pub

Honda

La crise que traverse actuellement Honda en Formule 1 pourrait entraîner des conséquences bien au-delà du paddock des monoplaces. Selon plusieurs sources internes, les difficultés rencontrées par le moteur Honda en F1 pourraient indirectement affecter le programme MotoGP, pourtant en pleine phase de reconstruction.

La saison 2026 de Formule 1 a commencé de manière très difficile pour Aston Martin F1 Team, désormais propulsée par un moteur Honda.

Lors du week-end d’ouverture en Australie, les problèmes sont apparus au grand jour. Les deux pilotes, Fernando Alonso et Lance Stroll, n’ont même pas terminé la course.

Les critiques ont été particulièrement sévères, notamment de la part du génial ingénieur Adrian Newey, recruté pour mener Aston Martin vers le titre.

Selon lui, le problème principal provient des vibrations du moteur, qui endommagent les batteries et se transmettent jusque dans le volant.

La description du phénomène par Stroll illustre l’ampleur du problème :

« Je ne vois pas comment on pourrait comparer. C’est un peu comme s’électrocuter sur une chaise, non ? »

Les essais hivernaux ont déjà donné un signal d’alarme. Lors des tests de présaison à Bahreïn :

les Aston Martin motorisées par Honda n’ont parcouru que 2 111 km les équipes motorisées par Mercedes ont accumulé 21 551 km celles propulsées par Ferrari ont parcouru 16 121 km. Un écart gigantesque qui révèle un problème majeur de fiabilité.

Honda

Une organisation commune entre F1 et MotoGP chez Honda

Le danger pour le MotoGP provient d’une décision stratégique prise en 2022 par Honda Racing Corporation : regrouper les programmes deux roues et quatre roues dans une même structure. L’objectif était de créer des synergies techniques et d’optimiser les ressources.

Le président de HRC, Koji Watanabe, expliquait alors :

« Nous avons commencé à utiliser les installations de HRC à Sakura – un centre de développement pour les moteurs de Formule 1 – également pour nos projets à deux roues. Le fait que les divisions deux et quatre roues travaillent ensemble est très bénéfique. »

Mais aujourd’hui, cette organisation pourrait devenir un problème. Un cadre de Honda proche des deux divisions a reconnu la situation auprès d’Autosport :

« En MotoGP, cela aura assurément un impact. Nous partageons la même structure qu’en F1, et nos efforts immédiats seront concentrés sur la résolution de ce problème. »

Autrement dit, les ressources humaines et techniques pourraient être redirigées vers la F1, au moment même où Honda commençait à redresser la barre en MotoGP.

Ironiquement, cette crise intervient alors que Honda montrait enfin des signes encourageants dans la catégorie reine des motos.

La saison dernière, la marque japonaise a été le constructeur ayant le plus progressé, avec 35 % de points supplémentaires par rapport à 2024.

Lors de la manche d’ouverture en Thaïlande, Joan Mir était même en lutte pour la cinquième place avant l’explosion de son pneu arrière.

La situation est d’autant plus délicate que la direction de HRC est sur le point d’évoluer. Le départ prochain de Hikaru Tsukamoto pourrait redistribuer les cartes, alors que les dirigeants du programme MotoGP, Yuzuri Ishikawa et Taichi Honda, tentent de défendre leur projet.

Dans la culture d’entreprise japonaise, cela complique les débats internes.

« Il est très inhabituel pour un subordonné de remettre en question un ordre venant de sa hiérarchie. »

Il y a à peine deux ans, Honda vivait l’un des plus grands succès de son histoire en Formule 1 :

le quatrième titre mondial consécutif de Max Verstappen avec un moteur Honda chez Red Bull Racing.

Aujourd’hui, la marque se retrouve face à une situation inverse : une crise en F1 qui pourrait freiner son renouveau en MotoGP.

Et dans un monde des sports mécaniques où les ressources sont limitées, les décisions prises à Sakura pourraient redessiner l’avenir des deux programmes.

Honda

 

 

 

 

Tous les articles sur les Pilotes : Fernando Alonso, Luca Marini

Tous les articles sur les Teams : Honda MotoGP