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Dans un paddock qui s’emballe déjà pour 2027, où les signatures s’annoncent avant même que la saison ne soit réellement lancée, Maverick Viñales choisit une posture presque à contre-courant : pas de précipitation, pas de déclaration tapageuse, pas de course effrénée au contrat. Le pilote du Red Bull KTM Tech3 insiste sur une chose, et une seule : la clarté du pilotage et la concentration totale sur la saison en cours.

Il ne nie pas réfléchir à son avenir, loin de là. Mais il refuse de s’agiter. « J’ai une idée assez précise de l’endroit où je veux aller et de la façon d’y parvenir » lit-on sur motosan.

Une phrase qui en dit long. Viñales sait ce qu’il veut, mais il ne veut pas le forcer. Dans un environnement où « tout le monde semble aller très vite », lui préfère ralentir, analyser, comprendre. D’abord la moto. Ensuite le reste.

Son analyse est presque brutale de simplicité : la hiérarchie actuelle n’est pas figée, elle dépend d’un détail fondamental : le réglage.

En évoquant les remontées spectaculaires d’antan de Brad Binder, parti très loin pour finalement jouer la victoire, Viñales pointe du doigt ce qui fait, selon lui, toute la différence :

« Il était 22e ou 23e… et il a failli gagner. Pour moi, tout repose sur un bon réglage. Une moto qui fonctionne, et c’est tout. »

Pas de discours mystique. Pas de théorie complexe. Si la moto est dans sa bonne fenêtre, KTM peut viser les leaders. Si elle en sort, même un pilote de pointe devient invisible.

Maverick Viñales

Maverick Viñales : « les contrats sont toujours compliqués… Pour moi, c’est encore trop tôt »

Il reconnaît d’ailleurs que l’an dernier, l’équipe était loin de cette fameuse fenêtre optimale :

« Nous étions loin de notre réglage idéal et de notre niveau de performance. Je ne savais même pas où nous pouvions finir. »

Cette fois, il veut une base solide, cohérente, exploitable. Une moto qui répond. Une moto prévisible. Une moto capable de transformer son talent en résultats.

Alors que les rumeurs s’intensifient et que certains commencent déjà à redistribuer les cartes pour 2027, Viñales freine.

« Les contrats sont toujours compliqués… Pour moi, c’est encore trop tôt. Il faut tester la moto, la comprendre, voir comment tout fonctionne. »

Il cite même le calendrier : Mugello, en mai, serait déjà trop prématuré pour prendre une décision. C’est une manière élégante de rappeler que signer dans l’urgence est rarement synonyme de réussite.

Dans un championnat où les carrières se redessinent à la moindre opportunité, le numéro 27 assume une forme de stabilité assumée — presque provocante.

Contrairement à d’autres pilotes qui entretiennent volontairement le flou pour faire monter les enchères, Viñales affiche publiquement sa satisfaction : « je suis très content de KTM. Je l’ai toujours dit. Ils le savent. »

Il parle d’un « pari risqué » à l’idée de changer d’environnement, comme s’il rappelait que chaque transfert, aussi séduisant soit-il sur le papier, comporte sa part d’inconnu.

Rester dans un cadre connu, avec des personnes qui travaillent pour lui et comprennent ses besoins, peut parfois valoir plus qu’un contrat doré ailleurs. Surtout à l’aube d’une nouvelle réglementation qui va redistribuer les cartes.

Au fond, son message est limpide : le futur se construira sur les résultats, pas sur les communiqués.

Si le championnat démarre bien, les discussions deviendront plus simples. Si la moto fonctionne, les options existeront naturellement. Mais rien ne sera décidé avant d’avoir roulé, testé, compris.

Dans un MotoGP de plus en plus dominé par la stratégie et le marketing, Viñales adopte une approche presque old-school : piloter vite d’abord, négocier ensuite.

Et dans ce paddock où tout s’accélère, cette patience pourrait bien devenir son arme la plus redoutable.

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