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Aprilia

Pendant que certains avancent masqués, Aprilia a décidé d’attaquer à visage découvert. À Noale, la révolution MotoGP 2027 n’est plus une abstraction de bureau d’études : le moteur 850 cc tourne déjà, et la première moto complète s’apprête à voir la piste dès le début du printemps. Un calendrier agressif, assumé, et presque provocateur dans un paddock où tout le monde ne semble pas prêt à sortir du bois.

Fabiano Sterlacchini, directeur technique d’Aprilia Racing, ne cherche pas à minimiser l’ampleur du chantier. Au contraire, il l’embrasse pleinement : « le mot défi est tout à fait approprié ! Mais nous sommes parfaitement préparés », a-t-il déclaré lors du lancement de l’équipe.

Le moteur 850 cc, cœur du règlement 2027, est déjà opérationnel sur le banc, et pas seulement pour la forme :« le moteur 850cc tourne sur le banc d’essai, disons en “mode test” pour vérifier sa fiabilité, confirmer tous les points et aussi entamer une partie du développement. »

Chez Aprilia, on ne parle pas d’un simple démonstrateur technologique, mais d’un projet déjà bien avancé.

Massimo Rivola, directeur sportif d'Aprilia

 

Le prototype Aprilia existe déjà : « nous sommes plutôt confiants, plutôt optimistes »

Et contrairement à certaines rumeurs prudentes venues d’autres constructeurs, la moto est déjà là : « en gros, nous pensons que le premier prototype sera mis en production aux alentours du début du printemps. »

Il ajoute : « le premier prototype est déjà terminé, mais il est en phase de test. Nous sommes plutôt confiants, plutôt optimistes. ». Aprilia ne découvre donc pas le règlement MotoGP 2027, elle l’anticipe.

Côté concurrence, KTM a été le premier constructeur à faire rouler un prototype 850 cc dès décembre. Honda a suivi quelques semaines plus tard.

Et Ducati ? Yamaha ? Toujours rien en piste. Un attentisme qui interroge, surtout quand Aprilia sort d’une saison où elle a terminé deuxième constructeur, juste derrière Ducati.

Massimo Rivola, PDG d’Aprilia Racing, ne cache pas son optimisme, ni sa lecture très politique du contexte : « je pense que c’est un avantage, en réalité, pour nous. »

Selon lui, la clé n’est pas seulement technique, mais culturelle : « je pense qu’en général, les entreprises italiennes, et je peux certainement parler pour Noale, sont extrêmement performantes. Je ne vois donc aucune raison pour que notre moto de 2027 ne soit pas très compétitive. »

Un message à peine voilé à destination des géants plus lourds, plus structurés… mais parfois moins rapides à pivoter.

Pour Rivola, le moteur et la moto ne sont pas l’inconnue majeure. Le vrai piège est ailleurs : « le grand point d’interrogation ne concerne peut-être ni la moto ni le moteur, mais les pneus Pirelli C’est sans doute l’aspect le plus difficile. »

Un aveu lucide, dans un MotoGP qui s’apprête à changer de fournisseur pneumatique, et donc à rebattre toutes les certitudes acquises.

Mais Rivola y voit encore sur crash.net une fenêtre de tir : « si une entreprise sait qu’elle peut se battre pour les podiums à chaque course, elle peut aussi réaliser une bonne saison 2027. Je vois donc cela davantage comme une bonne opportunité que comme un problème. »

Le directeur technique va dans le même sens, avec une déclaration qui sonne comme un manifeste : « il faut exploiter le point fort de chaque entreprise. Je suis entièrement d’accord avec Massimo sur le fait que la culture européenne en général est plus réactive, notamment les entreprises italiennes. »

Et surtout : « nous pensons pouvoir gérer la confusion, le désordre, car nous sommes extrêmement réactifs. Je crois que c’est plus une opportunité qu’un problème. »

Dans un MotoGP qui va entrer dans une zone de turbulence réglementaire, Aprilia parie sur sa capacité à naviguer dans le chaos.

Cependant, Aprilia n’a encore signé aucun pilote pour l’ère 850 cc. Mais à entendre Rivola et Sterlacchini, la priorité est ailleurs : avoir une moto prête avant de vendre le rêve.

Dans un paddock où Ducati et Yamaha n’ont pas encore sorti leur 850 cc, Aprilia envoie un message limpide : pour Sterlacchini et Rivola, la structure « réactive » d’une entreprise italienne comme Aprilia est un avantage majeur pour naviguer dans le « désordre » réglementaire. Ils estiment pouvoir basculer leurs ressources plus rapidement que les géants japonais une fois que le développement de la moto 2026 sera figé en avril. Reste que la révolution 2027 ne se gagnera pas dans les communiqués, mais sur la piste. Et à Noale, cette piste approche. Très vite.

Aprilia RS-GP.

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