Pendant des années, le nom Alex Marquez a été prononcé dans le paddock presque systématiquement à côté de celui de Marc Marquez. Une association inévitable… mais aussi un poids difficile à porter. Aujourd’hui pourtant, le pilote de Gresini Racing affirme avoir trouvé son équilibre.
Alex Marquez a passé des années à prouver que sa carrière possédait une identité bien à elle. Mais ce n’est que récemment qu’elle s’est identifiée loin de son illustre frère ainé Marc : « maintenant, je me sens plus respecté, je continue de tracer mon propre chemin » dit-il sur motosan.
Deux titres mondiaux – Moto3 et Moto2 – ont depuis longtemps prouvé son talent. Mais en MotoGP, son parcours a été plus sinueux, entre doutes, critiques et la nécessité permanente de démontrer que sa place dans l’élite ne devait rien à son nom.
Le premier Grand Prix de la saison n’a pas été celui qu’il espérait. Tout au long du week-end, Alex Marquez a souffert d’un problème crucial : le manque de feeling avec l’avant de sa moto.
« Je n’ai pas eu de bonnes sensations avec l’avant de ma moto du week-end », a-t-il expliqué après la course.
Selon lui, cette difficulté s’est manifestée surtout au freinage, un point clé du pilotage MotoGP. L’usure des pneus en course a ensuite aggravé la situation.
Le week-end s’est terminé par une chute après une petite erreur, laissant le pilote espagnol avec le sentiment d’avoir laissé échapper des points importants.
Mais il relativise. « Ce n’était pas le début que j’espérais, mais je passe à autre chose et je garde une attitude positive, surtout que ce n’est que la première course de l’année. »

Alex Marquez : « Dans ce milieu, on peut passer de simple espoir à pilote d’élite en un an, mais l’inverse est également possible »
Il y a un an à peine, beaucoup voyaient encore Alex Marquez comme une possible surprise. Aujourd’hui, son statut a changé.
Il est désormais un vice-champion du monde et considéré comme un pilote capable de jouer régulièrement les premiers rôles.
Mais le Catalan reste lucide sur la volatilité du paddock. « Dans ce milieu, on peut passer de simple espoir à pilote d’élite en un an, mais l’inverse est également possible. »
C’est pourquoi il insiste sur un principe simple. « Je suis convaincu que chaque année, il faut faire ses preuves. »
La saison 2025 a marqué un tournant. Pour beaucoup d’observateurs, ce fut l’année de la révélation pour Marquez. Pourtant, lui explique que cette progression n’est pas apparue du jour au lendemain.
Selon lui, les bases avaient été posées bien avant. En 2024, il se sentait déjà prêt à franchir un cap, mais la moto ne correspondait pas à son style de pilotage. Une année difficile… mais très formatrice. Lorsque tout s’est aligné en 2025, le résultat s’est immédiatement vu sur la piste.
La période la plus difficile de sa carrière reste cependant 2022. Cette saison-là, Marquez a traversé une véritable crise de confiance. « Une partie de moi me disait : “Tu n’y arriveras pas”, tandis que l’autre voulait persévérer. »
Il a finalement choisi de continuer, convaincu qu’il devait encore se donner une chance avec une moto compétitive. Le pari de rejoindre Gresini s’est révélé déterminant pour relancer sa carrière.
Pendant longtemps, certains ont affirmé qu’Alex Marquez devait sa place en MotoGP à son frère.
Une accusation qui l’a suivi pendant des années.
Aujourd’hui, il l’accepte avec beaucoup plus de recul. « Il y aura toujours quelqu’un pour penser que je suis là grâce à Marc. » Mais cela ne l’atteint plus. « Je trace ma propre voie. »
La question se pose désormais naturellement : peut-il viser le titre MotoGP ? Marquez reste prudent, mais ne ferme aucune porte. « On n’en a jamais assez, on peut toujours faire mieux… en théorie, oui. »
Son objectif reste simple : continuer à progresser et confirmer que les performances de l’an dernier n’étaient pas un simple moment de grâce.
Car s’il y a une chose que sa carrière a déjà démontrée, c’est que Alex Marquez ne se résume pas à un nom célèbre.
Alex Marquez est l’exemple parfait de la résilience. Beaucoup auraient craqué sous la pression d’un nom aussi lourd à porter, surtout lors des années Honda. Sa force est d’avoir su transformer la frustration en motivation technique. En 2026, il n’est plus l’outsider que l’on attend au tournant, mais un pilier de la galaxie Ducati. Sa chute en Thaïlande n’est qu’un accroc mineur ; le « Petit Frère » est devenu un grand monsieur du MotoGP.

























