envoyé de voiture contre un mur ; elle a fait glisser Hamilton hors du podium. Parti avec des pneus médiums, le Britannique s’est arrêté au 18e tour pour chausser des tendres. La stratégie semblait appeler un second arrêt. Quand la voiture de sécurité virtuelle a offert une fenêtre moins coûteuse, Ferrari l’a rappelé aux stands avec Leclerc. Hamilton a manqué l’entrée et a décidé de rester en piste. Il a alors dû parcourir 44 tours sur le même train, pendant que ses pneus perdaient leur avantage. Il a terminé sixième, après avoir été dépassé par Leclerc, Antonelli, Norris et Piastri.

Brundle souligne la difficulté de piloter tout en dirigeant sa stratégie depuis le cockpit. Hamilton a assumé sa décision et présenté ses excuses, tandis que Fred Vasseur a confirmé que Ferrari l’avait appelé et qu’il avait raté l’entrée. Le septuple champion a parlé d’une « leçon douloureuse ». Ferrari n’a pas perdu la course face à Verstappen ; elle a surtout laissé filer un doublé sur le podium qu’elle tenait encore au moment du VSC.

La réussite de Verstappen éclaire ces deux erreurs sans les excuser. Lui a pris ce que la piste lui offrait, quand Norris et Hamilton ont payé le prix de décisions prises sous pression. Kimi Antonelli a aussi profité du désordre : il a passé Norris et Hamilton après leur sortie large, puis terminé troisième, devant ses deux principaux rivaux au championnat. Brundle salue sa patience, pendant que George Russell, déjà pénalisé pour le Grand Prix, avait gâché sa chance au sprint en partant en tête-à-queue après avoir pris la tête. Singapour a récompensé ceux qui ont su garder la tête froide.

Brundle ne prétend pas que les pilotes devraient cesser d’attaquer ou que Hamilton aurait dû obéir sans réfléchir. Il rappelle plutôt une évidence que les radios rendent parfois spectaculaire : le talent ne dispense pas de mesurer le coût d’une décision. Norris a confondu occasion et obligation, Hamilton a prolongé son pari jusqu’à l’usure complète, tandis que Verstappen déroulait devant.

Trois histoires, un même verdict : à Singapour, la vitesse a compté, mais le sang-froid a rapporté davantage.

 

Hamilton – Singapour 2026

 

Incident Norris – Piastri Singapour 2026

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