C’est une sortie qui ne passe pas inaperçue. À l’heure de faire ses valises pour rejoindre KTM, Alex Marquez ne se contente pas de tourner la page Gresini : il en profite pour remettre les pendules à l’heure dans le paddock… et défendre avec une rare fermeté un constructeur que beaucoup ont déjà enterré trop vite.
Car derrière ce transfert vers l’usine autrichienne, il y a bien plus qu’un simple choix de carrière. Il y a un message. Et il est clair : KTM a été injustement jugée.
Vice-champion du monde 2025, vainqueur pour la première fois en MotoGP et pilier du projet Gresini, Alex Marquez quitte une structure où il était installé pour franchir un cap logique : devenir pilote d’usine. Mais son discours dépasse largement le cadre sportif.
Face aux critiques visant KTM après sa crise financière de 2025, l’Espagnol n’a pas mâché ses mots :
« Tout le monde a perdu confiance en KTM ou leur a beaucoup manqué de respect l’année dernière lorsqu’ils ont eu leurs problèmes financiers, mais en 2023, tous les pilotes étaient à l’avant et c’était de loin la deuxième meilleure moto, après la Ducati. »
Une déclaration lourde de sens, qui vise directement l’analyse dominante du paddock. Pour lui, la chute d’image de KTM n’a rien à voir avec sa réelle compétitivité.
Il insiste d’ailleurs : « je pense que le revers de l’an dernier a vraiment nui à leur image et que les gens les ont beaucoup sous-estimés, mais je crois qu’ils ont un grand potentiel. »
Autrement dit : KTM n’est pas en crise sportive… seulement en crise de perception.

Un pari sportif… mais aussi financier pour Alex Marquez
Derrière ce choix, il y a aussi une réalité beaucoup plus pragmatique. En rejoignant KTM, Alex Marquez double tout simplement son salaire, passant d’environ 400 000 € chez Gresini à près de 1 million d’euros.
Mais réduire ce transfert à une question d’argent serait une erreur. Car ce que cherche Alex Marquez, c’est avant tout un statut, une reconnaissance… et surtout une machine capable de jouer le titre sur la durée. Et les signaux sont loin d’être négatifs.
Pedro Acosta arrive au Brésil en leader du championnat après un début de saison tonitruant, tandis que Brad Binder reste une référence solide au sein du projet KTM.
Pour Marquez, cela ne fait aucun doute : « je pense donc que c’est une moto compétitive et qu’elle sera performante toute l’année. »
Le message est limpide : il ne rejoint pas un outsider… mais un prétendant.
Ce départ s’inscrit aussi dans un bouleversement plus large du marché MotoGP. Gresini, malgré ses résultats exceptionnels, se retrouve aujourd’hui fragilisé, incapable de rivaliser financièrement avec les structures d’usine.
Et le coup est double. Fermin Aldeguer est lui aussi sur le départ, direction VR46, dans ce qui ressemble à une promotion interne chez Ducati. Résultat : Gresini pourrait perdre ses deux piliers… et se retrouver sans pilotes ni garanties techniques solides pour 2027.
Pendant ce temps, KTM, Aprilia et Ducati se livrent une bataille féroce pour attirer les meilleurs profils, dans un contexte où les futurs accords commerciaux vont redéfinir totalement l’équilibre du paddock MotoGP.
Ce transfert n’est pas neutre. Il révèle une conviction forte : KTM n’est pas en déclin, elle est en reconstruction… et prête à surprendre.
En prenant position publiquement, Alex Marquez ne se contente pas de défendre son futur employeur. Il envoie un avertissement au paddock : vous vous êtes peut-être trompés sur KTM et vous pourriez le payer très cher.
Car si la RC16 confirme son potentiel… alors ce choix, aujourd’hui audacieux, pourrait bien devenir évident.
Et dans ce cas-là, Alex Marquez ne sera plus seulement un transfuge ambitieux. Il sera celui qui avait vu juste avant tout le monde.




























