F1
Publié le 8 octobre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Mercedes ressort ses anciennes pièces ; Russell part au fond

Mercedes compare ses anciennes et nouvelles pièces à Singapour. Russell, lui, partira du fond de la grille après sa panne moteur à Sepang.

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Mercedes espérait que son évolution technique transforme Sepang en tremplin. Le résultat a surtout semé le doute. L’équipe attendait un gain d’environ trois dixièmes de seconde au tour ; elle a finalement vu Max Verstappen décrocher la pole puis la victoire, tandis que Kimi Antonelli se qualifiait quatrième et George Russell huitième. Toto Wolff a même évoqué une perte de performance pouvant atteindre cinq dixièmes. La pièce censée rapprocher Mercedes du sommet lui aurait-elle fait prendre le chemin inverse ?

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 Mercedes cherche ses repères, Russell part du fond

Une nouveauté qui pose déjà question

L’équipe ne veut pas tirer de conclusion hâtive. À Sepang, la chaleur et l’asphalte particulièrement abrasif ont compliqué le travail des voitures et des pneus. Mercedes cherche donc à déterminer si son recul vient de l’évolution elle-même, des conditions spécifiques du circuit, ou d’un mélange des deux. Les données semblent pourtant contradictoires : l’aérodynamique promettait davantage d’appui, mais ce bénéfice ne s’est pas traduit par les chronos espérés. La voiture aurait également perdu du temps dans les virages lents et en ligne droite.

Une comparaison express sous format sprint

Pour y voir plus clair, Mercedes prévoit de comparer l’ancienne et la nouvelle spécification de sa monoplace à Singapour, en répartissant les deux configurations entre ses voitures. Toto Wolff veut « davantage de preuves avant de tirer des conclusions fermes ». Le circuit urbain de Marina Bay, très différent de Sepang, doit aider l’équipe à comprendre où se situe le problème.

Le calendrier ne laisse cependant guère de temps pour mener l’enquête. Singapour accueille le dernier week-end sprint de la saison : les pilotes ne disposeront que d’une seule séance d’essais libres avant les qualifications sprint. Mercedes devra donc comparer ses deux configurations, préparer les réglages et chercher de la performance dans une fenêtre de travail réduite. La piste livrera peut-être quelques indices ; elle ne transformera pas une séance d’essais unique en laboratoire idéal.

Cette comparaison doit aussi être interprétée avec prudence. Une pièce qui fonctionne sur un circuit peut se comporter autrement sur un autre, et les conditions de Singapour ne sont pas celles de Sepang. Même si une version paraît plus rapide, l’équipe devra distinguer l’effet de l’évolution de celui du tracé, des pneus et des réglages. L’objectif du week-end ne sera donc pas seulement de retrouver le haut du classement : Mercedes devra comprendre ce qu’elle a réellement apporté à sa voiture.

Le défi est également organisationnel. En partageant les configurations, Mercedes risque de compliquer la lecture des données si les deux voitures roulent dans des conditions différentes ou si les pilotes n’adoptent pas les mêmes réglages. Il faudra comparer les temps avec prudence, tenir compte des pneus et du trafic, puis décider quelle direction privilégier. Singapour doit éclairer le choix, pas le précipiter sans garanties.

Russell pénalisé après sa panne

À cette difficulté technique s’ajoute le sort de George Russell. Le Britannique semblait en route vers le podium en Malaisie lorsqu’une défaillance de son unité de puissance l’a contraint à abandonner. Mercedes a confirmé qu’il dépassera son quota de composants moteur à Singapour et partira du fond de la grille dimanche. La pénalité dépendra des éléments remplacés et sera d’au moins dix places ; elle ne s’appliquera pas à la course sprint du samedi.

Russell a résumé sa frustration après l’abandon :

« Une nouvelle panne, alors que nous étions en route vers un podium presque certain. C’est difficile à encaisser. »

Il a aussi reconnu que sa saison avait été marquée par trop d’incidents de ce type. Son troisième résultat sans point pèse lourd dans la course au titre : après la deuxième place d’Antonelli à Sepang, l’Italien compte désormais 84 points d’avance sur son coéquipier.

Toto Wolff n’a pas caché son agacement. Il a qualifié l’abandon de « l’une de mes pires expériences » et s’est dit « pas dans un état d’esprit heureux », entre la performance décevante et la panne survenue à quelques tours de l’arrivée. Il estime que Mercedes doit comprendre ce qui a mal fonctionné avant que les problèmes de fiabilité ne coûtent davantage de points à l’équipe.

La pénalité rend la remontée délicate : Singapour est un circuit étroit où dépasser reste difficile. Russell pourra toutefois marquer des points lors du sprint avant de s’élancer au fond dimanche. Il connaît aussi la piste et y avait gagné l’an dernier. Mais cette fois, son week-end commence avec une voiture dont l’équipe doute encore et une pénalité dont elle se serait volontiers passée.

Mercedes arrive donc à Marina Bay avec deux problèmes imbriqués : une évolution qu’il faut comprendre et une fiabilité qui a déjà privé Russell d’un podium. La comparaison entre anciennes et nouvelles pièces pourra-t-elle fournir des réponses dès le sprint, ou l’équipe devra-t-elle encore avancer à tâtons ?