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Rivola

Aprilia commence à récolter les fruits de son retour au sommet… et à en payer le prix. À mesure que la RS-GP s’impose comme une moto capable de gagner, ses pilotes deviennent des cibles, et pas n’importe lesquelles. Jorge Martin et Marco Bezzecchi sont désormais courtisés à coups de millions, au point de forcer Aprilia à envisager l’impensable : négocier plus tôt que prévu pour éviter le pillage. Rivola nous explique tout ça. 

Massimo Rivola ne s’en cache plus. Le patron d’Aprilia Racing reconnaît que la situation devient brûlante. « Honnêtement, je préférerais ne pas signer des pilotes aussi rapidement, mais je suis peut-être obligé de le faire vite car les autres avancent très vite. Je sais qu’ils offrent beaucoup d’argent à nos pilotes. »

Un aveu rare, presque brutal, qui illustre à quel point le marché MotoGP 2027 est déjà en surchauffe.

Si Aprilia est aujourd’hui sous pression, c’est d’abord à cause de Marco Bezzecchi. L’Italien a terminé 2025 en boulet de canon avec deux victoires consécutives au Portugal et à Valence, s’imposant comme l’un des rivaux les plus crédibles de Marc Marquez à l’aube de 2026.

Arrivé chez Aprilia pour son premier contrat usine, après trois saisons chez VR46 Ducati, Bezzecchi a franchi un cap. Déjà troisième du championnat en 2023, il a confirmé en 2025 qu’il n’était plus un outsider… mais un prétendant au titre.

Surtout, il est devenu le pilier du projet Aprilia, assumant un rôle de leader pendant que Jorge Martin passait de longs mois à l’infirmerie.

Rivola : « Avec Jorge Martin, nous n’avons pas encore commencé. J’aimerais le voir à 100 % physiquement, mais il en est loin »

Le cas Jorge Martin est plus complexe… et plus politique. Le champion du monde 2024 avait déjà tenté d’activer une clause de performance pour quitter Aprilia après 2025. Dans le paddock, tout le monde savait qu’Honda était prête à l’accueillir dès cette saison, avec une offre financière très agressive.

Ses blessures à répétition ont temporairement gelé le dossier, mais pas les convoitises. Rivola reste prudent, presque sur la réserve : « Avec Marco, nous avons commencé à construire quelque chose qui peut me permettre de voir qui il est. »

« Avec Jorge, nous n’avons pas encore commencé. J’aimerais le voir à 100 % physiquement, mais il en est loin. C’est un champion du monde. Ce serait donc formidable de le voir avec nous à l’avenir. Mais il faut d’abord lui laisser le temps. »

Un discours mesuré, mais qui traduit une réalité claire : Aprilia veut voir avant de s’engager, là où d’autres constructeurs sont prêts à signer sans attendre.

Les contrats de Martin et Bezzecchi expirent fin 2026, comme ceux de la majorité du plateau. Mais l’arrivée des nouvelles règles techniques en 2027 a totalement bouleversé le calendrier.

Les équipes ne veulent plus attendre. Elles veulent sécuriser leurs leaders avant le premier roulage 850 cc, quitte à payer très cher.

« Mais pour finir, c’est un engagement que nous devons tous prendre. », reconnaît Rivola. Aprilia n’a peut-être plus le luxe de temporiser.

Face aux rumeurs de salaires mirobolants, Marco Bezzecchi a livré une réponse étonnamment lucide… et presque philosophique. « Cela dépend toujours de qui vous êtes, cela dépend de vos priorités. Si votre objectif principal est de gagner beaucoup d’argent, votre manager fera tout pour que vous en gagniez beaucoup. Si vous voulez la meilleure moto et que vous êtes prêt à tout sacrifier pour tenter de gagner, votre manager doit faire ce que vous souhaitez. »

Puis le coup de grâce : « mon objectif est de faire de mon mieux avec les motos, de me battre pour gagner, car si je gagne, je deviendrai riche. J’ai doublement de la chance. »

Un message limpide : la victoire d’abord, l’argent ensuite. Mais dans un paddock où certains constructeurs alignent les zéros plus vite que les podiums, cette philosophie sera-t-elle suffisante ?

Aprilia est aujourd’hui victime de sa propre réussite. Elle a construit une moto gagnante, révélé un leader naturel, attiré un champion du monde… et déclenché une offensive financière de ses rivaux.

La question n’est plus de savoir si Aprilia devra agir, mais quand. Signer trop tôt, c’est prendre un risque sportif. Attendre trop longtemps, c’est risquer de tout perdre.

Dans le MotoGP moderne, la performance attire l’argent… et l’argent peut tout faire exploser. Et Aprilia le sait désormais mieux que quiconque.

Rivola

 

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