Nouvelle saison, nouvelle moto… mais même scénario pour Pecco Bagnaia, cependant quatrième au terme des qualifications à Austin. Et cette fois, le doute n’est plus permis : chez Ducati, l’explication ne serait plus technique. Elle serait mentale.
A part ce samedi après-midi au Texas, depuis 2025, l’Italien tourne en rond. À chaque week-end, le même constat revient, presque mécanique : un manque de sensations, une incapacité à exploiter pleinement la moto. « Pecco » a longtemps pointé du doigt la GP25, sans jamais parvenir à inverser la tendance. Résultat : une fin de saison catastrophique, avec six abandons sur les sept dernières courses, et une cinquième place finale loin de ses standards.
À Borgo Panigale, on voulait croire à un nouveau départ en 2026 et les essais hivernaux avaient redonné espoir. Bagnaia semblait plus à l’aise, notamment au freinage avec la GP26. Certains observateurs allaient même jusqu’à le juger plus performant que Marc Marquez, encore en phase de récupération après sa blessure à l’épaule. Le signal était encourageant.
Mais la réalité de la course a brutalement refroidi cet optimisme. Neuvième en Sprint et en course en Thaïlande, puis chute au Brésil : Pecco Bagnaia pointe déjà à une inquiétante 13e place au championnat. Et surtout, le discours n’a pas changé. Encore et toujours ce manque de feeling, cette incapacité à trouver le bon rythme.
Mais cette fois, l’excuse technique ne tient plus. Car la GP26 fonctionne. Et elle le prouve. Marc Marquez a remporté le Sprint au Brésil. Fabio Di Giannantonio a signé une pole position et un doublé podium sur le même week-end. Autrement dit : la moto est compétitive. Très compétitive.

Une conclusion s’impose sur le cas Pecco Bagnaia et elle dérange
Gigi Dall’Igna l’avait pressenti dès 2025 : le problème de Bagnaia serait d’ordre mental. Une hypothèse qui, aujourd’hui, prend une dimension presque évidente. Comme le souligne Motosprint, cette période sans podium depuis Motegi 2025 « semble désormais davantage relever du mental et d’un manque de confiance que d’un problème purement technique ».
Un diagnostic lourd de conséquences. Car dans un paddock où tout se joue à la limite, la moindre faille psychologique devient un handicap majeur. Et Bagnaia semble enfermé dans une spirale dont il ne parvient pas à sortir.
Même son entourage s’interroge. Valentino Rossi lui-même estime que son ancien protégé est « perdu » chez Ducati, incapable de retrouver ses repères dans un environnement pourtant familier. Une déclaration forte, presque inquiétante.
Bagnaia, lui, ne se cache plus. Il reconnaît sa part de responsabilité et refuse de faire porter le poids de ses difficultés à Marc Marquez. Mais cette lucidité suffit-elle ?
Car le temps presse. Ducati continuera de travailler avec lui, bien sûr. Mais dans un univers aussi compétitif, la patience a ses limites. Et les rumeurs commencent déjà à dessiner un avenir ailleurs : Aprilia en 2027, avec un contrat pluriannuel en préparation.
Une fuite en avant ? Ou une renaissance possible ? À 29 ans, Bagnaia se trouve à un tournant majeur de sa carrière. Le talent est intact, la vitesse n’a pas disparu. Mais sans confiance, même la meilleure moto du plateau devient impuissante.
Et c’est peut-être là le vrai drame. En MotoGP, certaines crises ne se règlent pas dans le garage… mais dans la tête.
Bagnaia est dans la position la plus difficile de sa carrière. À Austin, sur un circuit où il a déjà gagné mais où Marquez est le maître, il n’a plus le droit à l’erreur. S’il termine encore au-delà du top 10, le divorce avec Ducati sera consommé moralement avant même de l’être contractuellement. Le « professeur » Bagnaia a perdu ses notes, et seule une performance d’éclat au Texas pourrait stopper cette spirale négative.




























