Isack Hadjar a été l’une des grandes surprises de la saison 2025 de Formule 1. Peu attendu à ses débuts, le Français a rapidement déjoué les pronostics par une régularité et une maturité rares pour un rookie. Des performances suffisamment solides pour convaincre Red Bull de le promouvoir dès la saison suivante, au prix d’un pari aussi ambitieux que dangereux.

Isack Hadjar : Une révélation inattendue devenue pari risqué
Cette ascension express l’emmène désormais à Milton Keynes, où il retrouvera un visage familier : Laurent Mekies, ancien patron devenu pièce maîtresse du nouvel organigramme Red Bull. Un repère rassurant, certes, mais dans un contexte explosif à l’aube de la révolution réglementaire de 2026.
Au fil de ses 24 Grands Prix disputés en 2025, Hadjar a appris vite. Très vite. Et certaines leçons ont été plus marquantes que d’autres, notamment celles tirées de ses duels en piste avec Lewis Hamilton.
Ce qui l’a le plus surpris ? La précision chirurgicale et la gestion du rythme du septuple champion du monde. Là où Hadjar attaquait à la limite, Hamilton construisait ses courses avec une science du timing presque déconcertante. Une révélation brutale, mais formatrice, qui a forcé le Français à revoir ses propres attentes.
Hadjar l’admet aujourd’hui sans détour : ses ambitions initiales étaient sans doute trop élevées par rapport à ce que permet réellement une première saison en F1.
La question est désormais inévitable : Isack Hadjar subira-t-il le même sort que Pierre Gasly ou Alex Albon chez Red Bull ?
L’histoire récente est cruelle pour les équipiers de Max Verstappen. Être le deuxième pilote de l’équipe la plus dominatrice de la décennie est probablement l’un des rôles les plus ingrats du paddock. Johnny Herbert l’a souligné : « La constance d’Hadjar est son principal atout. Mais sera-t-elle suffisante face à la pression permanente exercée par Verstappen et l’écosystème Red Bull ? »
À Milton Keynes, la hiérarchie est claire. Hadjar devra « faire avec » un projet centré sur le Néerlandais et accepter que battre Verstappen dès la première saison relève de la fiction.
Le problème n’est pas Hadjar. Le problème, ce sont les attentes.
Avec l’arrivée des moteurs Red Bull Powertrains et une réglementation totalement nouvelle en 2026, personne ne sait réellement où se situera Red Bull dans la hiérarchie. Dans ce contexte, exiger des résultats immédiats du Français serait non seulement irréaliste, mais potentiellement destructeur.
L’objectif raisonnable est clair : être le plus proche possible de Verstappen, apprendre, progresser, et éviter le piège d’une montée trop rapide vers le sommet. L’histoire récente prouve qu’une promotion précipitée peut briser une carrière plus sûrement qu’un manque de talent.
Isack Hadjar possède le potentiel pour s’imposer au plus haut niveau. Ses duels face à Hamilton l’ont endurci, sa première saison l’a formé, et son mental sera désormais mis à l’épreuve.
Red Bull doit désormais choisir : accompagner un futur leader ou consumer un espoir de plus sur l’autel de la performance immédiate. Pour Hadjar, 2026 ne sera pas une saison de vérité, mais une saison de survie.
































