Le marché MotoGP 2027 s’emballe, les guidons se verrouillent à une vitesse fulgurante, et Alex Marquez se retrouve à un carrefour décisif de sa carrière. Après quatre saisons chez Gresini Racing, l’Espagnol sait que sa prochaine décision pourrait redéfinir sa trajectoire sportive. Mais contrairement à d’autres, il refuse de se précipiter.
« Je sais que j’ai dit que j’annoncerais ma prochaine destination en Thaïlande » rappelle-t-il sur motosan. « Oui, je sais. C’est ma quatrième année chez Gresini, et c’est pourquoi je veux prendre ma décision sereinement, une fois rentré chez moi, après avoir examiné toutes les options ».
Il développe : « l’aspect sentimental est important. Avec Gresini, nous avons construit quelque chose de très important. Mais je dois prendre la bonne décision. Il est temps de prendre un risque ou de changer, et il y a aussi la nouvelle réglementation. On verra. »
Ces mots révèlent une tension intérieure : entre fidélité et ambition, entre stabilité et saut dans l’inconnu. La nouvelle ère des 850 cc en 2027 ajoute une variable stratégique majeure. Changer maintenant, c’est parier sur l’avenir. Rester, c’est miser sur la continuité.

Alex Marquez : « je veux tout bien comprendre. J’en ai même déjà parlé avec Marc »
Alex l’assume : « je choisirai l’offre la plus intéressante ou celle dans laquelle je me sens le plus à l’aise et le plus offensif. Je veux tout bien comprendre. J’en ai même déjà parlé avec Marc. L’année dernière aussi, lorsque nous nous sommes retrouvés dans cette situation inédite au championnat. Nous savons tous les deux ce que nous avons à faire. »
La discussion avec son frère n’est pas anodine. Marc Marquez reste la référence absolue du paddock, et Alex évolue en permanence dans cette comparaison.
Mais au fait, peut-il battre Marc ? La question brûle toutes les lèvres, mais Alex ne cherche pas à masquer la réalité. Il parle avec une lucidité presque brutale.
« Beaucoup d’entre nous l’ignorent. Je suis peut-être celui qui sait mieux que quiconque à quel point c’est difficile de le battre. D’autres pensent peut-être qu’il existe une solution, d’une manière ou d’une autre. Moi, en revanche, je sais combien c’est compliqué, mais je vais essayer comme tout le monde, même si c’est très difficile. »
Ce n’est ni une capitulation ni une résignation. C’est la reconnaissance d’un défi colossal. Il décrit son frère comme un pilote complet, capable de transformer une saison irrégulière en rouleau compresseur.
« C’est un pilote très complet à bien des égards. On l’a vu l’année dernière : il a commencé de façon irrégulière, puis lorsqu’il a enchaîné sept victoires sprint après sprint… c’est là qu’il a vraiment explosé. Et quand on pense au championnat, avec 100 points d’écart, on comprend que c’est joué. »
Cette analyse, froide et factuelle, montre qu’Alex ne se nourrit pas d’illusions. Il connaît les forces de Marc mieux que quiconque, peut-être même mieux que ses rivaux. Mais il ne renonce pas à l’idée de l’affronter sur un pied d’égalité.
En 2027, tout le MotoGP sera redistribué. Pour Alex Marquez, la décision ne sera pas seulement contractuelle ; elle sera identitaire. Continuer à bâtir avec Gresini, ou plonger dans un nouveau projet en espérant disposer des armes nécessaires pour défier le sommet ? Il le dit lui-même : « il est temps de prendre un risque ou de changer. »
Dans un paddock où les choix se font de plus en plus tôt, son hésitation réfléchie tranche avec la précipitation ambiante. Alex Marquez ne cherche pas la décision la plus spectaculaire. Il cherche celle qui lui permettra d’être, enfin, offensif, et peut-être, un jour, de résoudre l’équation la plus difficile du MotoGP : battre Marc Marquez.

































