F1
Publié le 11 octobre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Button réclame du thermique et fixe la limite à 24 courses

Jenson Button veut préserver le moteur thermique et plafonner le calendrier de F1 à 24 Grands Prix, au nom des équipes.

Button

Jenson Button ne réclame pas seulement le retour d’un moteur qui chante. À Singapour, le champion du monde 2009 a aussi lancé un avertissement sur le calendrier : 24 Grands Prix, c’est déjà assez. Au-delà, estime-t-il, les pilotes peuvent encore suivre — mais les mécaniciens et les équipes, eux, encaissent la facture loin des projecteurs.

Button

Button pointe l’épuisement des équipes.

Interrogé lors du Milken Institute Asia Summit, organisé à Singapour avant le Grand Prix, Button a résumé son inquiétude sans détour :

« 24 courses autour du monde, c’est vraiment très difficile. Je ne voudrais pas en voir davantage. »

Et il a établi une comparaison qui risque de faire grincer quelques dents dans le paddock :

« Pour les pilotes, c’est acceptable. »

Après l’arrivée, explique-t-il, ils peuvent prendre un jet privé et rentrer chez eux. Pour le reste de l’équipe, la soirée ne fait que commencer.

Les pilotes partent, les mécanos remballent

Le champion vise le travail invisible qui accompagne chaque course. Après le drapeau à damier, il faut démonter le garage, emballer les équipements, préparer leur transport et remettre l’atelier en état pour la prochaine étape. « Le démontage, c’est démentiel », résume-t-il. Puis les mécaniciens et les autres membres de l’équipe ne s’envolent pas vers des vacances bien méritées : ils retournent aussi à l’usine pour reprendre le travail.

Le contraste avec les pilotes est volontairement frappant. Button ne prétend pas que ces derniers n’ont aucune contrainte ; il souligne que le calendrier ne pèse pas de la même façon sur tout le monde. Les pilotes vivent eux aussi au rythme des déplacements et des obligations médiatiques, mais ils ne démontent pas les garages jusqu’au bout de la nuit avant d’enchaîner avec la préparation technique du prochain rendez-vous.

À mesure que la saison s’étire, la fatigue touche des métiers qui exigent précision et vigilance : les mécaniciens interviennent sur les voitures, les ingénieurs analysent les données, les équipes logistiques déplacent une quantité considérable de matériel. Button rappelle aussi le coût humain de ce rythme : les semaines loin de la famille s’accumulent. Sa demande est donc claire : ne pas dépasser les 24 Grands Prix déjà inscrits au calendrier. Les week-ends sprint ajoutent encore des séances et des courses à ce programme ; la limite du calendrier ne raconte pas, à elle seule, toute la charge du travail.

Il aime le thermique, pas la complexité actuelle

Button s’est également exprimé sur les moteurs. Il juge les unités de puissance actuelles trop complexes et estime que les fans doivent pouvoir comprendre la technologie qui façonne les courses. Sa préférence va à des moteurs à combustion fonctionnant avec un carburant durable, une formule qui préserverait à ses yeux le son et les sensations d’une voiture de course.

La nuance est importante : la F1 n’a pas supprimé le moteur thermique. Depuis 2026, les monoplaces conservent un V6 à combustion, mais celui-ci fonctionne dans une architecture hybride où la puissance est répartie à peu près également entre le moteur thermique et la partie électrique. Les voitures utilisent aussi un carburant durable. Button ne propose pas ici un règlement détaillé ni un retour précis aux V8 de son époque ; il exprime une préférence pour une F1 moins complexe et davantage centrée sur la combustion.

Il ne rejette pas pour autant le progrès technique. Il reconnaît que les constructeurs explorent différentes pistes pour les voitures de route — électrique, hybride, hydrogène ou combustion — et se réjouit de voir des carburants durables utilisés en compétition historique. Son reproche porte surtout sur la lisibilité et la place prise par la complexité dans la discipline. L’innovation peut servir la F1 ; encore faut-il qu’elle ne devienne pas un langage réservé aux ingénieurs.

Un succès qui ne doit pas tourner à la course au calendrier

Les propos de Button arrivent alors que la popularité de la F1 attire de nouveaux promoteurs et nourrit les discussions sur l’expansion du championnat. Mais grandir ne signifie pas forcément ajouter des dates. Chaque nouveau Grand Prix apporte des revenus et de la visibilité ; il ajoute aussi une étape de plus à une organisation qui doit déplacer personnel, voitures et matériel autour du monde.

Le message du champion tient donc en deux demandes : préserver une vraie place pour le moteur thermique, et arrêter l’expansion du calendrier à 24 courses. Le débat est piquant parce que la F1 vend à la fois son audace technologique et son statut de championnat mondial. Mais derrière les moteurs et les destinations, il y a des personnes qui démontent, transportent et reconstruisent le spectacle à chaque étape.

La F1 peut-elle continuer à grandir sans demander toujours plus à ceux qui la font tourner ? Et si le prochain progrès consistait, pour une fois, à savoir quand s’arrêter ?

 

 

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