Après l’incroyable début de saison, nous avons fait le point avec le mentor et ami de Johann, après sa fantastique quatrième place de Jerez et avant ce moment important que sera le Grand Prix de France.

Doubler Marc Marquez pour lui prendre la deuxième place chez lui à Jerez au Grand Prix d’Espagne, c’est quand même osé, non ?

« Ce n’est pas osé car en 2012, lors de sa première année en Moto2 à Estoril, Johann avait manqué la pole qu’il jouait avec Marquez de peu. Ce que Johann a fait à Jerez en MotoGP est la continuité de ce qu’il a fait avant en 125 et en Moto2. Il a commencé la compétition moto plus tard que les autres, et il arrive plus tard à être très bon.

Les débuts de course tonitruants de Johann, à l’attaque des meilleurs dès les premiers tours, constituent-ils une stratégie ou étaient-ce des opportunités à saisir ?

« D’abord il se régale sur la moto. Il se fait plaisir sur cette Yamaha M1. Il se sent à l’aise et donc automatiquement il bagarre devant et montre son talent.

Beaucoup de gens, y compris des professionnels du paddock, semblent découvrir Johann. Comment expliques-tu ça ?

« Je pense que les gens oublient d’où il vient. Johann était aussi bon en 125 et en Moto2, mais on ne regarde que la MotoGP. Johann dit avec raison qu’il ne faut pas oublier les petites catégories. Marc Marquez était bon en 125 et en Moto2, et on ne l’a trouvé fantastique que quand il est passé en MotoGP. On ne regarde que le haut. C’est comme le 4×4, celui qui n’en a pas n’est pas content ! Les petites catégories sont aussi belles que la grande. Johann a fait 11 podiums en 125. En Moto2 dès la première année il était là, comme au Portugal par exemple.

« Certains pensaient qu’il allait s’essouffler, ne plus être là, et soudain en MotoGP ils découvrent Zarco ! Regarde bien : Johann a fait comme les Espagnols Dani Pedrosa, Marc Marquez et Jorge Lorenzo, et aussi comme Valentino Rossi. Il a été bon en 125, bon en catégorie intermédiaire, et maintenant bon ici. C’est-à-dire qu’il n’a pas sauté d’étape dans sa progression. D’autres sautent des étapes très importantes dans certaines catégories. Tu apprends chaque année, et la catégorie supérieure est une remise en question. Si tu t’es bagarré dans les autres catégories, tu arrives avec une certaine expérience en catégorie reine.

Sa notoriété a augmenté en flèche en France. Comment gérez-vous lui et toi ce soudain accroissement de sa popularité ?

« Toujours avec la discipline, la rigueur et le plaisir. C’est bien qu’on reconnaisse maintenant les qualités et le travail de Johann, mais il ne faut pas s’arrêter là. Nous avons une école qui s’appelle ZF Grand Prix, parce qu’on ne veut pas plus tard quand Johann sera en fin de carrière regarder derrière nous et constater qu’il n’y a plus de Français. Regarde les Espagnols : chaque année il y en a un nouveau. Aron Canet qui arrive a fait toutes les formules de promotion qui existent en Espagne, et maintenant il est là. Il n’a pas sauté les étapes. Tout ça est logique.

Arriver au Grand Prix de France après trois courses successives dans les cinq premiers, c’est tout simplement fabuleux. Est-ce que ça met une pression supplémentaire ?

« Le but est de protéger Johann de cette pression. Parce que c’est une personne qui est gentille. Il faut lui laisser faire son travail comme il sait le faire. Nous, on va faire le maximum pour l’entourer. Tout le monde, c’est-à-dire l’équipe Tech 3 et moi, parce que le plus important est qu’il obtienne un bon résultat pour que ce soit un beau Grand Prix de France, et aussi pour Claude Michy. Il faut tout faire pour mettre en avant la moto. Si on protège Johann, il sera bon. Si on l’envahit, il ne sera pas bon parce qu’on l’aura épuisé. Essayons de le protéger et je pense que Johann fera un beau Grand Prix. »

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Photo ci-dessus : Hier vendredi à Nîmes chez Dubois Motos



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