Le soleil disparaissait derrière l’horizon, et Kuala Lumpur se transformait en décor de cinéma. Les Tours Petronas scintillaient, la lumière tombait exactement comme il fallait, et le MotoGP s’apprêtait à capturer l’image qui allait faire le tour du monde : la photo officielle de lancement de saison. Un instant calibré à la seconde près. Un moment historique. Et pourtant, il manquait un visage. Celui de Fabio Quartararo.
À 20h30 précises, sous l’œil attentif du photographe officiel Diego Sperani, les pilotes prenaient place. “Pas encore… ce n’est pas assez sombre”, répétait-il, guettant la lumière parfaite. Autour, la tension était palpable. Chaque détail comptait.
Víctor Seguí responsable des interactions avec la communauté vérifiait la liste. Tout le monde est là ? Non. Deux absents : Fabio Quartararo, blessé au doigt et déjà rentré chez lui, et Fermin Aldeguer, toujours en convalescence. Mais dans le cas de Quartararo, l’absence pèse autrement.
Officiellement, le champion du monde 2021 soigne sa fracture. Officieusement, la relation avec Yamaha traverse l’une des périodes les plus tendues de son histoire.
Après les difficultés de la nouvelle M1 V4 à Sepang, après les rumeurs persistantes d’un départ vers Honda, le timing de son départ d’Asie ne passe pas inaperçu.
Car ce n’était pas une simple photo. C’était LA vitrine mondiale du championnat.
Tous les pilotes étaient épuisés après trois jours d’essais. Personne n’avait envie de poser sous 30 degrés après le coucher du soleil. Mais ils étaient là. Parce que le moment dépasse l’individu.
Même Marc Marquez, hilare après la chute d’un photographe dans l’herbe, a joué le jeu jusqu’au bout. Sourires, poses, disponibilité avec les fans. Aucun ne s’est dérobé. Sauf Quartararo.

Fabio Quartararo : une blessure… ou un message ?
Un rendez-vous symbolique a été manqué. La photo finale est spectaculaire. Puissance. Glamour. Skyline iconique. Machines alignées comme des missiles prêts au décollage. Une déclaration au monde : le MotoGP est de retour.
Mais sur cette image censée représenter l’élite absolue, le pilote vedette de Yamaha manque à l’appel. Pour un constructeur qui mise tout sur son aura commerciale en Asie du Sud-Est, l’absence est lourde de sens. Kuala Lumpur n’est pas un simple décor : c’est un marché stratégique.
Dans un paddock où l’image compte autant que la performance, manquer volontairement, ou non, ce moment, c’est envoyer un signal.
Alors que les pilotes quittaient le site, des centaines de supporters attendaient barrières ouvertes, téléphones levés, casquettes à faire signer. Fatigués, oui. Mais présents.
C’est là que le contraste devient brutal. Le MotoGP est un spectacle global. Et dans ce spectacle, la connexion avec le public est sacrée.
Peut-être que ce n’est rien. Peut-être que ce n’est qu’une gestion logique d’une blessure. Mais dans un contexte où son avenir fait débat, où Yamaha traverse une crise technique majeure, cette absence ne ressemble pas à un simple contretemps. Elle ressemble à un désengagement symbolique.
Alors que les lumières de Kuala Lumpur illuminaient la saison 2026, une question flottait dans l’air chaud de Malaisie : le chapitre Quartararo-Yamaha est-il déjà en train de s’éteindre ? Le cliché est parfait. Sauf qu’il manque une pièce centrale. Et dans ce sport, les absences parlent parfois plus fort que les déclarations.
































