À quelques semaines du début officieux de la saison 2026, la nouvelle réglementation des moteurs de Formule 1, censée inaugurer une ère plus équilibrée et durable, est déjà au cœur d’un débat vivement disputé entre motoristes, équipes et la FIA. Explication …
Trois axes principaux ressortent… D’abord, Mercedes, comme Red Bull Ford, pourrait avoir un avantage dès le départ. Selon Hywel Thomas, responsable moteur chez Mercedes, il est « définitivement possible » que l’équipe allemande ait déjà réalisé une avance significative sur ses concurrents dans le cadre des nouvelles règles 2026, malgré l’objectif affiché d’un partage équilibré entre puissance thermique et électrique (50:50).
Thomas laisse entendre que, tout comme en 2014 avec l’avènement des V6 hybrides, l’exploitation intelligente des nouveaux paramètres techniques pourrait apporter un avantage décisif, même dans un cadre strictement défini.
Cela a relancé des inquiétudes quant à la possibilité qu’une équipe « verrouille » la hiérarchie avant même les essais de présaison.
De là sont venues des accusations d’exploitation d’une faille règlementaire. La controverse a pris une tournure plus concrète avec des rapports indiquant que Mercedes et possiblement aussi Red Bull Ford auraient exploité une zone grise du règlement sur le taux de compression du moteur thermique.
Le règlement impose une limite de 16:1 pour la compression géométrique, mesurée à température ambiante. Mais il a été suspecté que certains ingénieurs exploitent la dilatation des composants à chaud pour dépasser largement cette valeur, poussant la compression effective vers 18:1 et générant ainsi un gain de puissance non négligeable (estimé à l’ordre de +15 ch sur le thermique).
Ce type de performance pourrait se traduire par un avantage de quelques dixièmes de seconde par tour, un fossé énorme en F1, et expliquerait les vives réactions de concurrents comme Ferrari, Audi et Honda qui ont saisi la FIA pour des éclaircissements.
The dates for your diary are in! 🗓️
Not long to go now until launch season gets underway for 2026 😎#F1 pic.twitter.com/Ffsou30a5K
— Formula 1 (@F1) January 9, 2026
Une réunions cruciale aura lieu à la FIA le 22 janvier pour sauver la saison 2026 de la polémique
Justement, et c’est le dernier point, une réunion « explosive » aura lieu entre les motoristes le 22 janvier qui se conclura par une très attendue réponse de la FIA. Face à ces tensions, une réunion de crise a été organisée par la FIA, rassemblant les motoristes, afin d’aborder ces zones grises et d’éviter que le règlement ne soit contourné au détriment de l’équité sportive.
Le débat en interne est centré sur la difficulté à mesurer le taux de compression à chaud sur un moteur en fonctionnement, alors que les tests officiels se font à froid, ce qui rend difficile la preuve d’une infraction malgré les soupçons.
Plusieurs solutions ont été évoquées : modifier la méthode de contrôle, fermer les failles autour des mesures thermiques, ou encore envisager un compromis temporaire pour 2026, autorisant certaines interprétations tout en s’engageant à les éliminer pour 2027.
Des changements en dernière minute du règlement technique moteur ont déjà été opérés pour réduire quelques zones grises, notamment autour des systèmes qui pourraient manipuler des capteurs sans être identifiés comme intentions « non conformes ».
Cette controverse souligne un paradoxe : le règlement 2026 a été conçu pour renouveler l’ère des moteurs hybrides, favoriser l’efficacité énergétique et attirer de nouveaux constructeurs, tout en réduisant les écarts techniques entre les équipes.
Pourtant, la découverte précoce de ce qui pourrait être interprété comme une « trou réglementaire » montre que la précision des textes et des méthodes de contrôle est aujourd’hui aussi cruciale que l’ingéniosité technique des motoristes.
Si la FIA ne parvient pas à clarifier ces zones grises avant les tests et le premier Grand Prix, il existe un risque réel que la mise en place de la réglementation 2026 soit dominée par un petit groupe d’équipes, reproduisant un scénario de déséquilibre dès le démarrage de la saison.
Si aucun accord n’est trouvé, la saison 2026 pourrait débuter sous la menace de réclamations formelles dès le Grand Prix d’Australie, ce qui plongerait le sport dans une crise.
Mercedes affirme qu’un avantage possible existe malgré les nouvelles règles, suggérant que l’ingénierie peut encore faire la différence.
Plusieurs équipes estiment qu’une faille dans le règlement de compression moteur a été exploitée, et la FIA a été interpellée pour clarifier ou modifier ces règles.
Une réunion technique très tendue a eu lieu, et plusieurs ajustements réglementaires ont déjà été envisagés ou appliqués pour éviter une situation injuste en début de saison.
Cette polémique illustre parfaitement comment la course à l’innovation en F1 précède toujours la capacité des régulateurs à la contenir. Le débat n’est plus seulement technique, il est devenu politique, et son issue définira l’équilibre des forces pour le début de cette nouvelle ère règlementaire.
































