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Carlos Checa

Le séisme est silencieux… mais total. Pedro Acosta aurait accepté de rejoindre Ducati à l’expiration de son contrat avec KTM. Rien d’officiel encore, mais dans le paddock, l’affaire est considérée comme actée. Une poignée de main avec Gigi Dall’Igna avant les essais de présaison aurait scellé le principe. Et ce n’est pas tout. Fabio Quartararo filerait chez Honda, tandis que Jorge Martin serait le choix de Yamaha pour lui succéder. Trois transferts majeurs. Conclus en 24 heures. Le marché 2027 semble presque bouclé… avant même le premier tour de roue de 2026. Carlos Checa s’en offusque. 

L’ancien pilote MotoGP avec près de 200 Grands Prix disputés entre 1995 et 2010 et champion du monde WSBK Carlos Checa, n’a pas mâché ses mots sur motosan. « Oui, je pense qu’au final, cela nuit un peu à l’année 2026. »

Pour lui, annoncer ces départs si tôt mine l’intensité sportive. « Je pense que nous devrions ralentir un peu ces transferts, les geler, non ? Par exemple, comme dans le football. »

Checa propose un système clair : « le mercato hivernal, le mercato estival, c’est ça ? Je pense qu’il faudrait bloquer, geler, et rouvrir un peu la période des transferts vers le milieu de la saison. »

Son inquiétude est psychologique : « parce qu’au final, c’est ce que je dis, ça va gâcher un peu l’ambiance cette année. Quand les rivaux directs de Marc annoncent déjà leur départ de leurs équipes respectives, ça ne facilite pas la tâche de l’équipe, ni du pilote, pour avoir une confiance maximale et donner le meilleur d’eux-mêmes. »

Carlos Checa

Carlos Checa pose la vraie question : peut-on vraiment se battre à 100 % pour une équipe que l’on s’apprête à quitter ?

Et il insiste : « ici, tout le monde est professionnel et fera de son mieux, mais au final, c’est aussi un sport très émotionnel… lorsqu’on est bien intégré, engagé envers l’équipe, envers les gens, avec un projet de continuité, on finit par être un peu plus performant que si l’on a déjà annoncé son départ à la fin de la saison. »

Le sous-texte est évident : peut-on vraiment se battre à 100 % pour une équipe que l’on s’apprête à quitter ?

Du côté d’Aleix Espargaró, aujourd’hui pilote d’essai Honda, la réponse est plus pragmatique. Il comprend la frustration de Checa. Mais pour lui, la solution est irréaliste. « Je pourrais dire oui, mais ce serait très difficile. Impossible, j’oserais dire. »

Pourquoi ? Parce que les accords se feraient en coulisses. « On discuterait quand même en coulisses et on signerait une lettre d’intention. Et plus tard, à l’ouverture du mercato, vous apposiez votre signature sur le contrat définitif. »

Autrement dit : même avec une “fenêtre officielle”, les négociations existeraient toujours. Et Espargaró pointe un facteur clé : « la valeur d’un pilote est basée sur ses courses récentes ou son palmarès, et lutter contre cela est vraiment difficile. »

Le vrai problème n’est peut-être pas réglementaire. Il est émotionnel. Acosta chez Ducati. Quartararo chez Honda. Martin chez Yamaha… Si ces mouvements sont actés avant le printemps, la saison 2026 risque de ressembler à une année de transition permanente. Les pilotes devront prouver leur valeur… tout en sachant qu’ils changent de couleurs.

Les équipes investiront-elles à 100 % dans des pilotes sur le départ ? Les pilotes garderont-ils la même implication stratégique ? Dans un paddock où chaque dixième est vital, le doute suffit parfois à tout faire basculer.

Le MotoGP adore le drama. Mais en 2026, il pourrait en avoir trop… trop tôt.

Carlos Checa

 

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