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Le passage du Superbike au MotoGP n’est jamais une promenade de santé. Mais pour Toprak Razgatlioglu, le baptême du feu avec Yamaha ressemble déjà à un parcours d’obstacles. Le triple champion du monde WSBK voulait accumuler des kilomètres, comprendre les pneus Michelin, dompter l’aérodynamique, apprivoiser le V4. Il s’est retrouvé à regarder la piste depuis le box.

Tout a basculé après l’arrêt en piste de Fabio Quartararo lors de la première journée. Le V4 s’est coupé, les ingénieurs n’ont pas trouvé immédiatement la cause, et par précaution, Yamaha a suspendu toutes ses activités le lendemain. Six pilotes immobilisés. Rideau baissé.

Pour un rookie MotoGP, c’est le pire scénario possible. Même si le problème a finalement été circonscrit et que Yamaha est revenue en piste le troisième jour, le mal était fait : temps de roulage amputé, confiance ébranlée, dynamique cassée.

Comme si cela ne suffisait pas, la moto de Razgatlioglu a dû être modifiée pour respecter la hauteur réglementaire, avec retrait de l’aileron arrière. Une situation presque surréaliste en pleine phase d’adaptation.

Ajoutez à cela un détail qui fait sourire dans le paddock : Jack Miller, son coéquipier chez Prima Pramac Yamaha, a plaisanté en affirmant que Toprak pilotait la V4 « comme un chopper ». À plus d’1,83 m, le Turc peine encore à exploiter pleinement l’aérodynamique.

Lui-même reconnaît être « stressé » dans les lignes droites. En MotoGP, tout va plus vite. Beaucoup plus vite.

Pedro Acosta Toprak Razgatlioglu

Le conseil de Pedro Acosta à Toprak Razgatlioglu : ralentir !

Sur le plateau de « After The Flag », Pedro Acosta a livré un conseil lucide : « peut-être faut-il y aller doucement. (…) Ici, on a beaucoup de temps, et le troisième jour, avec les chasses au chrono, tout le monde est à fond, et ce n’est pas du tout facile de tout mettre en œuvre comme un débutant. »

Puis il ajoute, presque en avertissement : « mon conseil serait peut-être qu’il y aille doucement et qu’il ne se mette pas trop de pression les premiers jours. » Message clair : ne pas brûler les étapes.

Andrea Dovizioso est présent pour l’accompagner, l’encadrer, lui traduire les subtilités du MotoGP. Mais même avec un mentor, la transition reste brutale.

Le MotoGP n’est pas le Superbike. Et Yamaha, en pleine reconstruction technique, ne garantit aucune protection.

Toprak a le talent. Personne n’en doute. Mais entre une moto encore fragile, une aérodynamique exigeante et un paddock impitoyable, la saison 2026 pourrait ressembler à une école accélérée.

Le « El Turco » doit apprendre vite. Très vite. Et surtout, survivre à ses premières lignes droites.

Toprak Razgatlioglu

 

 

 

 

 

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