Moto GP
Publié le 19 octobre 2026 • 06:30 par André Lecondé

La semaine du benêt atypique : en MotoGP, pour aller plus vite, il faut parfois ralentir !

Pressions de pneus, qualifications 2027, syndicat des pilotes, Qatar et adieux à Phillip Island, le benêt décortique une semaine en MotoGP.

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Le MotoGP prépare sa révolution, mais une drôle de logique s’installe dans le paddock. Les pilotes doivent parfois ralentir pour respecter les règles, accepter des qualifications supplémentaires pour améliorer le spectacle et envisager un syndicat pour espérer être entendus. Pendant ce temps, le Qatar pose la question de la sécurité et Phillip Island prépare ses adieux. Le benêt atypique s’est donc demandé si le championnat n’était pas en train de confondre modernisation et complication.

Le pilote le plus rapide est prié de ralentir, qui passe pour un benêt ?

À Mandalika, Jorge Martin avait pris 1,7 seconde d’avance pendant le Sprint. Une belle démonstration de vitesse ? Pas tout à fait. La pression de son pneu avant menaçait de rester sous le minimum réglementaire. Pour éviter une pénalité, il lui fallait modifier son rythme et retrouver des conditions permettant au pneumatique de monter en pression.

Marc Marquez et Pedro Acosta ont également dû composer avec ce casse-tête. Neil Hodgson, consultant pour TNT Sports, résume l’absurdité apparente : comment vendre un championnat dans lequel un pilote doit parfois laisser revenir ses adversaires pour rester dans la légalité ?

Carlos Ezpeleta rappelle, lui, que la réglementation répond à des impératifs de sécurité. Les deux arguments se défendent. Mais le spectateur, lui, cherche toujours pourquoi le leader a soudainement décidé de ne plus mener.

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Pirelli arrive, les problèmes restent ?

La promesse semblait simple : Michelin quitte le MotoGP, Pirelli arrive en 2027, et les interminables discussions sur les pressions de pneus disparaissent. Sauf que non. Giorgio Barbier, responsable de la compétition moto chez Pirelli, a déjà confirmé que le principe du contrôle des pressions serait maintenu.

Cette semaine, Ramon Forcada a même affirmé que le nouveau fournisseur aurait préféré se débarrasser du système actuel de pénalités, sans pouvoir le faire.

Deux déclarations qui ne racontent pas exactement la même histoire. Une chose est cependant certaine : changer de manufacturier ne signifie pas supprimer les contraintes techniques.

Le benêt atypique avait cru comprendre qu’en 2027, tout serait nouveau. Il découvre que certaines habitudes sont déjà reconduites.

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Des qualifications en plus, une voix en moins ?

En 2027, le MotoGP prévoit une nouvelle organisation des qualifications et la suppression du warm-up dominical. Une réforme destinée à rendre le week-end plus attractif. Problème : plusieurs pilotes contestent moins le principe du changement que leur faible participation aux décisions.

D’où le retour d’une idée ancienne : créer une association indépendante, sur le modèle de la GPDA en Formule 1. Aleix Espargaró possède le profil idéal pour la présider. L’expérience, le caractère, la connaissance du paddock.

L’intéressé reconnaît que la fonction serait importante. Mais ses engagements chez Honda et sa vie familiale ne lui permettent pas d’envisager une présence permanente sur les circuits.

Le MotoGP cherche donc un capitaine pour ses pilotes. Reste à savoir si les pilotes sont prêts à constituer l’équipage.

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Qatar : la sécurité peut-elle devenir une affaire de constructeurs ?

Le Grand Prix du Qatar, programmé début novembre, reste au calendrier. Mais les interrogations sur les conditions de sécurité et de déplacement continuent d’alimenter les discussions.

Honda et Yamaha seraient particulièrement attentifs aux implications pour leurs personnels. L’hypothèse d’une opposition des constructeurs japonais circule, sans qu’une protestation commune officielle soit établie.

Derrière la question sportive se trouve une responsabilité d’employeur : envoyer des salariés sur un événement suppose de pouvoir évaluer les risques. Le championnat défend son calendrier. Les équipes doivent protéger leurs effectifs. Et les pilotes aimeraient probablement connaître la décision avant de préparer leurs valises.

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Phillip Island : le circuit qu’on quitte au moment où on le célèbre

Du 23 au 25 octobre, le MotoGP retrouvera Phillip Island pour une dernière édition avant son transfert à Adélaïde en 2027. L’Australie prépare donc des adieux à l’un des tracés les plus spectaculaires du championnat.

Pendant ce temps, le futur circuit urbain d’Adélaïde suscite des contestations environnementales, notamment autour des arbres menacés par les aménagements. Le projet promet une meilleure accessibilité et une nouvelle vitrine commerciale.

Mais il soulève une question : un Grand Prix doit-il avant tout offrir un circuit exceptionnel aux pilotes ou un événement plus facile à vendre aux spectateurs ? À Phillip Island, la réponse semblait évidente. À Adélaïde, elle reste à démontrer.

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Les trois questions du benêt atypique

  1. Quand un pilote doit ralentir pour respecter une règle de sécurité, faut-il modifier la règle, les pneus ou simplement notre définition de la course ?
  2. Si les pilotes ont besoin d’un syndicat pour participer aux décisions, qui les représentait réellement jusqu’à présent ?
  3. Le MotoGP de 2027 sera-t-il plus spectaculaire parce qu’il aura changé ses règles, ou parce qu’il aura enfin compris ce que les spectateurs viennent regarder ?

Le benêt atypique vous laisse donc avec trois questions… et une certitude : à force de vouloir réinventer le MotoGP, il serait dommage d’oublier que son spectacle commence toujours par des pilotes qui essaient d’aller plus vite que les autres.

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