La Formule 1 s’interroge sur son avenir sportif. Derrière les discours sur le mérite et le talent, la réalité financière des filières jeunes dessine un autre visage du paddock. Pour Jan Lammers, ancien pilote et père d’un espoir en devenir, le constat est sans détour : la F1 prépare déjà plusieurs nouveaux Lance Stroll.

Lammers : une ascension vers la F1 devenue hors de prix
Karting, formules de promotion, championnats intermédiaires : chaque marche vers la F1 coûte désormais des millions. Si certaines recrues sont repérées très tôt par une académie officielle, la majorité dépend encore du soutien familial ou de sponsors prêts à investir sans garantie de retour.
Lammers en sait quelque chose. Son fils René Lammers, attendu en Eurocup-3 en 2026, cherche toujours une porte d’entrée vers la F3 ou la F2, véritables sas vers l’élite. Un parcours semé d’embûches, surtout sans fortune colossale.
« Nous avons pu tenir jusqu’ici, mais nous sommes à bout de souffle », confie Lammers, décrivant une réalité devenue presque intenable pour les familles « normales ».
Pour illustrer son propos, Lammers cite un nom qui cristallise le débat : Lance Stroll. Le Canadien, soutenu par son père milliardaire Lawrence Stroll, évolue toujours en F1 avec Aston Martin, malgré des performances largement dominées par son coéquipier Fernando Alonso depuis 2023.
« On a Lance Stroll en Formule 1, mais il y
en a environ huit autres qui arrivent », lâche
Lammers.
« Il devient de plus en plus difficile de se distinguer
uniquement par le talent. »
En 2025, Alonso a devancé Stroll lors des 24 qualifications disputées ensemble. Au championnat, l’écart s’est répété saison après saison. Pourtant, à l’approche de 2026 année d’expiration de son contrat, Stroll ne semble pas réellement menacé.
L’écurie nourrit des ambitions claires : devenir championne du monde. Reste une question centrale, de plus en plus présente dans le paddock : peut-on viser le sommet avec un pilote protégé avant d’être performant ? Ou l’influence financière finira-t-elle par primer définitivement sur la hiérarchie sportive ?
La F1 n’a jamais été un sport égalitaire, mais l’écart se creuse dangereusement. À mesure que les budgets explosent, le talent seul ne suffit plus à ouvrir les portes de l’élite. L’avertissement de Jan Lammers résonne comme un signal faible devenu assourdissant : si rien ne change, la Formule 1 de demain pourrait compter davantage d’héritiers que de révélations. Et la question ne sera plus de savoir qui est le plus rapide, mais qui peut encore se payer le droit de l’être.
































