Attendue comme la première vraie arme du projet Newey-Honda, l’AMR26 ne répond pour l’instant pas aux espoirs placés en elle. À Bahreïn, Fernando Alonso affiche une frustration grandissante, symptôme d’une pré-saison bien plus compliquée que prévu pour Aston Martin.

Aston Martin : une préparation chaotique qui pèse déjà lourd
Le début de campagne hivernale d’Aston Martin
ressemble davantage à une course contre la montre qu’à une montée
en puissance maîtrisée. Entre un roulage très limité à Barcelone et
un programme perturbé, l’équipe de Silverstone accuse un déficit de
kilomètres inquiétant face à ses rivales.
Lance Stroll n’a quasiment pas pu accumuler de
données lors des essais privés, laissant l’écurie avec l’un des
plus faibles volumes de roulage du plateau. Résultat : Bahreïn est
devenu un test grandeur nature pour tenter de comprendre une
monoplace encore immature.
À Sakhir, Fernando
Alonso a multiplié les relais, bouclant près d’une
centaine de tours, mais sans masquer son agacement. Observé dans le
cockpit, visière relevée et attitude tendue, le double champion du
monde aurait quitté la voiture avec une frustration évidente,
traduisant un ressenti loin des attentes initiales.
Ce malaise visuel reflète surtout une réalité technique : la
compréhension de l’AMR26 progresse lentement, alors que le chrono
reste en retrait. Finir en bas du classement, même en essais,
n’envoie pas le signal espéré pour un projet aussi ambitieux.
L’arrivée d’Adrian
Newey, combinée au partenariat moteur Honda et au
statut d’équipe d’usine, avait suscité une vague d’optimisme. Mais
la promesse d’un bond en avant immédiat se heurte pour l’instant à
des difficultés d’exploitation et de mise au point.
En interne, le discours reste lucide. Mike Krack
reconnaît ouvertement que l’équipe est en retard et qu’un travail
massif est nécessaire pour combler l’écart. Une déclaration qui
confirme que l’objectif n’est plus la performance pure, mais
d’abord la compréhension du package.
Avec le Grand Prix d’Australie en ligne de mire, Aston
Martin doit accélérer son apprentissage. Chaque tour
devient crucial pour fiabiliser et décoder une voiture encore
capricieuse.
Si le potentiel du concept Newey reste intact sur
le papier, la réalité de la piste rappelle une évidence brutale :
sans kilométrage ni base stable, même les projets les plus
prometteurs peuvent vaciller dès l’hiver.
































