Le chaos du Grand Prix du Brésil n’en finit plus de faire des vagues… et cette fois, c’est Pecco Bagnaia qui monte au créneau avec une proposition forte : imposer des tests MotoGP obligatoires avant toute course sur un nouveau circuit. Car pour le pilote Ducati, ce qui s’est passé à Goiânia ne doit plus jamais se reproduire.
Un week-end perturbé de bout en bout, une piste défaillante, une course raccourcie de huit tours… et surtout une question qui dérange : comment un circuit validé « en pleine conformité avec les normes de la FIM » a-t-il pu présenter autant de problèmes ?
Pour Bagnaia, la réponse est simple : les procédures actuelles ne suffisent pas. Et surtout, elles passent à côté de l’essentiel.
« Je pense qu’à l’avenir, nous devrions absolument avoir la possibilité de faire un test avant d’aller y faire un Grand Prix afin de pouvoir identifier tout problème. »
Une phrase qui résume tout. Car si des motos de série avaient bien roulé à Goiânia avant le Grand Prix, cela ne suffit pas selon lui. Les MotoGP sont des machines extrêmes, et seules elles peuvent révéler les véritables limites d’un circuit.
« Si vous pilotez une moto de série sur circuit, vous ne pouvez pas en voir les limites. Je pense qu’un test MotoGP est un changement nécessaire. »
Un constat implacable. À plus de 350 km/h, les contraintes ne sont plus les mêmes. Adhérence, dégradation du bitume, comportement des pneus… autant de facteurs invisibles avec des motos classiques, mais critiques en MotoGP.

Pecco Bagnaia endosse le rôle de leader de la Commission de Sécurité
Et le problème est loin d’être isolé. Avec l’arrivée annoncée de nouveaux circuits comme Buenos Aires et Adélaïde dès la saison prochaine, le risque de revivre un scénario similaire est bien réel. Sauf évolution rapide, le MotoGP pourrait se retrouver à tester ses circuits… en pleine course.
Un pari dangereux. Bien sûr, la solution proposée par Bagnaia pose des défis. Organiser des essais supplémentaires hors Europe représente un casse-tête logistique et financier. Mais le pilote italien avance une alternative pragmatique : « les pilotes d’essai me suffisent. »
Une option crédible. Les test riders des constructeurs pourraient être envoyés en amont pour valider les circuits, identifier les problèmes et ajuster les paramètres — notamment les pneus — avant l’arrivée du plateau officiel.
Et l’exemple existe déjà. « En 2022, lorsque nous avons pu effectuer des essais en Indonésie, c’était agréable car nous avons pu tester les pneus. Nous avons réalisé que la piste n’était pas parfaite et, de fait, elle a ensuite été modifiée pour le Grand Prix » rappelle l’officiel Ducati sur crash.net.
Autrement dit : anticiper fonctionne. Certes, Bagnaia reconnaît lui-même les limites du système.
« Il est vrai que tous les testeurs ne poussent pas la moto à ses limites, mais ce serait toujours mieux que rien. »
Mais dans un sport où chaque détail peut faire basculer une course — ou provoquer un drame —, “mieux que rien” ne pourrait déjà représenter un progrès majeur.
Le message est clair. Après Goiânia, le MotoGP n’a plus vraiment le choix : soit il adapte ses méthodes… soit il prend le risque de revivre le même chaos.
Et cette fois, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Pecco Bagnaia endosse ici son rôle de leader de la Commission de Sécurité. Sa proposition est frappée au coin du bon sens : on ne peut plus confier la validation d’un circuit à des inspecteurs qui marchent sur la piste ou à des pilotes de motos de série. Sous l’ère Liberty Media, qui pousse pour des circuits urbains spectaculaires, ce « protocole Bagnaia » pourrait devenir la seule garantie de survie pour les pilotes.




























