Après 7 saisons complètes en GP, dont 4 en 250 et 3 en MotoGP, Sylvain est devenu Champion du Monde Superbike en 2014. Engagé actuellement en British Superbike chez Suzuki, il disputera le GP de France en remplacement d’Alex Rins. Son dernier Grand Prix a eu pour cadre l’Allemagne en 2011 sur une Ducati Pramac. Il vient d’effectuer deux jours de test à Jerez en compagnie de l’équipe officielle Suzuki MotoGP.

Comment se sont déroulés tes essais ?

« Les essais se sont très bien passés. On a bien travaillé. Il est certain que pouvoir faire un galop d’essai avant la course du Mans a été une excellente opportunité parce que ça faisait un moment que je n’étais pas monté sur une MotoGP. Il y avait aussi la dotation pneus à étudier. Ça a été un grand plaisir. Ce fut l’occasion de commencer à comprendre la machine. C’est vraiment une moto fabuleuse.

Tu as terminé à 2.6 de Vinales et Marquez, ce qui était bien. Quel est ton point de vue ?

« Ça c’était le premier jour, quand j’ai fait quelques tours en fin d’après-midi pour régler la position sur la moto et découvrir la machine. Le deuxième jour, j’ai roulé nettement plus vite. Je me suis bien rapproché des temps qui avaient été réalisés avec la Suzuki pendant le week-end. On a beaucoup travaillé le deuxième jour avec les pneus de course pour que je parvienne à comprendre comment utiliser la moto et les pneus. Au niveau performance, je m’attendais à être beaucoup plus loin que ça.  

« Ensuite, pour être dans le rythme des pilotes titulaires, je suis conscient que ça va être très difficile. Mais je suis là pour essayer de m’adapter le plus rapidement possible, donc ça va être un challenge très intéressant.

Ton chrono du deuxième jour, on peut le connaître ou c’est confidentiel ?

« C’était un test privé, au sujet duquel on n’a pas communiqué. Disons que ça s’est très bien passé. On a aussi évalué des nouveautés sur la machine. Il était intéressant pour Suzuki d’avoir un autre avis et un autre ressenti sur la moto. Un œil extérieur peut amener des commentaires utiles.

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Tu aimes bien la Suzuki GSX-RR ?

« Oui, c’est une moto fabuleuse. Elle est incroyable. La puissance est énorme, tout comme la manière dont elle est délivrée est impressionnante. C’est incomparable avec d’autres machines, une sensation différente. J’ai pu essayer pour la première fois le carénage aéro, qui a un effet très intéressant sur la performance. Tester ce qui est au sommet de la technologie actuelle a été une super expérience.

Tu as discuté avec Andrea Iannone ? T’a-t-il donné des conseils ?

« Je ne crois pas qu’il va me donner de conseils (rire). On a discuté, on s’est parlé un peu parce qu’on se connaissait déjà de l’époque où on était en GP ensemble. C’était sympa de retrouver le milieu des Grands Prix où j’ai beaucoup d’amis et de connaissances.

L’équipe Suzuki semblait un peu désemparée avec les blessures d’Alex Rins et les performances en dents de scie de Iannone. Est-ce aussi l’impression que tu as eue ?

« En MotoGP, le niveau de compétition est à son plus extrême. C’est une catégorie très difficile. Alex s’est blessé et c’est une épreuve pénible à surmonter. Ils ont un pilote d’expérience – Andrea – et un rookie qui apprend la catégorie. C’est une bonne complémentarité pour l’équipe. Andrea aux Etats-Unis a fait une superbe remontée, avec le quatrième temps en course. Le team et la machine sont compétitifs, mais la concurrence est rude.

On a eu l’impression lors du GP de Jerez que les Michelin fonctionnaient bien dans une plage de réglages étroite. Soit on les trouvait, comme les Honda d’usine, soit on ne les trouvait pas comme les Yamaha officielles. As-tu eu cette impression de marge limitée ?

« Pour moi, les performances ont été déterminées par le circuit de Jerez. En Superbike c’est pareil : quand il fait froid, le matin ou lors des tests hivernaux, le grip est complètement différent de ce qu’il est quand la piste est chaude. Les chronos varient, et certains pilotes et équipes parviennent à mieux gérer la situation. Pour moi ça n’a pas été vraiment un problème de pneus, car en Superbike c’est exactement pareil. Il faut parvenir quand le grip descend à maintenir les chronos.

« Regarde, par exemple, le rythme de course pour la gagne était de 1’41.0. Comme l’année dernière. Pedrosa a réalisé un temps total deux secondes plus vite que Valentino l’année d’avant, mais les performances de Valentino ont été complètement différentes d’une année à l’autre. Il faut adapter le style de pilotage et les réglages aux conditions de la piste qui changent.

« Cela dépend aussi du dépôt de gomme, plus important s’il ne pleut pas, y compris des Moto2 et des Moto3. En fonction de toutes ces données, ça crée des conditions de piste vraiment très différentes. »

« Je souhaite à Alex Rins une prompte convalescence et un retour prochain sur les circuits. »

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Photos © Suzuki et motogp.com



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