À l’heure où la Formule 1 s’apprête à basculer dans une ère technique inédite, Martin Brundle convoque les fantômes les plus exigeants du sport. Selon l’analyste britannique, Ayrton Senna et Michael Schumacher auraient trouvé, dans les F1 de 2026, un terrain d’expression à leur mesure.

Formule 1 : Senna, Schumacher : les maîtres du contrôle
La nouvelle réglementation promet des monoplaces où l’intelligence de course pèsera autant que la vitesse pure. Énergie électrique à doser, puissance thermique à préserver, pneus et freins à ménager : piloter ne consistera plus à attaquer sans retenue, mais à décider, en permanence, quand et comment attaquer.
Pour Brundle, cette complexité n’a rien de nouveau. « Si vous voulez rouler vite sur la durée, vous devez accepter de protéger des éléments, » glisse-t-il, rappelant que chaque génération de Formule 1 a imposé ses propres sacrifices. « À certaines époques, c’étaient les boîtes de vitesses ou la transmission. Dans les années turbo, on roulait parfois en roue libre pendant de longs tours simplement pour rejoindre l’arrivée. »
Un rappel historique qui sert un message clair : la Formule 1 n’a jamais été un sprint permanent. « J’ai moi-même perdu un podium pour ne pas avoir été assez prudent. Cette leçon ne change jamais, » confie Brundle, soulignant que la gestion fait partie intégrante du talent.
En 2026, la contrainte en Formule 1 a changé de nom. « Aujourd’hui, ce qu’on protégeait hier s’étend à la batterie, » explique-t-il. Les voitures sont plus robustes, mais l’équation énergétique est devenue centrale. « Le défi spécifique évolue, mais le défi global reste le même. »
Et c’est précisément là que Senna et Schumacher auraient excellé. Brundle insiste : « Ces F1 offrent une boîte à outils complète. Ceux qui savent quand utiliser chaque outil, et jusqu’où, feront la différence. »
Ancien coéquipier de Schumacher chez Benetton, Brundle se souvient d’un pilote obsédé par l’optimisation, capable de transformer une contrainte en avantage. Quant à Senna, son intensité légendaire s’accompagnait d’une lecture aiguë de la course, d’une capacité à sentir la limite avant qu’elle ne se rompe.
« Je suis convaincu qu’ils auraient adoré ces voitures, » tranche Brundle. Non pas malgré la complexité, mais grâce à elle.
À l’heure où la technologie menace parfois d’éclipser le pilote, la vision de Brundle agit comme un rappel salutaire : les règlements passent, le génie demeure. Si la Formule 1 de 2026 exige plus de calcul que jamais, elle pourrait aussi récompenser ceux qui, comme Senna et Schumacher, savaient faire rimer maîtrise, audace et lucidité. Une autre époque, d’autres outils… mais le même sommet à atteindre.
































