La polémique technique autour du taux de compression des nouveaux moteurs 2026 enflamme déjà le paddock avant même le premier Grand Prix. Tandis que Mercedes défend bec et ongles son interprétation du règlement, Ferrari hausse le ton sur le fond… mais refuse d’entrer dans une bataille officielle. Une stratégie mesurée en façade, explosive en coulisses.
Ferrari temporise publiquement, mais exige des règles claires
La saga du taux de compression s’impose comme le premier grand bras de fer technique de l’ère 2026. Au cœur du débat : une solution développée par Mercedes HPP permettant d’augmenter la compression du moteur à chaud, générant un gain de puissance potentiel sans enfreindre, en apparence, la lettre du règlement.
Le problème ? Les règles actuelles précisent que la mesure du taux de compression est effectuée à température ambiante dans les stands et non en conditions de piste. Une nuance réglementaire qui ouvre une zone grise majeure, surtout avec des unités de puissance entièrement nouvelles.
Face à cette interprétation audacieuse, Ferrari, Audi et Honda réclament une clarification immédiate des critères de mesure, estimant que l’esprit du règlement est contourné. Red Bull Powertrains, selon plusieurs sources du paddock, se montrerait également favorable à une modification du cadre technique.
Malgré la tension grandissante, Frédéric Vasseur, le directeur technique de Ferrari a adopté une posture prudente, refusant catégoriquement l’idée d’une protestation formelle en Australie. Une déclaration loin d’être anodine dans un contexte aussi explosif.
« Nous ne sommes pas là pour protester », a insisté Vasseur, appelant plutôt à une clarification du règlement.
Le patron de Ferrari insiste sur un point central : le flou réglementaire est une conséquence directe de la révolution technique 2026. Entre nouvelles batteries, nouveaux moteurs, nouveaux châssis et nouvelles règles sportives, les zones d’interprétation étaient inévitables.
« Il y aura forcément des interprétations différentes entre les équipes et parfois même avec la FIA », a-t-il reconnu.
Mais derrière ce discours mesuré se cache une pression politique évidente : Ferrari ne veut pas d’un scandale juridique… elle veut une ligne claire avant l’homologation du 1er mars.
Une bataille politique avant même le premier Grand Prix
Modifier le règlement ne sera pas simple. Une supermajorité du comité des unités de puissance est nécessaire, incluant l’accord des équipes, de la FIA et de la FOM. Autant dire qu’un blocage de Mercedes pourrait suffire à maintenir le statu quo.
Vasseur l’admet implicitement : l’objectif n’est pas de déclencher une guerre officielle, mais d’obtenir une clarification rapide pour éviter une escalade en course.
« Le plus important, c’est d’avoir une situation claire et comprise par tous », a-t-il expliqué.
Si la FIA tranche en faveur de Mercedes, des protestations pourraient émerger d’autres équipes dès Melbourne. Ferrari, elle, joue une partie plus subtile : éviter le conflit frontal tout en poussant la FIA à fermer la faille technique.

































