Portimão promettait un face-à-face entre Max Verstappen et Valentino Rossi. La course a finalement raconté deux histoires bien différentes : une remontée spectaculaire pour le Néerlandais, une soirée beaucoup plus difficile pour l’Italien. Verstappen a grimpé de la 24e à la 9e place en 45 minutes. Rossi et ses équipiers ont abandonné après une sortie de piste, après avoir couvert 75 tours contre 94 pour les vainqueurs. Deux champions sur la même grille, deux voitures aux destins opposés — et pas de duel direct pour départager leurs réputations.

Verstappen – Rossi : Portimão n’a pas tenu sa promesse
La course de Verstappen Racing avait pourtant pris une tournure prometteuse. Dans cette épreuve d’endurance de trois heures, Max partageait la Mercedes-AMG GT3 n°3 avec Ben Barnicoat et Chris Lulham. Barnicoat a lancé l’équipage dans le bon rythme et gagné plusieurs places avant de céder le volant. Lulham a poursuivi la progression jusqu’à la sixième position. L’équipe avait alors de quoi espérer une belle arrivée. Mais, en endurance, un équipage peut passer des heures à construire son résultat et le voir basculer en quelques secondes.
Après une neutralisation, Lulham a tenté de dépasser Luca Stolz pour la cinquième place. Les deux Mercedes sont entrées en contact et Stolz est parti en tête-à-queue. Lulham a pu continuer, mais les commissaires lui ont infligé un drive-through. La sanction a fait chuter la voiture n°3 au 24e rang, juste avant que Verstappen ne prenne le volant pour le dernier relais. Le Néerlandais n’a donc pas hérité d’une voiture en position de jouer le podium : il a récupéré un lourd retard et un peloton entier à dépasser
Le contraste avec l’ambition affichée avant l’épreuve était net. Interrogé par le championnat sur son objectif, Verstappen avait répondu : « On est là pour gagner. C’est toujours l’objectif. »
La formule était claire ; le scénario, lui, s’est chargé de la contredire. Après la pénalité, il ne s’agissait plus de discuter de victoire, mais de limiter les dégâts et de tirer le meilleur des 45 dernières minutes. Max a rapidement trouvé son rythme, mais une nouvelle voiture de sécurité est venue réduire le temps disponible pour remonter. Même en GT3, le chronomètre n’attend pas les champions
Au redémarrage, à 23 minutes de l’arrivée, Verstappen était déjà remonté à la 19e place. Il a ensuite taillé sa route dans le trafic. À sept minutes du drapeau à damier, il était treizième ; puis il a dépassé trois voitures dans le même mouvement au virage 2. Arthur Leclerc a été sa prochaine cible. Verstappen l’a passé pour s’emparer de la neuvième place, qu’il a conservée jusqu’à l’arrivée. Le classement officiel crédite la Mercedes n°3 d’un retard de 18,556 secondes sur le vainqueur. La remontée est spectaculaire, même si elle ne peut effacer ce qui l’a rendue nécessaire.
Pendant ce temps, Rossi avait déjà vu son week-end se compliquer en qualifications. Un tour rapide de la BMW n°46 a été supprimé pour dépassement des limites de piste au virage 4. Rossi n’a pas pu en signer un autre à temps : il pensait son premier chrono toujours valable et avait ralenti derrière une voiture. L’équipage s’est ainsi retrouvé tout au fond de la grille. Auprès de Sky Italia, le nonuple champion du monde moto a expliqué sa déception : « C’est dommage, parce qu’on aurait pu se battre avec Verstappen, on était tout près. » Le duel était espéré ; les qualifications l’avaient déjà sérieusement compromis.La suite du week-end s’est poursuivi sur le même tempo : La BMW n°46 de Rossi, Max Hesse et Neil Verhagen s’est vite stop a abandonné après 75 tours, après une sortie de piste, sur souci technique . Le classement officiel l’a malgré placée à la 50e position du classement.
Le face-à-face annoncé n’a donc jamais pris forme sur la piste. Verstappen, quadruple champion du monde de Formule 1, a pu signer une remontée remarquée. Rossi, neuf fois champion du monde en moto, a connu un week-end qui s’est compliqué dès les qualifications, puis s’est achevé loin des leaders. Leur présence avait attiré l’attention sur la finale du GT World Challenge Europe, mais le format d’endurance imposait déjà une nuance : chacun partageait sa voiture avec deux équipiers, et leurs relais ne coïncidaient pas nécessairement. La promesse d’un duel entre deux légendes était séduisante ; la réalité, beaucoup moins cinématographique
À l’avant, la Mercedes n°17 de GetSpeed, pilotée par Ralf Aron, Maximilian Götz et Fabian Schiller, a remporté l’épreuve. La Porsche n°80 de Lionspeed GP a fini deuxième, devant la Porsche n°2 de Boutsen VDS. Verstappen Racing a sauvé la neuvième place ; la BMW de Rossi a abandonné après être sorti de la piste, après 75 tours.
Portimão a bien réuni deux champions, mais n’a pas offert le duel annoncé. Max a transformé une pénalité en spectacle. Rossi, lui, n’a jamais eu l’occasion de lui répondre en piste. Pour une affiche vendue comme une rencontre de titans, le scénario aura surtout rappelé que l’endurance ne distribue pas toujours les rôles selon le nom inscrit sur la portière.
👏 Portimao’da taraftarlar Max Verstappen’in performansını alkışlıyor. pic.twitter.com/L9L2RfSIuh
— Motorsport Türkiye (@motorsportcomtr) October 17, 2026
And it strikes again😭 Full course yellow pt.4🐥 Rossi out! #GTWorld #Portimão https://t.co/DPGUxTsyWF pic.twitter.com/ELiGaQusfy
— Big Fudge (@TheBigFudge01) October 17, 2026




