Il y a une constante en MotoGP moderne : tant que Luigi Dall’Igna est aux commandes, Ducati restera une référence technique. La révolution réglementaire de 2027 (moteurs 850cc, aérodynamique réduite, nouvelle philosophie châssis) inquiète beaucoup d’équipes. À Borgo Panigale, elle ressemble presque à une opportunité. Dall’Igna a déjà traversé plusieurs cycles réglementaires, et à chaque fois, il a trouvé le moyen de livrer une moto compétitive. Autrement dit : celui qui pilotera la Ducati 2027 aura entre les mains une arme sérieuse.
Marc Marquez devrait rester au minimum une saison supplémentaire chez Ducati pour accompagner la transition vers la nouvelle ère. Son statut est clair : il est le pilote phare du projet.
La question se pose davantage du côté de Francesco Bagnaia. Après une saison 2025 compliquée et une relation parfois tendue avec la GP25, son avenir n’est plus aussi évident qu’il y a deux ans. Ducati étudie des alternatives, et un nom revient avec insistance : Pedro Acosta.
Malgré une KTM irrégulière, Acosta a démontré qu’il pouvait faire la différence. Sa capacité à surperformer un matériel imparfait a renforcé son attractivité sur le marché.
Selon plusieurs sources, il serait prêt à accepter « n’importe quelle offre » de Ducati pour 2027, sans faire des conditions financières un obstacle majeur. Ce positionnement est révélateur : sa priorité est sportive, pas contractuelle.
Ce n’est d’ailleurs pas un secret que Dall’Igna admire le profil d’Acosta. Il l’a déjà évoqué comme une recrue idéale s’il avait la possibilité d’aligner une troisième moto officielle. Aujourd’hui, les circonstances semblent plus favorables.

Dall’Igna veut sécuriser Acosta avant que la concurrence ne surenchérisse et structurer dès maintenant le projet 2027 autour de lui
D’après l’édition italienne de Motorsport.com, Dall’Igna souhaiterait accélérer les discussions. L’objectif est double : sécuriser le talent avant que la concurrence ne surenchérisse et structurer dès maintenant le projet 2027 autour de lui.
Car Honda pourrait mettre sur la table une offre financière considérable, avec la promesse d’un rôle central dans un projet reconstruit. Sur le plan économique, la tentation serait forte.
Mais le risque sportif est évident. En 2027, repartir dans un programme totalement nouveau comporte une part d’incertitude beaucoup plus grande que rejoindre Ducati, structure déjà dominante et techniquement stable.
Pour un pilote de 21 ans entrant dans ses meilleures années, le choix est stratégique : sécuriser un avenir financier ou maximiser ses chances de titres.
Un scénario intermédiaire circule : Acosta pourrait rejoindre VR46 pour une saison d’adaptation avant d’intégrer l’équipe d’usine. Ce modèle a déjà fait ses preuves dans l’écosystème Ducati.
Tout dépendra de sa patience… et de la vitesse à laquelle Ducati souhaite restructurer son line-up officiel.
Marc Marquez a récemment estimé qu’Acosta ne disposerait pas des outils pour jouer le titre en 2026. Ce jugement ne remet pas en cause le talent du jeune Espagnol, mais souligne l’importance du matériel. En 2027, sur une Ducati officielle, le contexte serait radicalement différent.
Marquez entrerait dans sa troisième saison en rouge, avec un statut de leader établi. Acosta arriverait comme le futur du projet. Sur le papier, la hiérarchie serait claire. Sur la piste, elle le serait beaucoup moins.
Deux profils espagnols, deux tempéraments offensifs, deux mentalités de champions. Si la moto est au niveau attendu, ce tandem pourrait devenir l’un des plus marquants de l’ère moderne.
La véritable question n’est donc plus de savoir si Dall’Igna peut produire une moto compétitive en 2027. La vraie question est : qui aura le privilège de la piloter aux côtés de Marc Marquez ? Et aujourd’hui, tous les signaux pointent vers Pedro Acosta.

Photo : KTM































