C’est une séquence rare, presque brutale, qui secoue actuellement la Formule 1 : Max Verstappen, longtemps intouchable, se retrouve au cœur d’un tir croisé venu de deux figures du paddock, Guenther Steiner et Juan Pablo Montoya, qui n’ont visiblement aucune intention de ménager le quadruple champion du monde.
Tout part d’un constat implacable : le début de saison a viré au cauchemar pour le pilote néerlandais. Entre une sixième place arrachée à Melbourne après un départ en fond de grille et un abandon en Chine sur problème d’ERS, Verstappen plafonne à huit points. Pire encore, il s’est retrouvé englué dans le peloton, incapable de rivaliser avec les leaders, dépassé par Lando Norris et même sous pression face à Oliver Bearman. Dans le même temps, le classement constructeurs offre une image presque irréelle : Haas devant Red Bull, 17 points contre 12.
Dans ce contexte, Verstappen a choisi l’offensive, critiquant ouvertement les règlements 2026, allant jusqu’à comparer la future F1 à “Mario Kart”. Une sortie qui a immédiatement déclenché une onde de choc.
Mais c’est la réaction de Guenther Steiner qui a véritablement mis le feu aux poudres. Fidèle à sa réputation, l’ancien patron de Haas n’a pas cherché à arrondir les angles :
« Verstappen fait des caprices parce qu’il n’est pas habitué à être au volant de l’une des meilleures voitures de la grille, et cela affecte son humeur et sa perspective sur les nouvelles règles. »

Pour Montoya, les critiques de Max Verstappen ne devraient pas être acceptées par la Formule 1
Une phrase lourde de sens, qui renverse complètement la narration. Pour Steiner, le problème n’est pas la réglementation, mais l’incapacité de Verstappen à accepter un changement de hiérarchie.
Il insiste : « si une voiture ne démarre pas—comme aucune des McLaren ne l’a fait en Chine—vous ne pouvez pas blâmer les règlements. La plupart des autres voitures ont bien démarré. »
Et enfonce définitivement le clou : « Max est malheureux parce que sa voiture ne performe pas comme il le souhaite, et c’est quelqu’un qui se fâche rapidement lorsque les choses ne vont pas dans son sens. »
Derrière la critique technique, c’est une remise en cause du mental du champion qui transparaît. Un Verstappen dominateur tant qu’il gagne… mais fragile dès que l’équilibre bascule ?
Comme si cela ne suffisait pas, Juan Pablo Montoya est venu ajouter une dimension encore plus explosive au débat. Là où Steiner attaque la posture sportive, Montoya vise frontalement l’attitude.
« Pour les personnes qui ne respectent pas le sport, la porte est ouverte. Ils peuvent partir ou être condamnés à une amende, afin qu’ils apprennent vraiment à respecter ce qu’ils font. »
Une déclaration radicale, presque institutionnelle, qui pose une question lourde : jusqu’où peut aller la liberté de parole d’un champion ?
Montoya ne s’arrête pas là : « c’est bien que les gens aient un avis, mais qu’ils se moquent de la Formule 1 et la comparent à Mario Kart… Cela ne devrait pas être accepté par la Formule 1. »
Cette fois, le débat dépasse la performance pure. Il touche à l’image même du sport, à son prestige, à son autorité. Et dans ce cadre, les propos de Verstappen apparaissent pour certains comme une ligne rouge franchie.
Ce qui se joue ici est bien plus qu’un simple passage à vide. C’est un basculement. Un pilote dominant confronté à l’adversité, une parole qui divise au lieu de rassembler et un paddock qui ne protège plus ses stars.
Entre les attaques psychologiques de Steiner et la charge institutionnelle de Montoya, Verstappen se retrouve isolé dans une tempête qu’il a lui-même contribué à déclencher.
Max Verstappen vit son premier véritable test de caractère depuis 2021. Passer du statut de dominateur absolu à celui de pilote en difficulté. Si Steiner a raison sur « l’humeur » de Max, Montoya touche un point sensible : la F1 version Liberty Media ne tolérera pas longtemps que son ambassadeur n°1 dénigre publiquement le produit. Verstappen devra choisir entre continuer sa croisade contre le règlement ou se concentrer sur le pilotage pour faire taire ses détracteurs.

























