F1
Publié le 14 octobre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Red Bull vise des victoires partout ? Mekies tempère déjà l’euphorie

Red Bull peut-elle viser la victoire sur tous les circuits ? Après Sepang et Singapour, Laurent Mekies y croit mais appelle à la prudence.

Deux victoires consécutives, un doublé pole-victoire à Singapour et une voiture soudain capable de jouer devant sur des circuits très différents : Red Bull a de quoi retrouver le sourire. Laurent Mekies s’autorise même à envisager d’autres succès. Mais la traduction de sa déclaration en ligne — « nous pouvons gagner partout » — sonne plus catégorique que ses propos d’origine. Le patron de l’écurie parle plutôt d’une RB22 désormais capable de se battre pour la victoire sur différents types de pistes. Nuance importante : en Formule 1, entre viser un succès et le promettre, il y a souvent quelques dixièmes… et plusieurs adversaires.

Red Bull a le vent en poupe mais Mekies tempère l’équipage

Deux circuits différents, un même verdict

Le raisonnement de Mekies s’appuie sur les trois dernières courses. Red Bull a été dans le rythme à Bakou, avant que Max Verstappen ne remporte le Grand Prix de Sepang puis celui de Singapour. Le contraste entre Sepang, rapide et exigeant pour les pneus, et Marina Bay, étroit et lent, donne du poids à l’optimisme du Français : la voiture ne semble plus dépendre d’un seul type de circuit pour exister.

« Les trois circuits étaient suffisamment différents pour penser que, sur d’autres types de tracés, la voiture devrait être compétitive », a expliqué Mekies.

Il ajoute que l’équipe pense désormais pouvoir se battre pour des victoires, tout en prévenant que « ce n’est jamais acquis ». Voilà qui remet la déclaration virale à sa juste place : Red Bull ne s’autoproclame pas invincible ; elle estime avoir enfin une base capable de jouer devant dans plusieurs contextes. Ce qui, après un début de saison compliqué, constitue déjà un sacré changement de décor.

À Singapour, Verstappen a signé la pole puis gagné le sprint et le Grand Prix. Il a également décroché sa 50e pole en carrière, devant Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Kimi Antonelli a terminé quatrième des qualifications, tandis que George Russell, sixième sur la grille, a dû s’élancer du fond en raison d’une pénalité moteur. Ces résultats donnent à l’optimisme de Red Bull une base concrète, même si une fin de semaine réussie ne transforme pas automatiquement une voiture en favorite partout.

Le RB22 n’a pas toujours été une machine à gagner

La prudence de Mekies n’est pas une coquetterie de communicant. La première partie de la saison a exposé les limites de la RB22 : manque de rythme, équilibre instable et comportement parfois imprévisible. Verstappen a dû composer avec une monoplace qui ne lui permettait pas toujours d’exploiter son talent. La progression récente est donc réelle, mais elle est le résultat d’un travail continu sur la voiture et son unité de puissance, pas d’un bouton magique appuyé dans le garage.

Mekies souligne aussi le rôle du Néerlandais dans ce redressement. « Son retour est massif », explique-t-il, saluant une sensibilité technique « exceptionnelle ». Verstappen aide l’équipe à identifier ce qui limite les performances ; cela ne signifie pas que les ingénieurs trouvent immédiatement la solution.

Le patron le reconnaît lui-même : « Il ne nous donne pas forcément la solution quand il nous dit quel est le problème. » Une façon assez honnête de rappeler que même un quadruple champion ne peut pas réparer une voiture avec un simple commentaire radio.

Le Français insiste sur la franchise des échanges entre le pilote et l’équipe. Les retours de Verstappen guident le développement du châssis comme celui du moteur, et les deux parties continuent à chercher ce qui peut être amélioré, même après deux victoires.

« Nous restons très honnêtes sur les choses que nous voulons encore mieux faire », résume Mekies. C’est peut-être là le vrai signal envoyé aux rivaux : Red Bull retrouve de la vitesse, mais ne considère pas son travail comme terminé.

Les rivaux n’ont pas rangé leurs outils

Le principal bémol tient au calendrier de développement. Red Bull a achevé son programme de nouveautés majeures pour 2026 et ne prévoit plus d’évolution substantielle de la voiture. Mekies assure que l’équipe continuera à chercher des gains et à exploiter les dernières courses pour apprendre, mais une partie importante des ressources est déjà tournée vers 2027. En face, les concurrents peuvent encore apporter des améliorations. Le classement des forces peut donc évoluer rapidement, même si la RB22 vient de frapper fort.

La prochaine étape à Austin, le 25 octobre, constituera un nouveau test pour cette confiance retrouvée. Red Bull y arrivera avec une dynamique impressionnante, mais sans nouveau grand package à opposer aux mises à jour potentielles de ses rivaux. La question n’est donc plus seulement de savoir si Verstappen peut gagner sur un circuit différent. Il s’agit aussi de voir si l’équipe peut conserver son avantage avec une voiture désormais mieux comprise, mais presque figée pour la fin de saison.

Mekies a raison de croire que Red Bull peut se battre pour d’autres victoires. Il a aussi raison de ne pas confondre potentiel et garantie. Après avoir longtemps couru derrière les leaders, l’écurie revient dans la conversation ; elle n’a pas encore obtenu un abonnement à la première place. Austin dira si le RB22 est devenu une menace constante ou si Sepang et Singapour ont simplement offert le scénario idéal. Alors, Red Bull peut-elle vraiment gagner partout — ou ses rivaux ont-ils déjà trouvé la réponse ?

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